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©Reuters

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Il n’y a pas à disserter, il n’y a pas à «  remettre dans le contexte  », il n’y a pas de «  souveraineté  » qui tienne, et non, Messieurs les ministres N-VA, il n’y a pas de «  critère  » légitime à trouver dans cette mesure qui désigne une population comme indésirable, à la manière des étoiles jaunes de jadis.

C’est une évidence : l’interdiction d’entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays, décrétée par le président des États-Unis, est inepte mais surtout extrêmement dangereuse.

C’est vrai pour les États-Unis où nombreux étaient ceux qui, ce week-end, dénonçaient un acte qui trahit l’idéal humanitaire et démocratique américain, met en danger son moteur économique et culturel historique – l’immigration –, va nourrir la haine de l’Amérique auprès d’hommes et de femmes soudain stigmatisés pour leur seule nationalité et justifier la propagande des ennemis de la première puissance mondiale.

Mais la dangerosité de cet acte posé d’un coup de plume, est tout aussi réelle pour le monde, aujourd’hui plongé dans un désordre politique, juridique, diplomatique et humaine.

Précipitation et improvisation

Cette interdiction, décidée dans la précipitation et l’improvisation totales – contrairement à ce que disait Donald Trump, c’est le chaos qui régnait hier – prouve une seule chose : l’homme qui préside à la destinée des États-Unis est inapte à l’exercice de cette fonction. Il n’y a aucun ressort logique ou rationnel dans la signature de ce décret, mais au contraire, l’acte d’un homme qui signe un ordre exécutif comme il tweete, et qui gouverne comme il a fait campagne : par impulsion.

Au lendemain de son élection, Le Soir écrivait que c’était un homme infantile, narcissique et fantasque qui aurait désormais le doigt à portée du bouton nucléaire. Sa décision « migratoire » n’est qu’une préfiguration du désordre qu’il pourrait produire : aujourd’hui en gérant l’accès au territoire américain, demain en négociant les accords commerciaux, l’équilibre entre les grands blocs ?

On sentait hier le désarroi des diplomates et des chefs d’État face à celui qui a fait en quelques jours de la Maison-Blanche, l’un des endroits le plus imprévisible, déstabilisateur et inquiétant de la planète. D’autant qu’il y avait, ce week-end, peu de Républicains pour se dresser et mettre en question un comportement qui a plus à voir avec la téléréalité qu’avec la politique.

La responsabilité démocratique était incarnée ce week-end par la société civile, et deux petits juges, derniers remparts des droits humains bafoués – preuve par ailleurs pour ceux qui chez nous en doutaient, de l’utilité de ce « gouvernement des juges » quand le pouvoir dérape.

Ces dérapages plus rapides qu’imaginé laissent-ils entrevoir une procédure d’empêchement rapprochée ? C’est en fait tout ce qu’on peut espérer pour le bien des États-Unis et du monde.

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