Les classes moyennes étranglées par les impôts

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Ils sont employés, fonctionnaires, cadres… « Ni riches ni pauvres », ils se définissent comme appartenant à la classe moyenne, avec leurs revenus situés entre 1 600 et 3 500 euros mensuels par ménage. Certains ont déjà demandé un étalement de leur paiement ou vont le faire, d’autres vont puiser dans leur bas de laine, recourir à la solidarité familiale… Les plus en difficulté arriveront peut-être à obtenir de l’administration fiscale une diminution de leur impôt, voire sa suppression.

Signe des difficultés entre 2011 et 2013, le nombre de « demandes gracieuses » (demandes de non-paiement de tout ou partie de l’imposition) traitées par l’administration fiscale a bondi de 20 % tous impôts confondus, pour atteindre 1,3 million. C’est particulièrement vrai pour l’impôt sur le revenu, pour lequel les requêtes sont en hausse de 22 %, contre 18 % pour la redevance audiovisuelle, 18 % pour la taxe d’habitation. Autre indicateur des tensions, les lettres de rappel, de relance et de mise en demeure adressées aux contribuables particuliers sont passées en deux ans de 4,5 millions à près de 10 millions.

« LES SERVICES FISCAUX M’ONT REFUSÉ UN DÉLAI »

« Le paiement de l’impôt est beaucoup plus difficile qu’auparavant », confirme Anne Guyot-Welke, secrétaire nationale de Solidaires-Finances publiques, principal syndicat de l’administration fiscale. La tendance pourrait se poursuivre cette année. « La réduction d’impôts pour les ménages modestes ne résoudra pas tout, poursuit la syndicaliste. Certaines mesures comme la suppression de la demi-part attribuée aux parents isolés ou celles qui touchent les retraités vont alourdir la fiscalité. »

La crise et le chômage expliquent en partie ces problèmes de trésorerie. L’augmentation des recours grâcieux seraient aussi en partie due à la progression du nombre de personnes imposables, plus d’un million de ménages supplémentaires en 2013. A 39 ans, Tarek (qui a requis l’anonymat comme toutes les personnes interrogées), employé dans l’hôtellerie, n’est pas un de ces nouveaux contribuables. En revanche, il a vu ses revenus chuter brusquement cette année. « J’ai perdu mon emploi à temps plein en 2012, explique-t-il, j’ai rapidement retrouvé du travail mais à temps partiel, je gagne 1 600 euros par mois, contre près de 4 000 auparavant. »

Depuis deux ans, il n’arrive pas à se renflouer financièrement et à payer les quelque 3 000 euros d’impôt sur le revenu qui lui sont réclamés. « Les services fiscaux m’ont refusé un délai de paiement au motif que c’était à moi d’anticiper et donc d’avoir de l’argent de côté », assure Tarek. Cette année, il paiera ce qu’il peut, « la moitié j’espère. Pour le reste, tant pis, j’aurai des pénalités de retard mais je n’ai pas le choix », explique celui qui ne voit comme solution pour s’en sortir que de déménager pour un logement moins cher.

« MON SOLDE DE TOUT COMPTE VA ME PERMETTRE DE PAYER »

Marine, chargée de marketing, sait qu’elle fait partie du plan social mis en place dans la société spécialisée dans le commerce sur Internet dans laquelle elle travaille depuis octobre 2012. Dans un mois, elle sera sans emploi. Cette célibataire de 24 ans sans enfants, un salaire de 1 630 euros net par mois et un loyer parisien de 630 euros pour une studette, doit s’acquitter de 1 000 euros d’impôt sur le revenu d’ici mi-septembre. « L’année dernière, j’ai reçu 700 euros au titre de la prime pour l’emploi, une bonne surprise ; cette année, c’est mon solde de tout compte qui va me permettre de payer », explique-t-elle avec philosophie.

Quant à ses indemnités de licenciement, elles lui serviront à rembourser, au moins partiellement, les prêts étudiants qu’elle a contractés pendant sa scolarité et qui grèvent, à hauteur de 500 euros mensuels, un budget déjà ric-rac.

Maud, 40 ans, cadre bancaire, va, elle, puiser dans son Livret A pour payer les 1 600 euros réclamés par le fisc. Il y a onze mois, son conjoint, 50 ans, a été licencié. « L’année dernière, avec deux salaires, trois enfants et une baby-sitter déclarée, nous n’avons pas payé d’impôts sur le revenu, nous avions même eu droit à un chèque de 370 euros, une situation assez injuste finalement », raconte Maud. « Cette année, avec un seul revenu de 3 000 euros net par mois, toujours trois enfants à charge, un loyer de 1 000 euros et un mari en fin de droit, nous sommes imposables », poursuit la mère de famille.

« QUEL UPPERCUT »

L’administration fiscale a accordé à Nathalie, 35 ans, attachée commerciale dans le Sud-Ouest et mère célibataire de deux enfants, un étalement sur trois mois de ses 800 euros d’imposition. La jeune femme s’inquiète pourtant de ne pas y arriver. « La part variable de mon salaire est à la baisse. Il va falloir se restreindre sur les tenues des enfants et les courses alimentaires… sans compter qu’il n’est plus envisageable d’inscrire les enfants à une activité sportive cette année. »

Les changements de calcul, l’entrée en vigueur de nouvelles mesures fiscales, notamment la fiscalisation des heures supplémentaires appliquée pour la première fois sur une année entière, pèsent sur les budgets des classes moyennes. D’autres catégories, plus modestes, ont vu ou verront leur impôt baisser.

Arnaud, 28 ans, jeune ingénieur en région parisienne, n’en fait pas partie. Il gagne 2 500 euros net, grâce à des heures supplémentaires. « Mes impôts ont explosé cette année de 50 %, s’alarme-t-il. De 2 000 euros, je suis passé à 3 000 euros. Pour le 15 septembre, je dois payer 1 600 euros. Je ne m’attendais pas à une telle hausse, quel uppercut. Et en plus ma voiture qui vient d’être recalée au contrôle technique ! L’automne va être dur », anticipe le jeune homme. La solution : « Réduire toutes les dépenses et puiser dans mon petit pécule mis de côté en cas de coup dur, mais franchement, je ne pensais pas devoir l’utiliser pour payer mes impôts. »

« NOUS SOMMES PASSÉS DE NON IMPOSABLE À TRÈS IMPOSABLE »

« Nous sommes une famille banale, avec une maison achetée à crédit, une voiture familiale low cost, un jeune enfant, un chien, deux salaires qui rentrent tous les mois et qui pourraient permettre des extras, raconte Claire, 32 ans, conseillère principale d’éducation. Cette année, entre les impôts sur le revenu et les taxes foncières, il va falloir sortir 4 500 euros, c’est beaucoup. »

Son conjoint est ouvrier dans une entreprise d’ascenseurs. A eux deux, ils gagnent 3 450 euros net et remboursent 1 800 euros de prêt immobilier. « En très peu de temps, nous sommes passés de non imposable à très imposable, s’étonne Claire. Nous commençons à nous demander si ça ne serait pas plus intéressant que l’un de nous passe à mi-temps ou prenne un congé parental. » Le couple a fait ses calculs. Avec les baisses d’impôts, les moindres frais de garde, les aides dont ils pourraient bénéficier, la perte financière serait de 70 euros par mois. En attendant, cette année, ils paieront en puisant dans leurs économies.

