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Caroline Galactéros

LE FIGARO - Emmanuel Macron ou l'esthétique du vide (1/2)

« Penser printemps » et se mettre en marche vers l’abîme… Prise dans les miasmes d’une galopante infection « par le bas », la campagne présidentielle est toujours menacée de confiscation par la médiatisation acharnée et jubilatoire des plus petits côtés de notre classe politique. L’on connaît la tête de turc favorite de ce jeu de massacre triste: François Fillon, bouc émissaire idéal d’une déréliction morale au long cours de l’ensemble de nos élites publiques, qui escamote commodément le débat politique sur le fond c’est-à-dire sur l’essentiel: les voies et moyens du redressement national de notre pays abîmé. « L’affaire » a été construite et entretenue à cette fin, comme le point focal sur lequel devait se concentrer toute l’attention de nos concitoyens placés sous hypnose collective et progressivement menés au précipice comme un troupeau inconscient à l’abattoir ou des rats à la mer au son du flutiau d’un « sauveur » de rencontre. Sur la question de l’exemplarité en politique, soyons clairs: on peut être légitimement déçu de comportements qui ont la vie dure et sont devenus indéfendables en cette époque de transparence et d’exigence « éthique » serinée comme un mantra à l’oreille de nos concitoyens. Celui qui se consacre à la chose publique doit s’astreindre à une forme d’exemplarité personnelle, ne serait-ce d’ailleurs que pour être libre et invulnérable aux coups bas portés par ses adversaires politiques ou ses « proches » prompts à quitter son navire au premier coup de vent. Souhaitons que l’on n’en arrive pas au ridicule puritanisme de nos cousins américains car l’incohérence est en l’homme structurelle, et rarissimes sont ceux qui ne peuvent être un jour mis en porte-à-faux entre leurs convictions et leurs pratiques intimes. D’un chef d’État l’on attend de l’autorité, de la vision et le sens précisément de l’État et de l’intérêt général. Peu nous chaut le prix ou la provenance de ses costumes.

Le rebond permis par la ferveur du rassemblement du Trocadéro le 5 mars dernier ne doit surtout pas être interprété comme un quitus ou un blanc-seing.

Il faut toutefois être lucide: cette exaspération populaire qui monte et se cristallise sur la question de la probité de nos représentants trahit un lourd sentiment d’abandon des Français qui voient leurs dirigeants obnubilés par la conservation de leur mandat et leurs petits jeux de pouvoir plutôt que dédiés à l’amélioration du sort de leurs mandants ou au relèvement de la France dans un monde qui se reconfigure à grande vitesse et sans nous. Attention donc! Le rebond permis par la ferveur du rassemblement du Trocadéro le 5 mars dernier ne doit surtout pas être interprété comme un quitus ou un blanc-seing. François Fillon doit impérativement garder sa ligne et, en écartant fermement de ses équipes refondées les « fluctuants » et opportunistes non fiables, montrer qu’il a pris la mesure du coup de semonce, entendu la déception et mérité le pardon. Car il n’y aura pas de seconde chance. L’attente est trop grande. Les Français et la France ont besoin d’un véritable espoir, d’une vision claire portée par un homme de trempe entouré de lieutenants intègres et solides.

L’exigence est donc là, vibrante. Mais cette hargne à fouiller les poubelles est suspecte. L’acharnement médiatique pour « informer » les Français sur ces sujets à la fois importants et très secondaires escamote l’ampleur des enjeux nationaux véritables qui sont économiques mais plus encore culturels, identitaires et stratégiques. Il ne fait que pourrir le débat public, le rabaisser, nourrir l’indignation, le mépris et in fine l’indifférence ou la férocité. Il décentre évidemment le regard d’autres turpitudes, veut rendre inaudible le seul programme réformiste sérieux et viable – celui de la droite de gouvernement – et installer une alternative prétendument unique entre un vote extrémiste de droite encore un peu (mais de moins en moins) frappé d’infamie dans l’inconscient politique collectif, et une soi-disant nouvelle offre politique, un « ni gauche ni droite » qui aurait en main la martingale pour nous sortir du marigot où 5 ans de socialisme (et bien d’autres faiblesses auparavant) nous ont embourbés. Enfin, cette diversion permet d’oublier une évidence: le jeune homme qu’on veut nous faire tenir pour un homme d’État et d’expérience verse, par tous ses actes et propos, dans une démagogie inédite.

