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A la veille des élections législatives en Israël, le Premier ministre sortant raffermit encore ses positions sur la Palestine, la sécurité et le développement des colonies. Le leader de la droite israélienne brigue un troisième mandat consécutif après six ans au pouvoir. Mais face aux inégalités croissantes dans le pays, « Bibi » est en mauvaise posture.

 S’il conserve son poste après les élections de ce mardi, Benjamin Netanyahu écartera la possibilité de création d’un État palestinien. La raison? Le danger de voir ces territoire tomber aux mains des extrémistes islamistes.

En 2009, lors du discours de Bar Ilan, le Premier ministre israélien avait pourtant – pour la première fois – endossé l’idée d’un Etat palestinien coexistant avec Israël. Mais selon lui, aujourd’hui « la réalité a changé » à cause du Printemps arabe et de la montée de l’islamisme radical.

Autre déclaration forte, il a promis de construire plus de logements pour les colons à Jérusalem-Est, la partie palestinienne. Et ce, afin d’empêcher une division de la ville et l’établissement éventuel d’une capitale pour les Palestiniens.

  Elections plus qu’incertaines

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Ces promesses arrivent à la veille des élections législatives en Israël, où le parti de droite de Netanyahu, le Likoud, est en mauvaise posture. Celui-ci en a bien conscience. L’opposition, menée par « l’Union sioniste »du travailliste Isaac Herzog devance en effet de trois à quatre sièges le parti du Premier ministre sortant.

Il est cependant à noter que cet avantage ne garantit pourtant pas à Herzog le poste de Premier ministre car ce n’est pas forcément le chef de la liste arrivée en tête qui forme le gouvernement. Mais celui, parmi les 120 députés élus, le plus à même de constituer une coalition.

Si le résultat est incertain, les enjeux de ces élections ne font aucun doute. Acteur majeur sur la scène internationale, Israël exerce une indéniable pression sur les Etats-Unis. Notamment en ce qui concerne le dossier du nucléaire iranien, comme on a pu le voir récemment avec la venue de Netanyahu au Congrès américain. 

• Sécurité, sécurité, toujours sécurité

C’est d’ailleurs justement là-dessus que joue le Premier ministre sortant. Voyant des ennemis partout, il se pose en garant de la sécurité nationale et met en garde la population contre une opposition suiviste. « Ils sont prêts à tout lâcher, à courber l’échine sous n’importe quel diktat, y compris un accord nucléaire avec l’Iran », a-t-il déclaré en pointant du doigt le travailliste Herzog et son allié centriste Tzipi Livni.

« Des gouvernements étrangers soutiennent des associations de gauche à coups de dizaines de millions de dollars car ils savent que (l’Union sioniste) céderait si elle arrivait au pouvoir à tous les ultimatums de la communauté internationale »

Benjamin Netanyahu Premier ministre israélien

Il a aussi évoqué le risque d’une perte de souveraineté du pays face à la communauté internationale, si l’opposition arrivait au pouvoir. Un désastre selon le Premier ministre sortant, dont on connaît la fermeté envers les Palestiniens et ce, malgré les pressions américaines. Pour lui, toute concession aux Palestiniens ne serait tout simplement « pas pertinente ».

• Questions sociales et économiques

Les Israéliens ne sont pourtant pas aussi réceptifs que Netanyahu le voudrait. Face aux inégalités croissantes dans le pays, d’ailleurs parmi les plus grandes des pays développés, ce sont surtout les questions sociales et économiques qui sont décisives. Pour 55% des électeurs, ce sont en effet ces enjeux ci qui dirigeront leur vote.

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Les résultats de ces élections, si l’on en croit les sondages, dépendent du centre. Alors que les deux grands partis sont au coude-à-coude, c’est Moshé Kahlon, un transfuge du Likoud qui a fondé son parti de centre-droit Koulanou qui fait désormais figure de faiseur de roi. Ce parti qui mise tout sur les questions sociales, comme le logement et la cherté de la vie, est crédité de 8 à 10 mandats.

Netanyahu, conscient de sa mauvaise posture, a déjà promis à Moshé Kahlon le portefeuille des Finances. Une promesse que son rival Isaac Herzog démonte en déclarant que « dès qu’il baisse dans les sondages, il augmente les mensonges. Encore une fois, il panique et promet les Finances à Kahlon, mais plus personne ne le croit ».

Des accusations qui n’ont pas empêché Herzog de voir en Kahlon « un partenaire important ». De son côté, le leader du centre-droit, ancien ministre de M. Netanyahu, préfère maintenir le suspense.