Marc, 46 ans, fonctionnaire, ne s’est pas remis de son avis d’imposition. « L’année dernière, nous avions 3 552 euros à payer pour deux salaires et un enfant de 6 ans. Cette année, 7 426 euros ! Nos salaires n’ont pas augmenté d’un centime, nous n’avons investi dans rien, et n’avons aucun placement financier qui expliquerait cette hausse », argumente cet habitant des Côtes-d’Armor. Sa chance ? Une grand-mère de 92 ans prête à lui prêter un peu d’argent pour passer le cap des impôts.

 Rappels 9,99 millions de lettres de rappel, de relance, de mise en demeure de payer ont été envoyées par l’administration fiscale aux particuliers.

Certains gouvernements ont-ils facilité les attaques du 11 septembre ?

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avion--11-septembre

Quelque treize années après l’événement, l’ombre des attaques terroristes du 11 septembre sur le World Trade Centre à Manhattan et sur le Pentagone assombrit toujours notre monde. L’héritage de ce jour terrible a eu un impact non seulement sur notre politique étrangère, léguant à une nouvelle génération une « guerre contre le terrorisme » apparemment sans fin, mais il a aussi mené à ce qui est sans aucun doute l’assaut le plus massif sur nos libertés civiles depuis les Alien and Sedition Atcs (Lois sur les étrangers et la sédition, ndt). Obtenir toutes les informations sur ce qui s’est passé ce jour-là – et pourquoi c’est arrivé – est essentiel pour comprendre la direction que nous avons prise depuis.

Ceci était supposé avoir été le but de la commission du 11 septembre, dont le rapport massif est maintenant considéré comme la première source à ce sujet. Mais il y en a une autre, un rapport d’enquête de loin beaucoup plus spécifique, celui publié par les comités de renseignements des deux chambres du Congrès, intitulé « Enquête conjointe sur les activités de la communauté du renseignement avant et après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ».

En fait, si vous prenez le temps de lire le rapport, tout va pour le mieux (en dehors de quelques censures occasionnelles) jusqu’à ce que vous arriviez à la page 369, à partir de laquelle le texte est recouvert de noir sur 28 pages.

Qu’est-ce qu’il y a dans ces 28 pages censurées ? Vous n’avez pas le droit de savoir ça, mais les membres du Congrès peuvent les lire, pour autant qu’ils en aient fait la demande auprès des responsables du Sénat et des comités des services de renseignements, et qu’ils en aient obtenu l’autorisation. Dans ce cas, ils sont escortés jusqu’à une chambre insonorisée et bien gardée, en compagnie de divers agents, où ils peuvent lire les documents : ils n’ont pas le droit de prendre des notes.

Avez-vous l’impression que quelqu’un a quelque chose à cacher ?

La section censurée est intitulée « Découverte, discussion et récit concernant certains problèmes sensibles de sécurité nationale », et son introduction – laissée largement intacte – est instructive :

Par son travail, l’enquête conjointe a développé des informations suggérant des sources spécifiques de soutien étranger à quelques uns des pirates du 11 septembre alors qu’ils étaient aux Etats-Unis. L’examen de l’enquête conjointe a confirmé que la communauté du renseignement a aussi des informations, dont la plupart doit encore être indépendamment vérifiée, concernant ces sources potentielles de soutien. Dans leurs témoignages, ni les officiels de la CIA ni ceux du FBI n’ont été capable d’établir définitivement l’étendue d’un tel soutien pour les terroristes dans leur ensemble ou juste aux Etats-Unis, ou jusqu’à quel point, ce soutien, s’il existe, était intentionnel ou de nature accidentelle. »

La connexion présumée de l’Arabie Saoudite aux attaques du 11 septembre a fait couler beaucoup d’encre : on croit largement que directement après le 11 septembre une permission spéciale a été donnée à des membres de la famille royale saoudienne pour quitter le pays par avion alors que toute la nation était clouée au sol. Cela a suscité des soupçons, ajoutés au fait irréfutable que la majorité des terroristes du 11 septembre étaient des citoyens saoudiens. En 2002, dans une interview avec Gwen Ifill sur PBS, le Sénateur de Floride Bob Graham, alors dans le comité des renseignements du Sénat, a rendu publiques les nouvelles selon lesquelles des gouvernements étrangers étaient impliqués dans les attaques :

« GWEN IFILL : « Sénateur Graham, y a-t-il des éléments, dans ce rapport qui est secret, que les Américains devraient mais ne peuvent savoir ? »

SEN. BOB GRAHAM : « Oui, pour revenir à votre question à propos de ce qui a été la plus grande surprise. Je suis d’accord avec ce que le sénateur Shelby a dit, à propos du degré auquel les agences ne communiquaient pas entre elles, mais j’ai aussi été surpris par les preuves que des gouvernements étrangers étaient impliqués et avaient facilité les activités d’au moins quelques uns des terroristes aux Etats-Unis. »

Dans les années qui ont suivi sa retraite, le sénateur Graham a sans cesse martelé ce point, et son obstination a généralement été interprétée comme une demande de révéler l’étendue de la complicité saoudienne dans les attaques. Et tandis que les Saoudiens peuvent très bien avoir été impliqués, directement ou d’une autre manière, je voudrais attirer votre attention sur la constatation de Graham et l’introduction du rapport d’enquête conjointe, qui indiquent que plus d’un gouvernement étranger étaient impliqués. Mais s’il ne s’agissait pas seulement des Saoudiens, alors qui d’autre était impliqué ?

Nous n’avons pas à nous baser sur de pures spéculations, malgré le fait que nous, simples citoyens d’un pays de survols, ne sommes pas autorisés à lire ces 28 pages. Ceci parce que quelques membres du Congrès ont pris la peine de demander la permission de les lire, incluant les représentants Walter Jones (Caroline du Nord), Tom Massie (Kentucky), et Stephen Lynch (Massachussetts). D’après leurs propres comptes-rendus, ils sont sortis perturbés de cette chambre insonorisée et sécurisée. Voici ce que Jones a dit :

« J’étais absolument choqué par ce que j’ai lu. Ce qui était tellement surprenant était que ceux dont je pensais que nous pouvions leur faire confiance m’ont vraiment déçu… Ce n’est pas en lien direct avec la sécurité de l’Etat en soi ; il s’agit plus des relations que nous entretenons. L’information est essentielle pour que notre politique étrangère aille de l’avant et devrait donc être accessible au peuple américain. Si les pirates du 11 septembre ont eu une aide extérieure – particulièrement d’un ou plusieurs gouvernements – la presse et le public ont le droit de savoir ce que notre gouvernement a fait ou non pour amener les auteurs devant la justice. »

« Un ou plusieurs gouvernements, » Eh ? Qui au Moyen-Orient – ou n’importe où ailleurs, en ce qui concerne ce sujet – sont parmi « ceux dont nous pensions que nous pouvions leur faire confiance » ? Pour moi cela ne ressemble pas à l’Arabie Saoudite. Est-ce que quelqu’un pourrait être vraiment surpris d’apprendre qu’ils se livrent à des jeux dans notre dos ?