Dans ce paysage de désolation et d’oubli décomplexé des intérêts nationaux, il est une autre grande illusion qui monte : celle d’une « gauche » prétendument nouvelle.

Il fait en outre le jeu d’un populisme sans scrupule qui n’est plus l’apanage des seuls extrêmes. Car dans ce paysage de désolation et d’oubli décomplexé des intérêts nationaux, il est une autre grande illusion qui monte: celle d’une « gauche » prétendument nouvelle, qui d’ailleurs ne s’identifie plus comme telle mais joue la synthèse politique novatrice et s’incarne dans cette figure si jeune, lisse et affable qu’on veut la croire fraîche, pure, propre, innocente même des errances de ses prédécesseurs. Une nouvelle gauche qui se veut l’émanation même de la postmodernité innovante et tolérante, celle d’un mondialisme heureux et d’un multiculturalisme béat. Une gauche « en marche » qui veut nous faire prendre sans la moindre vergogne, le mouvement vibrionnaire pour du progrès, l’opportunisme pour un syncrétisme radieux, la démagogie d’un programme fourre-tout pour une ambition nationale, bref des vessies pour des lanternes.

Oyez! Oyez, bonnes gens! Que chacun ferme les yeux, prononce les paroles magiques, fasse allégeance et croie avec la Foi du charbonnier ce que cet illusionniste nous promet. Il y en a pour tous les goûts. Qu’avons-nous à perdre, tombés si bas? Alors, vive la «troisième voie» à la française!»Notre nouveau Blair crève l’écran, comme lui exalté mais aussi fade, sans couleur, sans odeur, sans saveur, sans convictions ni colonne vertébrale surtout, qui l’obligeraient à faire des choix. Il est souriant, confiant, omniprésent, « habité », les bras ouverts, offrant son amour à chacun, lui disant ce qu’il veut entendre. C’est la nouvelle icône d’un « Flower power » irradiant saupoudré d’un doigt de « French touch » ! Certains commentateurs ou aficionados sont si hallucinés qu’ils vont jusqu’à lui trouver des points communs avec Churchill, Pompidou et même le Général, dont les mânes sont outrageusement profanées pour les besoins de la cause! On a si bien décérébré la jeunesse française qu’elle ne connaît plus notre Histoire quand elle ne la hait point, et peut donc gober les comparaisons les plus ahurissantes. Il ne suffit pourtant pas de dire «je vous ai compris» pour prétendre à la stature gaullienne, surtout quand on pratique le grand écart facial quotidien, que l’on racole les votes et les subsides en insultant son propre pays à l’étranger et que l’on «va aux voix» comme on va au marché. D’ailleurs une ambition si dévorante fait parfois trébucher et avouer dans un souffle: c’est « parce que je veux être président, (que) je vous ai compris et (que) je vous aime ». Ah bon ? On aurait voulu croire que c’était pour servir la France qu’il prétendait vouloir en comprendre le peuple !!! L’ambition eut cette fois raison de l’opportunisme.

Emmanuel Macron est une forme vide. Une forme pleine d’un vide qui le remplit et lui permet d’irradier avec un talent certain l’affect pur.

