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Valérie Mahaut

Palais de justice de Nanterre, ce mardi. Victime d’un braquage avec séquestration, Michel Siboni, commissaire-priseur à Sceaux, et son épouse, au procès des trois hommes jugés pour cette agression. (LP/V.M.)

« Je rentrais de week-end avec mon épouse, je venais de déposer les valises dans l’entrée et j’allais garer la voiture. » Face aux jurés de la cour d’assises des Hauts-de-Seine, Michel Siboni, le commissaire-priseur de Sceaux, entame le récit de l’agression que lui et sa femme ont subie le 12 janvier 2014. Depuis le début du procès, ce mardi, de ce braquage avec séquestration, un saucissonnage en règle, Michel Siboni n’a pas perdu une miette des débats et noirci un bloc-notes.

Mais nul besoin de notes pour raconter ce dimanche de janvier. Une fois les valises déposées et tandis que son épouse rejoint leur appartement, situé au-dessus de l’hôtel des ventes, Michel va garer sa Jeep Cherokee dans le parking tout proche. « Lorsque je reviens, je vois trois individus en combinaison, arme au poing et cagoulés. J’ai cru que c’était le GIGN. Ils m’ont poussé, je croyais que c’était pour me protéger… mais non. J’ai reçu des coups de crosse, des coups de Taser et ils m’ont fait monter dans l’appartement. Là, je vois mon épouse sortir de la cuisine. Il y a un qui se jette sur elle, la ligote. J’ai compris que c’étaient des malfaiteurs dangereux. Ils me réclamaient 40 000 €, ils étaient persuadés qu’on avait un coffre et 40 000 €.

« Je croyais que c’était la fin »Mais le couple n’a pas de coffre dans son 200 m². « Alors j’ai sorti mon portefeuille et les 300 € que j’avais. Ce n’était pas suffisant. Il fallait leur donner quelque chose, sinon tout pouvait arriver », poursuit le commissaire-priseur. Les mains ligotées tandis que son épouse est tenue en respect par l’un des agresseurs, Michel Siboni convainc les deux autres de descendre à l’étude pour ouvrir le coffre-fort. « Il y avait 2 000 €, il me les ont jetés à la figure, ils étaient toujours surexcités. Alors j’ouvre l’armoire forte où il y avait des bijoux. D’habitude en janvier, on n’a pas de vente. Là, il y avait des bijoux pour 100 000 €. Ils les ont pris, ont pris la clé de la voiture et ils m’ont fait remonter à l’appartement. »

C’est à ce moment que Michel Siboni a craint le pire. « Je croyais que c’était la fin, poursuit le commissaire-priseur. Et j’avais bien l’intention de ne pas mourir saucissonné comme un saucisson, pour reprendre leur mot. » L’homme, 63 ans, finit tout de même les pieds liés, ligoté au côté de sa femme tandis que le trio décampe.

Pourtant organisés, les braqueurs ont loupé leur sortie. Ils sont partis avec la Jeep, y ont jeté leurs gants, cagoules… avant d’incendier le véhicule à 2 km du lieu de l’agression. « Mais le feu n’a pas pris, relatait un enquêteur de la PJ 92 à la barre. On a récupéré ce qu’il y avait dans la voiture. » Les analyses ADN ont mené aux suspects, arrêtés entre un an et an et demi après l’agression. Parmi ces trois hommes, âgés de 33 à 37 ans, l’un avait travaillé chez un transporteur d’objets d’art et connaissait la salle des ventes de Sceaux. Le procès devrait s’achever jeudi.

  leparisien.fr

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