Le rapport du Représentant Massie est encore plus révélateur :

« J’ai dû m’arrêter toutes les deux ou trois pages et réorganiser ma perception de l’histoire. Et ces 28 pages sont tellement fondamentales… Qu’elles changent certainement votre vision du Moyen-Orient. »

Est-ce que la découverte de la perfidie saoudienne changerait notre vision du Moyen-Orient d’une manière « fondamentale » ? Le royaume exporte depuis des années sa branche fanatique de wahhabisme – idéologie sunnite fondamentaliste – répandant terrorisme et instabilité politique dans la région. Donc il n’y a rien de neuf : et pour ceux d’entre nous assez vieux pour se rappeler l’embargo sur le pétrole arabe des années 70, leur nature ambivalente est tenue pour acquise.

Graham a été explicite en accusant les Saoudiens d’avoir financé au moins une partie des pirates du 11 septembre, et de les avoir aidé à entrer aux Etats–Unis. Cependant l’enquête conjointe indique que plusieurs gouvernements étaient impliqués : la phrase « soutien étranger à certains des pirates du 11 septembre tandis qu’ils étaient aux Etats-Unis » m’a sauté aux yeux, impliquant au moins qu’il ne s’agissait pas seulement de financement – après tout, combien les attaques ont-elles réellement coûté à Al-Qaida en terme de dollars et de cents ? – mais aussi qu’une assistance opérationnelle a été fournie sur le terrain.

Fournie – par qui ?

Juste après les attentats, alors que la fumée des bâtiments du World Trade Centre assombrissait toujours le ciel de Manhattan, j’ai relevé un article dans le Washington Post qui a fait sonner toutes sortes d’alarmes, ou qui aurait dû au moins le faire – même si notre tant vanté quatrième pouvoir était trop occupé à rejoindre la toute nouvelle « guerre contre le terrorisme » pour le remarquer. L’article avait pour titre : « Le gouvernement qualifie plusieurs dossiers d’intérêt particulier, ce qui veut dire liés aux enquêtes qui ont suivi les attaques. » Le reporter John Mintz a raconté qu’au moins 60 Israéliens « d’intérêt particulier » pour le gouvernement ont été arrêtés et que plusieurs d’entre eux avaient été formés en techniques contre-terroristes. Comme je l’avais noté à l’époque :

« Eh bien, l’espionnage est en effet une longue tradition, et quelque chose me dit que ces gens ne sont pas des touristes ordinaires, mais depuis que le gouvernement ne dit plus rien sur tout ce qui est lié avec cette enquête, nous ne savons tout simplement pas. En arrêtant un nombre non déclaré d’hommes principalement arabes musulmans, et en interrogeant des milliers d’autres en plus, cette opération d’envergure a été clairement établie pour rassembler des informations qui pourraient mener à l’arrestation des instigateurs restants. Il se pourrait que les Israéliens, ou au moins certains d’entre eux, tombent dans cette catégorie : même s’ils ne sont pas directement impliqués, peut-être qu’ils savent quelque chose. Rien d’autre ne devrait entrer en considération des « intérêts particuliers » du gouvernement.

Peu de temps après ça, pendant l’hiver rigoureux de 2001, Fox News a diffusé une série en quatre épisodes qui a dévoilé le pot aux roses, comme l’a rapporté Carl Cameron. Le premier épisode commençait avec une bombe :

« Depuis le 11 septembre, plus de 60 Israéliens ont été arrêtés ou mis en détention, soit sous le coup de la nouvelle loi anti-terrorisme, soit pour des violations des lois de l’immigration. Une poignée de militaires israéliens étaient parmi ceux qui ont été mis en détention, d’après les enquêteurs, qui rapportent que certains des détenus ont également raté le test du polygraphe quand on leur a posé des questions sur les activités supposées de surveillance contre et à l’intérieur des Etats-Unis.

Il n’y a pas d’indications que les Israéliens étaient impliqués dans les attaques du 11 septembre, mais les enquêteurs suspectent que les Israéliens pourraient avoir rassemblé à l’avance des renseignements à propos des attaques, et ne les ont pas partagées. Un enquêteur haut placé a dit qu’il y avait des « raccordements ». Mais quand on lui a demandé des détails, il a refusé platement de les donner, en disant « que les preuves reliant ces Israéliens aux attentats du 11 septembre étaient classifiées. Je ne peux pas vous révéler les preuves qui ont été rassemblées. C’est de l’information classifiée.»

La série de Fox a détaillé un réseau étendu et hautement sophistiqué d’espions israéliens à l’intérieur des Etats-Unis – incluant non seulement des centaines d’agents de terrain déguisés en « étudiants en art », mais aussi de l’espionnage hi-tech exploitant notre système téléphonique et en écoutant clandestinement les capacités d’action américaines. Le premier épisode se termine avec ce dialogue entre Cameron et le présentateur de Fox News Brit Hume :

“HUME: Carl, qu’en est-il de cette question sur la connaissance avancée de ce qui allait se produire le 11 septembre? A quel point sont clairs les enquêteurs à propos du fait que quelques agents israéliens pourraient avoir été au courant de quelque chose ?

CAMERON : C’est évidemment une information explosive, et il y a une part non négligeable de preuves qu’ils disent avoir collectées – aucune d’entre elles n’étant nécessairement concluante. C’est davantage quand on les relie entre elles. Une question plus importante, disent-ils, est comment auraient-ils pu savoir ? Il s’agit presque d’une citation directe. »

Quelques jours après la diffusion du quatrième épisode, l’intégralité de la série a disparu du site de Fox News. Le puissant lobby pro-israélien a poursuivi le reporter Cameron, l’accusant d’anti-sémitisme sur base de son éducation : il aurait grandi quelque part au Moyen-Orient, où son père était archéologue travaillant en Iran. Des pressions ont été faites sur les sociétés de média pour ne pas donner de suites à l’histoire de la complicité israélienne.

Pourtant quelques sociétés de média ont bien donné suite à cette histoire : Le Monde a produit un article qui a apporté quelques nouvelles informations :

“Six des “étudiants” interceptés avaient un téléphone cellulaire acheté par un ex-consul israélien aux Etats-Unis. Deux autres, à un moment non spécifié, sont arrivés à Miami par un vol direct depuis Hambourg, et se sont rendus à la résidence d’un agent du FBI pour lui vendre des œuvres d’art, puis sont repartis pour aller à la résidence d’un agent du Ministère de la justice, puis à nouveau ont pris un avion pour Toronto, le tout dans la même journée.

Plus d’un tiers de ces “étudiants”, qui, d’après le rapport, se sont déplacés dans au moins 42 villes américaines, ont déclaré qu’ils résidaient en Floride. Au moins cinq ont été interceptés à Hollywood, et deux à Fort Lauderdale. Hollywood est une ville de 25000 habitants au nord de Miami, toute proche de Fort Lauderdale. Au moins 10 des 19 terroristes du 11 septembre résidaient en Floride. »

En notant qu’Hollywood, Floride, était le terrain de prédilection de « quatre des cinq membres du groupe qui a détourné le Vol 11 d’American Airlines », incluant le chef de groupe Mohammed Atta, et en continuant à relier les autres à la même région, Le Monde a conclu :

Cette convergence est, entre autres, l’origine de la conviction américaine qu’une des tâches des « étudiants » israéliens aurait été de pister les terroristes d’Al-Qaida sur leur territoire, sans informer les autorités fédérales de l’existence du complot. »

Salon.com, avec son chroniqueur Christopher Ketcham, a fait un excellent suivi, et quelques autres lui ont emboîté le pas, mais il n’y a qu’ici, à Antiwar.com, que nous avons effectivement continué à nous baser de manière consistante sur cette histoire importante – sans aucun doute, avec les révélations de Snowden, une des plus importantes histoires du journalisme moderne.