Le succès d’Emmanuel Macron prend appui sur l’inculture et la panique qui ont saisi notre peuple trop longtemps méprisé par un pouvoir socialiste qui lui parle de rassemblement et de cohésion tout en déconstruisant méthodiquement tous les vecteurs de ceux-ci pour éparpiller la France « façon puzzle » en communautés de votants revanchards et féroces. Il a « appris » l’histoire sans doute mais ne semble pas la ressentir. Il confesse d’ailleurs volontiers qu’« il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse ». Il faut donc conspuer l’identité de la France et parler « d’appartenance » dans un clin d’œil électoraliste appuyé au communautarisme galopant qui défigure et mine notre pays. « Le socialisme nouveau » est arrivé, à grand renfort de marketing politique. Il escamote opportunément un bilan présidentiel et socialiste cataclysmique, dont l’impétrant est l’un des grands artisans, ce dont on finit par douter tant il a l’air de sortir des langes ! Surtout, il relègue dans un cul de basse-fosse les notions rétrogrades de nation, de peuple, de souveraineté et bien sûr celle d’intérêts nationaux. L’Histoire ? Une vieille lune inutile ! L’inscription d’un peuple dans le passé et la continuité d’une nation millénaire et le souvenir de figures héroïques ? Scandale !! La grandeur d’un empire enfui et certainement faillible, mais qui sut aussi porter le développement matériel, humain, culturel et l’idéal politique national alors vivant de la France à des contrées déshéritées en leur offrant les bases d’une indépendance qu’elles n’ont pas toujours sue ou voulu entretenir ? « Un crime contre l’humanité » ! Tout est possible, tout est dicible, tout doit être audible, même le plus faux ou le plus intellectuellement indigent, du moment que cela satisfait des clientèles électorales hypnotisées par des logorrhées aux accents christiques… Des clientèles qu’il faut ainsi fasciner et mobiliser pour rester aux manettes et parachever la déconstruction nationale tout en posture et sans vision.

N’importe qui peut trouver dans les éléments de programme d’Emmanuel Macron ce qui lui paraîtra répondre à ses préoccupations prioritaires. Une véritable auberge espagnole. Emmanuel Macron est une forme vide. Une forme pleine d’un vide qui le remplit et lui permet d’irradier avec un talent certain l’affect pur. Il peut, il doit dire tout et son contraire puisqu’il appelle de fait l’électeur de quelque bord qu’il soit à établir avec lui un lien supérieur, de l’ordre de la pure croyance, de la transcendance. Mais c’est d’incarnation véritable que nos électeurs ont aujourd’hui un besoin vital, l’incarnation d’une immanence, celle de la France immortelle et actuelle qui vibre en chacun d’entre nous et qu’il faut ranimer. La source vive de la cohésion et de la dynamique d’un nouveau départ pour notre pays est là. Il ne s’agit pas de susciter la Foi mais de partager des convictions et de les mettre en œuvre pour sauver notre société, une société de culture et de structure.

Le candidat « en marche » ne promet pourtant rien moins que « la révolution » et la « réconciliation de l’ambition avec le réel ». Beau programme. Comment ? On verra plus tard. Cela ne vous rappelle pas quelqu’un ? Dans les faits, ce renouveau tonitruant de la social-démocratie par une fusion assumée avec la logique libérale dans tous les domaines assume l’ubérisation de la société et des individus, donc la précarité comme horizon et la stupidité de clivages manichéens entre « ouverture » et « fermeture », entre « progressistes » et « conservateurs », c’est-à-dire en fait entre ceux qui acceptent leur disparition dans un sans-frontièrisme enfiévré et une totale soumission à la dérégulation financière, et ceux qui ne s’y résolvent point. Sans même jouer à se faire peur en imaginant un instant ce que pourrait donner un tel président sur la scène internationale face à des figures telles que D. Trump, V. Poutine ou encore Xi Jing Ping, comment ignorer que sa popularité démontre la gravité de la crise du politique en France. Nos concitoyens sont si désorientés, si dégoûtés qu’ils paraissent prêts à toutes les aventures, même si nombreux sont encore ceux qui sentent combien le choix de mai prochain signera soit l’amorce de notre relèvement collectif, soit l’engloutissement progressif des derniers anticorps sociétaux et culturels protégeant encore notre corps national de l’implosion.

