La gauche espagnole propose la sortie de l’OTAN et s’oppose à la mission du pays en mer Noire

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Neuf partis de gauche espagnols ont demandé vendredi à l’exécutif de ne pas participer à la mission de dissuasion de l’OTAN dans la région de la mer Noire, a rapporté EFE, partenaire d’EURACTIV.

La gauche espagnole propose la sortie de l’OTAN et s’oppose à la mission du pays en mer Noire. Le partenaire de la coalition, le parti Unidas Podemos (Unies nous pouvons), et huit autres partis de gauche ont signé un manifeste commun, dans lequel ils expriment clairement leur «  rejet total  » d’une mission espagnole en mer Noire et en Bulgarie pour soutenir l’OTAN alors que les tensions en Ukraine continuent de s’accroître.

Les neuf partis ont également exhorté le Premier ministre Pedro Sánchez du Parti socialiste espagnol (PSOE) à prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à l’adhésion de l’Espagne à l’OTAN.

Unidas Podemos, Izquierda Unida, En Comú Podem, Alianza Verde, Bildu, BNG, CUP, Más País-Equo et Compromis — tous des partis de gauche — ont demandé vendredi à l’exécutif de ne pas participer à la mission de dissuasion de l’OTAN dans la région, a rapporté EFE, partenaire d’EURACTIV.

Pendant ce temps, l’ancien dirigeant et fondateur de Podemos, Pablo Iglesias, a remis en question la nécessité pour l’Europe de s’impliquer dans un hypothétique conflit dans la région de la mer Noire samedi 22 janvier. Il a également mis en garde contre une confrontation avec la Russie, a rapporté EFE.

L’UE n’a pas «  le moindre intérêt  » à une confrontation militaire sur le sol européen avec un pays qui possède l’arme nucléaire (la Russie), a déclaré M. Iglesias. Selon lui, les citoyens espagnols ne sont pas «  idiots  » comme le croirait la ministre de la Défense, Margarita Robles, du parti au pouvoir, le PSOE. Ils savent que l’OTAN est «  une alliance militaire destinée à protéger les intérêts des États-Unis  », a-t-il ajouté.

Podemos a clairement exprimé sa position contre une éventuelle intervention militaire de l’UE et de l’OTAN dans la crise ukrainienne en cours.

Certains analystes politiques ont souligné la semaine dernière que le manifeste est un nouvel exemple des différences entre le PSOE et Unidas Podemos sur certains «  dossiers sensibles  », comme ce fut le cas pour la réforme du travail récemment approuvée.

Samedi, l’Espagne a envoyé la frégate Blas de Lezo en mer Noire dans le cadre d’une mission de l’OTAN dans la région, avait rapporté EFE. Madrid prévoit également de contribuer avec quatre ou six avions de combat Eurofighter pour renforcer la mission, qui sera déployée en février en Bulgarie.

Samedi, M. Sánchez a souligné que son gouvernement suit « de près » la crise en Ukraine et entretient des contacts réguliers avec les autres dirigeants de l’UE et l’OTAN. «  L’heure est à la diplomatie. Nous sommes engagés dans l’unité, la détente, la solidarité et le dialogue pour résoudre la crise avec la Russie  », a souligné M. Sánchez sur Twitter.

L’Espagne a rejoint l’alliance de l’OTAN en mai 1982, et un référendum a été organisé en mars 1986 ; une majorité de citoyens, 56,85 %, a alors voté en faveur de l’adhésion.

Dans leur «  Manifeste pour la paix et pour éviter une nouvelle guerre en Europe : désescalade et dialogue, pas de troupes ni d’armes pour l’Ukraine  », les neuf partis ont également exprimé leur inquiétude face à l’escalade militaire en Ukraine. Le conflit «  ne peut être résolu que par le dialogue, la désescalade et la conviction que la paix est la seule voie possible  », peut-on lire dans le texte du manifeste.

«  L’Union européenne doit éviter d’être entraînée dans le conflit et formuler des propositions concrètes de désescalade pour éviter un conflit qui porterait gravement atteinte à l’Ukraine et à l’ensemble de l’Europe  », ont-ils ajouté.

(Fernando Heller | EuroEFE.EURACTIV.es)