Quand j’ai commencé tout d’abord à écrire à propos de la question de la complicité israélienne dans les attaques du 11 septembre, on m’a dit que je serais dorénavant marginalisé : j’étais un théoricien du complot, un saugrenu, un antisémite. Mais pourquoi, ai-je demandé, est-ce que Fox News – certainement une des sociétés de média les plus pro-israéliennes de la planète – produirait une série de quatre épisodes pointant directement le doigt vers Israël si elle ne correspondait pas aux faits ? Pourquoi est-ce une « théorie du complot » si le Centre national de contre-espionnage de la CIA s’est senti suffisamment concerné par ces « étudiants en art » pour publier un avertissement à leur propos sur son site officiel ? Le Centre a indiqué, en mars 2001 :

Dans les six dernières semaines, des employés dans des bâtiments de l’administration fédérale situés un peu partout aux Etats-Unis ont rapporté des activités suspectes connectées à des individus se présentant comme des étudiants étrangers vendant ou livrant des œuvres d’art. Les employés ont observé des hommes et des femmes essayant de contourner les systèmes de sécurité et d’entrer dans des bâtiments fédéraux. »

Ketcham, qui a écrit sur Salon.com, a émis la théorie que les « étudiants en art » étaient un stratagème pour attirer l’attention loin des pirates, et, peut-être, protéger simultanément Atta et son équipe du contre-espionnage américain.

Cela servirait bien les Israéliens que l’on se concentre exclusivement sur la connexion saoudienne des attentats du 11 septembre, et ça a été le cas jusqu’ici. Pourtant les déclarations publiques de ceux qui ont lu réellement les 28 pages censurées du rapport de l’enquête conjointe ne correspondent pas à cette question précise. Quoi d’autre qu’une preuve de la complicité israélienne dans les attaques terroristes du 11 septembre pourrait amener ces membres du Congrès à « réorganiser » leur « perception de l’histoire » ? Pouvez-vous penser à une meilleure définition des Israéliens que « ceux dont nous pensions pouvoir leur faire confiance », comme le représentant Jones l’a exprimé ?

J’indiquerais également qu’aussi bien Jones que Massie ont eu le comportement inhabituel de voter « non » à un financement du système anti-missile israélien « Iron Dome », avec une toute petite minorité des deux partis. Pourquoi supposez-vous qu’il en a été ainsi ?

Ainsi la question retombe à “Pourquoi?”. Pourquoi les Israéliens, qui étaient sur la piste des terroristes sur notre territoire, non seulement ne nous ont pas informés mais peut-être ont agi pour les protéger des recherches des forces de l’ordre ? La réponse, je crois, est indiquée par le rôle joué par Israël depuis les attaques en réclamant une action militaire américaine au Moyen-Orient. En 2003, le premier ministre israélien Ariel Sharon, anticipant la guerre en Irak, a déclaré que la Syrie, l’Iran et la Libye devaient être également désarmés. Et Benjamin Netanyahu, prenant la parole à une conférence à l’Université de Bar Ilan en 2008, était encore plus direct. Comme il fut rapporté par les journaux Ha’aretz et Ma’ariv :

Ma’ariv cite littéralement le premier ministre:“Nous bénéficions d’une chose, et ce sont les attaques sur les tours jumelles et le Pentagone, et la lutte américaine en Irak.» Il aurait déclaré également que ces événements « ont fait basculer l’opinion publique américaine en notre faveur. »

Qu’y a-t-il dans ces 28 pages censurées de l’enquête conjointe sur le 11 septembre? Nous n’en sommes pas certains – mais si Israël est impliqué, alors nous ne savons pas pourquoi ils ne nous laissent pas lire ces pages.

Les représentants Jones, Lynch and Massie ont déclenché un mouvement pour déclassifier les 28 pages: suivez ce lien pour plus d’informations. C’est un combat que nous devons gagner – mais nous ne pouvons le faire qu’en donnant des coups de pieds dans la fourmilière. Appelez ou écrivez à vos représentants au Congrès qui se battent pour votre droit de savoir. Et partagez l’information.

Article original en anglais: http://original.antiwar.com/justin/2014/08/28/did-certain-foreign-governments-facilitate-the-911-attacks/

Publié par : mondialisation.ca

Obama: Assad “protected” Christians in Syria

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US President Barack Obama surprised his visitors, the delegation of Eastern Christians patriarchs, on Thursday when he told them that Syrian President Bashar al-Assad “protected the Christians in Syria.”

Obama met with the delegation in the White House for 35 minutes, during which the patriarchs presented a paper in which they exposed the situation of Christians in the Middle East and the threats and challenges they are facing, due in part to the expansion of the Islamic State in Iraq and Syria (ISIS) militant group.

Obama then used the term “the Syrian government” instead of “regime,” which is usually used by the US to describe the government in Syria.

The confused attendees could not believe what they heard. However, one of the guests addressed Obama and said: “Then you should stop talking about a moderate Syrian opposition.”

Obama spoke about the planned US airstrikes in Syria, claiming that they will help “facilitate the (Syrian) political process.”

Don’t Like That Israel Has the Bomb? Blame Nixon.

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Newly declassified documents reveal how the Nixon White House looked the other way while Israel built the Middle East’s first nukes.
BY Avner Cohen

, William Burr

SEPTEMBER 12, 2014
In the summer of 1969, Richard Nixon’s administration was absorbed in a highly secret debate: how to address the diplomatic, strategic, and political problems posed by Israel’s emergent nuclear weapons program. Leading those discussions were senior Defense Department officials who believed that a nuclear-armed Israel was not in U.S. interests — it would dangerously complicate the situation in an already dangerous region, they argued.

According to recently declassified government documents — published on Sept. 12 by the National Security Archive, in collaboration with the Center for Nonproliferation Studies — Deputy Defense Secretary David Packard, co-founder of Hewlett-Packard, warned his boss, Defense Secretary Melvin Laird, that if Washington did not use its leverage to check Israel’s nuclear advances, it would "involve us in a conspiracy with Israel which would leave matters dangerous to our security in their hands."

The overall apprehension was palpable for National Security Advisor Henry Kissinger, who consequently signed off in 1969 on National Security Memorandum (NSSM) 40, a request for a set of interagency studies — including policy recommendations — of the problems posed by the Israeli nuclear program. NSSM 40 and the studies it produced are now public for the first time, making it possible to better understand the environment in which President Nixon made his own secret decisions, which turned out to be at great variance with Packard’s arguments.

Packard’s memo, among others, exposes the contours of a policy debate that has been hidden for years. By now, Israel’s nuclear weapons are the world’s worst-kept secret, universally accepted as well-established fact, and yet Washington still respects Israel’s nuclear opacity stance, keeping up the charade that the U.S. government does not comment on Israel’s nuclear status. Recent unofficial estimates published by the Bulletin of the Atomic Scientists (but which are based on U.S. intelligence leaks) suggest that Israel may possess 80 warheads and also an unspecified amount of weapons-grade fissile material in reserve. (Although the National Security Archive first submitted its declassification request to the Defense Department in 2006, the Interagency Security Classification Appeals panel only released the documents in March 2014.)