Il faut en outre s’inquiéter que cette offensive destructrice trouve un allié inattendu mais de poids dans une partie des « élites » économiques de notre pays. Celles-ci tombent dans le piège évangélisateur macronien avec une déconcertante naïveté, confondant agitation jeuniste et progrès sociétal, se croyant « dans le vent » alors qu’elles risquent de creuser dangereusement les fractures nationales par un vote irresponsable. Il existe en effet, chez une partie de la couche supérieure de la bourgeoisie française, qui travaille beaucoup, contribue énormément, prend des risques et vit bien mais sans opulence, une volonté de s’identifier aux très grands entrepreneurs, notamment ceux du numérique qui prétendent repousser les frontières de la modernité et modeler le futur humain. Ces « e-stars » sont leurs héros, qui effectivement vivent eux dans une couche sociale marquée par la fluidité, l’effacement des frontières physiques, financières et politiques et n’ont que mépris pour les États qui gênent leurs ambitions… ou s’y prêtent trop servilement. La couche immédiatement inférieure de cette élite veut croire à ces figures de proue et se figure qu’un Emmanuel Macron peut les en rapprocher. Tout à cette identification valorisante, ces patrons ne voient même plus l’imposture politique colossale que le leader d’En Marche! personnifie et qui devrait suffire à dégonfler sa baudruche, même si l’actuelle transhumance empressée des pachydermes socialistes qui le rallient toute honte bue est déjà à elle seule une terrifiante démonstration.

Macron prétend incarner une modernité radieuse alors qu’il est le rejeton tardif prétendument « émancipé » d’une génération politique qui n’a fait que mentir éhontément à son électorat initial.

Cette classe moyenne très supérieure ne veut pas voir le gouffre qui la séparera toujours de ses richissimes « modèles 3.0 ». Emmanuel Macron prétend incarner une modernité radieuse et généreuse alors qu’il est le rejeton tardif prétendument « émancipé » d’une génération politique qui n’a fait que se déconnecter d’avec le monde réel et mentir éhontément à son électorat initial, y compris sur le thème de la souveraineté nationale ou du patriotisme économique. Car il faut enfin évoquer d’autres gravissimes renoncements qui traduisent chez ce courant macroniste une idéologie tenant la défense de nos intérêts nationaux pour inutile voire nocive. Comment oublier en effet que notre « show man », alors secrétaire général adjoint de l’Élysée, a été l’un des principaux (p)artisans de la grande braderie des intérêts industriels français lors de la cession de la partie la plus rentable et surtout la plus stratégique du groupe Alstom – sa branche énergie – en décembre 2014 à General Electric, au terme d’une opération américaine de ciblage et de déstabilisation que l’Élysée a non seulement laissé faire mais finalement accélérée ? A cet égard, l’excellent rapport (ouvert) du CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement) de décembre 2014 mérite une lecture attentive. Âmes patriotes s’abstenir. Ces gouvernants, par naïveté ou dogmatisme occidentaliste, veulent ignorer la violence de la guerre économique entre nations, y compris alliées, peut-être parce qu’ils ne croient plus à celles-ci et sont incapables de prendre la mesure des enjeux – en l’espèce la lutte à mort pour la domination du marché mondial de l’énergie.

Après Alstom, et peut-être demain Technip, c’est aujourd’hui Airbus qui semble de plus en plus échapper à la France qui en a été pourtant à l’origine, au profit de l’Allemagne et derrière elle, des États-Unis et de la Grande Bretagne. La récente nomination d’un nouveau directeur technique d’Airbus Group américain et surtout ancien de la DARPA (Defense Advanced Research Program Agency – annexe du Pentagone en charge des techniques de pointe en matière d’armement: robotique, drones, satellites) laisse songeur et devrait allumer des clignotants à tous les étages du palais de l’Élysée. La réciproque serait inconcevable, les États-Unis ayant prudemment légiféré en ce sens. Désormais les fonctions majeures de la direction du Groupe Airbus sont donc noyautées par les Allemands, Américains et Britanniques. La direction de la Stratégie, déjà en retrait depuis la réorganisation du groupe opérée par Tom Enders en 2014, perd son encombrant et brillant directeur historique français et le tour est joué! Certes le siège est transféré à Toulouse. Pour nous faire plaisir, les Français étant notoirement plus sensibles aux symboles qu’aux réalités. Tom Enders a aussi créé Airbus Defense & Space (ADS), réunion d’Astrium et de Cassidian dont le siège est à Munich avec un management presque exclusivement allemand. La partie électronique de cette entité a été cédée au fond américain KKR alors même que Thalès était candidat. Un fonds qui a recruté en 2013 l’ex-directeur de la CIA David Petraeus… L’État français est pourtant actionnaire du groupe à hauteur de 11 % et Airbus est une création française qui doit son essor à des investissements publics très importants… du contribuable français. Mais dès que l’on parle d’intérêts nationaux, on est immédiatement taxé de pensée rétrograde, étriquée et chauvine. Pourtant qui ne comprend que l’évolution du pouvoir au sein d’un tel groupe est essentielle pour notre pays ? Rappelons que la désindustrialisation aidant, l’aéronautique représente aujourd’hui – sous-traitants inclus – le tiers de l’emploi industriel civil français.

