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Eric Verhaeghe

L’association Anticor multiplie les opérations étranges dans la campagne électorale. La dernière en date consiste à saisir la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) d’une demande de vérification sur le patrimoine d’Emmanuel Macron. La démarche fait bon effet, mais n’est-elle pas une manoeuvre de diversion pour protéger le candidat Macron.

Anticor et son deux poids deux mesures?

Officiellement, Anticor est une association qui lutte contre la corruption des élus en général. Mais enfin, on notera quand même qu’Anticor préfère lutter contre la corruption de droite que contre la corruption de gauche. Le simple fait qu’elle ait annoncé sa présence aux manifestations partisanes organisées à Paris officiellement contre la corruption, mais dans la pratique contre Fillon et Le Pen, en donne un indice tangible.

On se rappelle, dans le même domaine, l’agacement d’un certain nombre de militants qui avaient balancé les mails de la direction de l’association sur le rôle de Christiane Taubira, alors ministre de la Justice, dans le fonctionnement interne.

Une annonce restée vide sur la French Tech Night

Dans cet ensemble d’agitations, Anticor a publié il y a près d’une semaine un communiqué tout à fait étonnant:

Le Canard Enchaîné, dans son édition du 8 mars 2017, est revenu sur la French Tech Night, organisée le 6 janvier 2016, à Las Végas, qui a permis à Emmanuel Macron, alors Ministre de l’Économie, de prendre la parole devant « près de 500 personnalités invitées »

Dans un article intitulé « Macron à Las-Végas : selon l’IGF, ce n’était pas du jeu », on apprend que l’organisation de cet évènement, d’un coût de 381 759 €, avait été confiée à Havas par Business France (établissement public qui dépend notamment du Ministère des Finances), sans mise en concurrence préalable. (…)

Sur la base de ce document, Anticor souhaite que l’autorité compétente (Parquet de Paris ou Parquet national financier) diligente une enquête.

À défaut, l’association agréée envisagera de déposer une plainte contre X pour délit de favoritisme.

Ben… à ce stade, le Parquet ne s’est pas saisi du dossier et Anticor n’a pas porté plainte contre X. On attend donc de voir si Anticor a fait des promesses de Gascon.

L’affaire du patrimoine de Macron

Anticor s’intéresse maintenant au patrimoine de Macron et demande une enquête de la HATVP. Mais… l’opération est curieuse dans la mesure où la HATVP a déjà vérifié deux fois le patrimoine de l’intéressé. De là à penser qu’Anticor meuble pour gagner du temps…

L’association ne peut en effet, sans mettre en péril sa crédibilité, rester inactive sur les sujets qui tournent autour d’Emmanuel Macron. En revanche, les actions qu’elle mène semblent bien molles et ressemblent plus, à ce stade, à des coups d’épée dans l’eau qu’à des décisions véritablement opératoires. Dans le cas du patrimoine de Macron, si Anticor a un doute, pourquoi ne demande-t-elle pas au Parquet de se saisir, puisque l’on sait déjà que la HATVP n’a rien trouvé à redire aux déclarations du candidat, qu’accessoirement elle est présidée par un chouchou de Hollande, et qu’elle a opportunément retiré de son site les captures d’écran retraçant la déclaration de Macron?

Sauf si, bien entendu, l’objectif était d’endormir l’opinion publique par une manoeuvre devant une Haute Autorité de complaisance, pour justifier que le Parquet ne se saisisse pas.

http://eric-verhaeghe.entreprise.news

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