***

In 1960, when U.S. government officials discovered that Israel, with French aid, was building a secret nuclear reactor at Dimona, in the Negev Desert, Washington became concerned about the proliferation and security risks of an Israeli nuclear weapons program. With the Soviets arming Arab clients in the region, a nuclear Israel threatened to aggravate Cold War dangers. U.S. presidents John F. Kennedy and Lyndon B. Johnson had tried to weigh these concerns against the domestic political complications posed by getting tough on Israel — and they tried, without much success, to check Israel’s nuclear ambitions.

But the new documents disclose that in mid-February 1969, Assistant Secretary of Defense Paul Warnke, a holdover from the Johnson administration, was probably the first to alert Laird to the danger of a nuclear Israel, urging him that the Pentagon should take a strong position on the matter. Warnke had recently concluded a round of difficult negotiations with Israeli Ambassador Yitzhak Rabin about the sale of Phantom jets to Israel, in which he tried unsuccessfully to link the deal with Israel’s signature on the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT) — that is, no NPT, no jets. Moreover, he asked Rabin that Israel explicate and define its old vague pledge "not to be the first to introduce nuclear weapons into the Middle East" — a pledge that Warnke specifically insisted should be mutually defined as a commitment to nonpossession of nuclear weapons. Rabin refused to accept Warnke’s proposed interpretation of "non-introduction." Convinced that Israel was about to become a de facto nuclear state, Warnke thought that only decisive American action, including possibly canceling the jets, could halt this looming possibility.

In a long memorandum to Laird, written less than a month after Nixon took office, Warnke warned that the United States must respond firmly to the Israeli nuclear challenge and pressed Laird to "consider another serious, concerted, and sustained effort to persuade Israel to halt its work on strategic missiles and nuclear weapons." Secretary Laird adopted Warnke’s position and, later in February, asked for a high-level White House meeting on the matter.

Earle Wheeler, chairman of the Joint Chiefs of Staff, also highlighted the danger of a nuclear Israel and proposed presidential involvement and the application of pressure, such as "cease and desist" of a specific, but still secret, nuclear-related activity.

One of the remaining mysteries of the story, however, is what U.S. intelligence was apparently showing about the exact, technical status of the Israeli program.

One of the remaining mysteries of the story, however, is what U.S. intelligence was apparently showing about the exact, technical status of the Israeli program. The U.S. government is still keeping that secret.

Laird’s proposed White House meeting did not materialize. Instead, under Nixon’s direction, Kissinger asked Laird, Secretary of State William Rogers, and CIA Director Richard Helms to participate in a policy study on the Israeli nuclear weapons program. And so NSSM 40 was born.

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As was often the case at the Nixon White House, Kissinger used the NSSM system as a way to assert White House control over national security policy. In this way, he directed the various agencies involved in U.S. national security decision-making to prepare background studies for the senior review group that he chaired, which allowed him to oversee closely the production of these policy studies. Sometimes the National Security Council’s responses to the group’s requests led to a formal presidential national security decision memorandum, but often they produced a quiet presidential decision without a full bureaucratic paper trail. That is to say, Nixon and Kissinger decided on such matters without finally consulting, or even informing, the relevant agencies. Indeed, in the case of the NSSM 40 studies, the agencies never learned exactly what Nixon decided.

When Kissinger sent NSSM 40 to the bureaucracy, he conveniently omitted the government’s chief arms controller, Gerard C. Smith, the head of the Arms Control and Disarmament Agency. Nuclear proliferation issues were part of his portfolio. Even though Smith was a Nixon appointee, Kissinger excluded the agency, perhaps because he worried that the agency head might align with Laird — which could make it more difficult for the White House to choose a soft approach to Israel.

By the end of May 1969, Kissinger had requested a joint report by the State Department, the Defense Department, and the CIA. The State and Defense departments agreed on key recommendations: that Israel should sign the NPT and to keep its nuclear program in check. They also agreed that Israel should make private assurances to the United States not to produce nuclear weapons. But they disagreed on how to get there and how they could verify those assurances.

The State Department, with some dissent by the Bureau of Political-Military Affairs, favored a "graduated approach," by which the United States would begin with "essentially persuasive tactics but maintain the flexibility to move to tougher policies depending on Israel’s response." Thus, if the Israelis were "unresponsive," the report said, Washington could "make it clear" that Israel’s pursuit of nuclear weapons will impose a "major strain" on the relationship, risking U.S. weapons supply. By contrast, the Pentagon wanted to "move more swiftly, place more demands on Israel, and adopt from the outset a more determined attitude than the Department of State proposes." The CIA did not enter this debate on paper, though, according to Packard’s memorandum, Helms agreed with the Defense Department’s position.

In June 1969, senior officials tried to work out their disagreements. Bridging the gap between the Defense and State departments, both Packard and Undersecretary of State Elliot Richardson favored a tough approach. Packard sent Laird a top-secret "Scenario for Discussions with Israel of Their Nuclear Program," which he said represented a consensus of the Pentagon’s leadership, Kissinger, Helms, and Richardson. Kissinger may well have agreed with Packard at the time, but he soon shifted his thinking, probably in deference to Nixon’s inclinations.

Packard noted that the scenario paper did not fully reflect some aspects of the objectives and conclusions, apparently because they were too sensitive or conceptually subtle to write down. Nevertheless, getting Israeli assurances and Israel’s signature on the NPT remained major goals.

The scenario that Packard presented was this: He and Richardson would hold at least two meetings with Ambassador Rabin, in which they would stress that the United States wanted to discuss the NPT and Israel’s nuclear weapons intentions — though they would not use open pressure, such as explicitly declaring that the Phantom jet deliveries were at stake. If Rabin was not responsive, Packard and Richardson would ask for another meeting. If then Rabin "stonewalls," they "would make it clear to [him] that a lack of response on Israel’s part raises questions regarding our ability to continue meeting Israel’s arms requests."

In mid-July, when Packard was warning Laird of the dangers of being trapped in a "conspiracy" with Israel if Washington failed to use pressure, Kissinger and his National Security Council assistants assessed the senior review group’s discussions and appear to have reached somewhat parallel conclusions. In a fascinating long memorandum to Nixon, possibly never sent, Kissinger developed a substantive and significant line of thinking about the complex dilemma raised by the Israeli nuclear program. When it was written, Kissinger still seems to have believed that delaying the Phantom jets’ delivery could provide some leverage for reaching an understanding with Israel on signing the NPT. This would be difficult, Kissinger acknowledged, but he thought it might be possible to persuade Israel that with all of the treaty’s loopholes, signing it would not prevent the country from weapons research and development.

Kissinger also recognized the real possibility that nothing could be done to stop the momentum and that as long as Israel kept its weapons program secret, it would not disturb the regional and international environment. As he put it in the document,

"Saying that we want to keep Israel’s possession of nuclear weapons from becoming an established international fact may come very close to describing what we really want in this case."

"Saying that we want to keep Israel’s possession of nuclear weapons from becoming an established international fact may come very close to describing what we really want in this case." This came close to what Nixon appears to have preferred.

What Kissinger actually advised Nixon — and what the president’s line of thinking was — remains obscure, though someday Nixon’s and Kissinger’s diaries, as well as Kissinger’s meeting notes, may shed light on this matter. That the president appears to have believed that nuclear proliferation by America’s close allies was tolerable may have reduced his concern about Israel, and indeed he may have given personal assurances to some Israelis even before he took office.

Another mystery in this story concerns the intelligence findings that spurred Defense Department apprehension and the NSSM 40 process: Perhaps the Israelis made some important technical advances, or maybe the United States had collected stronger evidence that the Israelis had acquired highly enriched uranium from a U.S. source. Whatever the findings were, they still remain classified apparently because of strong CIA insistence.

In any event, as previously declassified documents indicate, at the end of July 1969 both Packard and Richardson met with Rabin. Richardson made a tough statement arguing that a nuclear Israel would threaten U.S. national security by complicating the Cold War conflict with the Soviet Union. Richardson demanded that Israel sign the NPT, that it not "possess" nuclear weapons, and that it not develop the Jericho missile because of its nuclear capability. But Richardson’s statement was as far as the pressure went.

Despite the arguments for strong pressure on Israel, Nixon took the opposite path. Apparently he was "leery" about using the jets as pressure. Moreover, Nixon endorsed Rabin’s suggestion to leave the issue for his meeting with Israeli Prime Minister Golda Meir a few weeks later.

With Nixon reluctant to take the "lean-on" approach that Packard and others had favored, the Israelis did not need to worry about a confrontation, as Meir would learn personally when she met with Nixon in September. At that meeting, which left so far almost no public paper trail, the two leaders made a secret deal that tacitly recognized the undeclared reality of nuclear Israel: The United States would accept Israel’s nuclear status as long as Israel did not acknowledge it publicly.

Today, 45 years later, that secret understanding is still the foundation for nuclear relations between the United States and Israel. This policy has never been confirmed by either side — and both countries abide by its fundamentals, regardless of whether the tacit agreement is outmoded and inconsistent with international nonproliferation interests.

Source:http://www.foreignpolicy.com

Le 18 septembre, Manuel Valls fêtera le nouvel an juif et prononcera un grand discours

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Manuel Valls, premier ministre dont on connaît l’ « engagement absolu pour Israël« , et qui, selon ses propres mots, est « lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël«  ne manque pas une occasion de renforcer cette image.

On se souviendra que le 13 mai dernier, il avait célébré la fête nationale… israélienne. Le 18 septembre, il fêtera le nouvel an juif au consistoire ! Pour être plus précis, Manuel Valls présidera la présentation officielle des vœux à la communauté juive.

Le CRIF a déjà annoncé qu’il attendait à cette occasion un grand discours condamnant l’antisémitisme. Voyons, comment pourrait-il en être autrement ?

Source: http://medias-presse.info

Un groupe de parlementaires français prorusses en visite à Moscou

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Par Jim Jarrassé
La délégation française à Moscou. Source: Twitter/@dfr_paris

 Des députés et sénateurs, de droite comme de gauche, sont en visite dans la capitale russe pour apporter leur soutien à Vladimir Poutine dans le bras de fer engagé avec les Occidentaux sur fond de crise en Ukraine.

Leur position sur la crise ukrainienne détonne dans le concert diplomatique occidental. Alors que François Hollande vient de suspendre la livraison de navires Mistral à la Russie et que l’UE a donné son aval à une nouvelle vague de sanctions contre Moscou, une quinzaine de parlementaires français ont choisi d’exprimer leur soutien à Vladimir Poutine en se rendant dans la capitale russe. Députés et sénateurs, de droite comme de gauche, ils appartiennent tous au groupe d’amitié France-Russie, créé en 2004: parmi eux, les UMP Thierry Mariani et Nicolas Duhicq, les centristes Maurice Leroy et Yves Pozzo di Borgo, ou encore les socialistes Pascal Terrasse et Jérôme Lambert.

Arrivés jeudi à Moscou, les parlementaires ont rencontré le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe), Sergueï Narychkine. Ce dernier, bien que sur la liste des personnalités russes frappées par des sanctions individuelles en Europe, s’était rendu début septembre à Paris et y avait rencontré des responsables politiques français. Certains élus ont également eu un entretien avec le chef de l’administration présidentielle, Sergueï Ivanov.

Suivi d’une conférence de presse, au cours de laquelle les parlementaires se sont réjouis de la – fragile – trêve en vigueur depuis vendredi dans l’est de l’Ukraine. «Tant que le cessez-le-feu est appliqué cette vague de sanctions n’a aucun sens», a critiqué Thierry Mariani, évoquant les mesures prises par l’Union européenne.

Un autre député UMP, Nicolas Dhuicq, a lui fustigé le gouvernement français, soutien de Kiev, qui a «oublié que Catherine La Grande a donné à la Russie l’accès à la mer». «La Crimée pour moi est russe, il n’y a aucune discussion possible», a tranché le député en référence à la péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie après une prise de contrôle par des militaires russes et un référendum contesté par les Occidentaux.

Interrogé sur la livraison de navires de guerre, suspendue jusqu’en novembre, le député UMP de Paris Claude Goasguen a pour sa part estimé que «l’intérêt de la France est de tenir ses engagements».

Interrogé par L’Express, le sénateur centriste Yves Pozzo di Borgo, résume l’esprit du voyage qui se poursuit ce vendredi avec des rencontres au Conseil de la Fédération, le Sénat russe: «Il faut sortir des images caricaturales que l’on donne de la Russie et cesser de la diaboliser». Il est probable que le Quai d’Orsay ne l’entende pas de cette oreille.

Source: lefigaro.fr

de Villepin : Une nouvelle guerre en Irak "absurde et dangereuse"

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"L’annonce par le président Obama d’une grande coalition pour engager une troisième guerre d’Irak est une décision absurde et dangereuse, a fustigé Dominique de Villepin, alors que François Hollande est justement à Bagdad ce vendredi. Il serait temps que les pays occidentaux tirent les leçons de l’Afghanistan. Il y avait en 2001 un foyer central de terrorisme. Aujourd’hui, il y en a une quinzaine. Nous les avons multiplié".

"Aujourd’hui, aller faire la guerre dans cette région, c’est prendre le risque de fédérer contre nous", a asséné Dominique de Villepin, déplorant une guerre précipitée par l’émotion, et qui s’interrogeant: "combien de terroristes allons-nous créer?"

"La guerre dans le terrorisme et les crises identitaires, c’est mettre de l’huile sur le feu. A chaque fois qu’on fait une guerre, on doit en faire une autre pour réparer notre incompétence" à répondre à la menace terroriste, a-t-il encore déploré.

Dès lors, comment lutter contre le terrorisme? "La première chose à faire est de toujours respecter le droit international. Deuxièmement, cette région, il ne convient pas de la précipiter dans une nouvelle guerre mais de lui faire prendre ses responsabilités", a estimé Dominique de Villepin.

Aymeric Caron cible de menaces : la police surveille son domicile

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Aymeric Caron, cible des menaces. Photo © Visual Press Agency

Menaces. Le chroniqueur star de l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couchés est la cible de menaces que la police prend très au sérieux.

Des menaces suite à des propos sur le conflit israélo-palestinien

Selon Le Parisien, Aymeric Caron est victime de menaces suite à l’échange tendu qu’il a eu avec Bernard-Henri Lévy sur le sujet du conflit israélo-palestinien: «Pourquoi ne vous entend-on pas dénoncer la politique de Netanyahu contre Gaza qui a mené cet été à la de 2000 personnes dont les trois quarts sont des civils et 500 enfants ?» demande avec violence Aymeric Caron à Bernard-Henri Lévy, qui lui répond que «les responsables sont le Hamas».

Dès lors, la polémique enfle de plus en plus sur internet et les réseaux sociaux.

Le producteur de l’émission contacte la police

Selon les informations du Parisien, le producteur de l’émission a contacté la police le 10 septembre après la mise en ligne sur internet du numéro de téléphone ainsi que de l’adresse du domicile du chroniqueur et de ses parents.

Toujours selon le quotidien, la préfecture de police de Paris "a décidé de renforcer les rondes autour du domicile du journaliste visé par ces menaces".

Source: valeursactuelles.com

Obama and the Never-Ending War

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By limiting U.S. goals in Iraq and Syria, the president makes less likely the exit he so desperately wants.

I have two grown daughters. Neither can remember a moment in which the United States did not have troops deployed in the Middle East. One was 10 months old at the time the first Gulf War effectively commenced with Operation Desert Shield in August 1990. I remember watching televised reports from Operation Desert Storm the following February while sitting in a hospital room in New York shortly after the delivery of her sister.

The girls were in elementary school when the 9/11 attacks occurred that led to our commitments to fight in Afghanistan and later in Iraq. And last night, on the eve of the 13th anniversary of those attacks, President Barack Obama — elected in large part to bring American troops home from the Middle East — announced with palpable reluctance and grim resolve another open-ended commitment of the U.S. military to go to war in the region.

Judging from the president’s words and the complexity of the fight America is now entering, it seems likely that my daughters’ generation — that of the young members of the U.S. military who will serve in this latest conflict — will themselves welcome their own children into a world in which American troops are still fighting in the desert battlegrounds in and around Iraq.

This was not what Barack Obama had envisioned for his presidency. But the threat posed by the rise of the radical jihadist Islamic State (IS) in Syria and Iraq has proven too great to ignore. The deaths of two American journalists, James Foley and Steven Sotloff, have galvanized public attention and offered graphic testimony to the manifest evil of the extremists’ tactics and intentions. The fact that IS, during the course of the past year, has gained control of large swaths of Iraq and is threatening to install its self-described caliphate in the heart of an already volatile region created a strategic threat — not only to American interests but also to a broad cross-section of U.S. allies and rivals in the region. As the Islamic State rampaged — virtually unchecked — across the Levant in recent months, it became clear not only that something must be done but that there might be a ready coalition in place to help do it.

Still, Barack Obama held back. The carnage of Syria, the crucible in which the Islamic State was forged, had been as horrific a humanitarian crisis as had emerged during his watch as president. His advisors, notably former Secretary of State Hillary Clinton and former CIA director David Petraeus, urged him to take action to help contain the devastation. And yet, he had also held back then. Last year, the president almost acted against the Damascus regime, but even then, even in the face of chemical weapons atrocities, he was so committed to resisting the lure of this region’s unending wars that he pulled back at the last minute from even a fairly modest military intervention.

Getting out of Iraq and Afghanistan was what he had entered the White House to do. If anything, Obama had pressed to get every last troop out of Iraq before Baghdad was ready to handle its own security problems, before it had resolved its own internal political problems.

If the prior administration had erred in the direction of being too quick to intervene, Obama was the opposite.

If the prior administration had erred in the direction of being too quick to intervene, Obama was the opposite. Even when he did take action, as in Libya, he got out so quickly that more chaos followed. Wearied by a generation at war, this president (who was still in law school when the first Gulf War began, who was himself of a generation who had spent its entire adult life witnessing these distant wars), viscerally felt the country had no appetite for more.That is why it is so important to look at Obama’s remarks last night outside the politics of the moment, to set aside one’s personal feelings about his competence or choices as a president thus far, and to see them in a historical context. It is hard to imagine an American president more committed to not deepening this country’s involvement in the Middle East. Yet there he was. And here we were again.

* * *

Seeking, as ever, to avoid the perceived mistakes of the Bush era and to minimize risks, Obama laid out a plan that called for a coalition of nations to pool their resources to fight the Islamic State. It had four elements: airstrikes, more support for ground forces (not American), ramped-up efforts to fight terrorism, and increased humanitarian assistance. Obama announced that he would chair a U.N. Security Council meeting to win international support for the effort and that Secretary of State John Kerry will travel the world seeking to expand the coalition and deepen its capabilities and resources.

And, he made clear, the United States will avoid fighting this war like the last Iraq war. Rather, he asserted, it will be more like the American effort against terrorists in Yemen and Somalia — conflicts in which drones, intelligence, and limited special operations involvement have surgically chipped away at enemies without exposing ground troops to the risks of conventional battles.

That was supposed to be a source of comfort. And it was totally understandable in the political and psychological context of a speech intended to convince the American public of the necessity of this conflict but also assure them another massive engagement like the last Iraq War was not in the offing.

Yet the reality is that was that while Barack Obama is acutely aware of, and inclined to avoid, the pitfalls of his predecessors — and even as he took a strong stand not just against terror but against his own past policies in Syria and Iraq — the speech has raised as many questions as it answered: particularly as he has yet to acknowledge many other of his administration’s prior errors and misfires.

The president’s address offered inevitable platitudes about leadership and resolve, but the examples it offered were oddly not comforting. He spoke of American prowess fighting terror — even as he noted its spread throughout the region (official assessments in recent days that the Islamic State may pose a greater threat than al Qaeda only add to this dissonant message).

His desire to ensure limits on U.S. actions, while understandable, has repeatedly undercut his effectiveness

His desire to ensure limits on U.S. actions, while understandable, has repeatedly undercut his effectiveness in the region. Indeed, it was troubling to note that, despite the advice to the contrary of senior experts with whom he met prior to the speech, a substantial portion of his remarks were devoted to what this new intervention was not going to be. (That is a classic Obama wrong note: the "here’s what I’m not going to do" disclaimer.) Too narrowly defining the source of our risk is a related critical error. Call it Bogeyman Syndrome. We pick one bad guy we seek to "degrade and destroy" (same language with core al Qaeda and in last night’s speech) and downplay at our peril the fact that the nature of militant extremism is a decentralized network of loosely affiliated entities that are designed to survive the degradation and defeat of any individual component.The president’s speech came as much in response to his own recent comment that he had no strategy for dealing with the Islamic State as it did to the actual threat posed by it. But a list is not a strategy.

A strategy requires achievable goals and a plan to realize them. A good U.S. national security strategy also should be built around an outcome that enduringly advances national interests. This speech lacked several key components in both respects. It did not specify who was in the coalition that would help achieve our goals or what the division of labor would be among the participants. Most glaringly in this respect, it did not address the issue of who would be providing the critical "boots on the ground" component of the coalition, the ones our air power would support. There is no strategy without them. There is also no good strategy if, by default, they end up being bad guys who pose a different kind of threat — as would be the case if we end up being the air force for the Syrian regime in its battle with IS, or with Iranian troops, or with Iranian-led Iraqi troops (as has already been the case in Mosul and Amerli).

The speech also posited an end game where empowered Sunnis in Iraq would fill the political void left by the destruction of the Islamic State — even though the idea that the government in Baghdad will embrace and actively support such a reality is wishful fantasy. (Who replaces IS in Syria, or how we train up an alternative to Assad after so many years of delay, poses another grave challenge.)

* * *

But even were these problems to be addressed successfully, the bigger issue is that the threat to regional stability and U.S. interests is not posed by the Islamic State alone but by all the extremist groups in the regions — Hamas, Jabhat al-Nusra, al Qaeda, Ansar al-Shariah, the Muslim Brotherhood, and the list goes on. Defeating just one only leaves us where we would be with the destruction of core al Qaeda. But the problems lie even deeper. The president may want to cherry-pick his enemy of the moment, but members of our would-be "coalition" — like key Gulf Allies or Jordan — are willing to participate only to the degree that the effort extends beyond IS to the broader threats that are of greater concern to them. If we drag our feet on this expanded target list (as we will), so will they.

More problematically, some possible members of this coalition (see: Qatar, Turkey) actively support some of these other groups. Combine that with the fact that our actions may actually help advance the interests of Iran, Shiites in Iraq, and Assad in Syria — all anathema to key members of the coalition — and you can’t help but conclude that holding this group together will be much more difficult than actually convening it. (To be honest, we’re not even doing that. Many have been clamoring for U.S. involvement in these issues for years.

America claiming "leadership" in organizing this group is like the last one to show up at a party declaring himself the host.

America claiming "leadership" in organizing this group is like the last one to show up at a party declaring himself the host. It’s just as dubious a concept as the president’s assertion that the world should take heart in our leadership because we’re the ones who "led" the strong response to Putin in Ukraine … an idea almost whimsical in its disregard for lessons of how to show leadership and strength.)The result is that once again the undoubtedly well-intentioned instincts of Barack Obama have run up against the harsh, complex realities of a Middle East in which no conflict has only two sides or a good outcome that doesn’t create new risks. It would be hard for the president to admit, but this is precisely the problem that confounded each of his predecessors during the past two decades. Each responded to the challenges differently and none could achieve the outcomes they sought.

Hence, there is only one conclusion one can draw from last night’s speech: What Obama began last night will be left to another president to finish. And it will continue to be a troubling constant in the life of a generation of Americans who have never known life without their countrymen engaged in military action in the Middle East.

Source: http://www.foreignpolicy.com

Syrie, Etat islamique : les grands défis de la coalition occidentale

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Entretien avec Frédéric Pichon

Quelques jours après que Barack Obama ait annoncé des actions militaires contre les djihadistes en Syrie et en Irak, Frédéric Pichon nous explique les difficultés auxquelles la coalition occidentale risque de se heurter.

Le président américain s’est dit prêt mercredi à frapper les djihadistes en Syrie et à étendre les raids menés en Irak depuis un mois. La guerre de la coalition internationale contre l’Etat Islamique va-t-elle simplement consister en des frappes aériennes? Si oui, cela peut-il être suffisant?

Frédéric PICHON: Là est tout le problème. Pour ce qui est de l’Irak, la centaine de frappes effectuée par l’aviation américaine depuis cet été est un succès certain car le terrain concerné en Irak est propice: désert et steppe. Cela dit, pour véritablement «détruire» l’Etat Islamique, il faut un soutien au sol: avant les frappes pour les désigner et après les frappes pour «nettoyer», notamment en milieu urbain. Mossoul ou Tikrit abritent encore de nombreux habitants: on voit mal l’aviation américaine se permettre des dégâts collatéraux parmi les civils. En Irak, les Peschmergas servent de relais au sol, ainsi que l’armée irakienne. Mais les Kurdes ne s’engageront vraisemblablement pas hors de leur zone d’influence. Quant à la Syrie, il me semble illusoire de compter sur les rebelles dits modérés, qui travaillent souvent côte à côte avec Al Qaida sur le terrain, pour servir de relais au sol.

Quels sont les buts de guerre de Barack Obama et de sa coalition?

Ces buts de guerre restent très flous et suscitent un certain malaise parmi ses alliés traditionnels, hormis la France. La stratégie de Barack Obama est de «détruire» l’Etat Islamique. Mais rien dans l’allocution du Président américain n’a filtré sur l’aspect politique du problème, qui est la clé. En effet, l’Etat Islamique est largement le produit de l’erreur américaine de 2003 qui a consisté à abattre le régime de Saddam Hussein et à liquider l’appareil politico-militaire de l’Irak. Résultat, de nombreux cadres baassistes ont rejoint l’insurrection et forment à présent le noyau dur du commandement militaire de l’Etat Islamique. L’autre erreur a été de laisser faire la marginalisation des populations sunnites par le gouvernement chiite de Maliki: les succès de l’Etat Islamique à Mossoul ou à Tikrit s’expliquent largement par l’accueil enthousiaste que les tribus sunnites lui ont réservé. Enfin, les pays du Golfe au sein de la coalition portent une responsabilité énorme dans le développement du fondamentalisme dans la région. Ils sont à présent mis devant leurs responsabilités.

Sur combien de temps, idéalement, devrait s’étendre cette coalition? Quels sont les risques d’enlisement (comme en Irak ou en Afghanistan)?

Etant donné le refus poli de la Turquie de participer à la coalition et sans un relais efficace de troupes au sol notamment en Syrie, il me semble difficile d’espérer en finir rapidement avec l’Etat Islamique. Les Etats-Unis n’enverront pas de troupes au sol et il ne faut pas attendre beaucoup des armées arabes engagées dans la coalition. Pour des raisons militaires évidentes mais aussi et surtout pour des raisons politiques, un enlisement est prévisible.

Dix ans après l’intervention de 2003, la coalition prête à intervenir a-t-elle préparé l’après-guerre?

Malgré toutes les précautions prises par Washington pour intégrer les pays arabes sunnites, cette coalition incluera de fait l’Iran dont le rôle est déjà déterminant en Irak dans la lutte contre l’Etat Islamique: Qassem Soleimani, le commandant des troupes d’élite iraniennes Al Quds, est en Irak et se bat au côté des forces irakiennes – soutenues et armées par les États-unis. Cela constitue un obstacle politique majeur pour l’après-guerre. Les sunnites en Irak comme en Syrie voient dans l’Iran chiite et ses relais dans la région une menace contre laquelle l’Etat Islamique est le seul rempart.

Quels sont les points d’appui dans la région pour la coalition?

Ils reposent essentiellement sur l’Arabie saoudite en réalité et c’est bien tout le problème. Les dirigeants saoudiens prennent part à une coalition contre l’Etat Islamique alors qu’un sondage récent révèle que près de 90% de la population du Royaume soutient l’organisation terroriste. D’autre part, la défection de la Turquie, qui compte des centaines de kilomètres de frontières communes avec l’Irak et la Syrie, est un camouflet pour les Etats-Unis .

Peut-on vraiment arrêter l’avancée de l’EI et réinstaurer la paix en Syrie? Les tensions à l’intérieur du pays ne sont-elles pas trop profondément ancrées?

Pour ce qui est de la Syrie, les Etats-Unis excluent toute coordination avec le gouvernement de Damas et envisagent de frapper sur le sol syrien. Cela pose deux problèmes: celui de la légalité internationale, ce que la Russie et l’Iran ont immédiatement souligné ; celui de l’efficacité même d’une telle opération. Après trois ans de vaines tentatives, l’Occident n’a pas réussi à identifier sur le terrain des rebelles sûrs qui pourraient servir de relais à une action sur le terrain. Cela ne devrait pas beaucoup changer. Après avoir tout fait pour «abattre» Bachar el Assad en Syrie, sauf de la diplomatie, on voit mal les Occidentaux reprendre le chemin de Damas officiellement. L’erreur initiale a été, dans la foulée de la chute de Khadafi, de braquer la Russie et l’Iran qui pourtant étaient les deux acteurs clés pour parvenir à une solution négociée du conflit syrien. Dans ces conditions, la paix en Syrie reste une hypothèse très lointaine…

Source: lefigaro.fr

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