Si la boue actuelle échoue à recouvrir totalement la campagne et à la neutraliser jusqu’au vote, il y a fort à parier que l’élection ne se fera pas (ou peu) sur des enjeux économiques directs

Ce ne sont que deux exemples parmi bien d’autres, mais ne nous y trompons pas: avec un Emmanuel Macron au pouvoir, c’est une idéologie globalisée qui risque de triompher définitivement. La France finira par devenir elle aussi « une forme vide », un village Potemkine-musée pour touristes aventureux et pour des Français que l’on gavera de blabla sur le « patriotisme économique » tout en défaisant tout ce qui a construit et manifeste encore notre puissance et notre influence. La pâte à modeler des populations et des territoires se substituera alors définitivement aux socles résilients du peuple et de la nation. « C’est le progrès, c’est l’avenir ! Ayez confiance ! » nous dira le jeune président.

Si la boue actuelle échoue à recouvrir totalement la campagne et à la neutraliser jusqu’au vote, il y a fort à parier que l’élection de notre prochain président ne se fera pas (ou peu) sur des enjeux économiques directs (chômage, croissance, impôts). Les électeurs croient de moins en moins aux promesses politiciennes, dans un sens comme dans l’autre d’ailleurs. Qu’on leur promette de l’argent sans effort ou des réformes sérieuses, ils semblent avoir une foi limitée dans la capacité de leurs représentants à agir en conséquence, ou dans celle d’un président à tenir avec autorité les remuants attelages gouvernementaux. Le choix sera vraiment celui d’une stature présidentielle, d’un homme capable de tenir bon sur des enjeux culturels et régaliens. Le premier d’entre eux, n’en déplaise aux prophètes enfiévrés du multiculturalisme hors sol, c’est celui de l’identité culturelle actuelle et souhaitable de la France, relevant de ce que l’on pourrait appeler le socle charnel, immatériel mais bien concret, de la Nation, ce qui fait que l’on « fait corps » collectif viable, et que l’on peut persister dans l’être et se différencier comme ensemble historique, culturel, politique et social par rapport aux autres acteurs étatiques. Ce sont donc les questions de la cohérence du projet de redressement et de la vision pour notre pays à horizon de 10 ans qui sont premières. Tout le reste en découle. Dans ce cadre, la question de ce que la France doit assumer et conserver de ses racines chrétiennes comme pôle référentiel implicite et structurant de toute notre réalité collective est centrale, et celle de la défense de notre souveraineté, celle enfin de l’indépendance et de notre projection comme État et comme puissance dans le monde sont cardinales. Cela peut paraître stratosphérique à certains mais nos concitoyens eux, font le lien entre l’immédiat et le lointain, entre le local et le global, entre le quotidien et l’horizon. Ils ont besoin de se sentir partie d’un tout plus grand qu’eux et sentent que l’efficacité sociale n’est possible que dans le cadre d’un projet national ambitieux. Peut-être leurs enfants n’auront-ils plus cette exigence et il faut s’en inquiéter, mais le socle actuel tient encore et la perception des menaces diverses est vive. Enfin la question sécuritaire au sens le plus large sera centrale: la place, la solidité, la capacité de défense et de contre-attaque de notre pays n’est pas un sujet réservé aux géostratèges. Cela concerne chacun d’entre nous. Pour l’heure, tout a été démoli avec une ahurissante désinvolture, un dogmatisme et une toute aussi grande morgue. Au terme de ce quinquennat dramatique, nous ne sommes plus écoutés ni attendus, encore moins espérés dans le monde. On nous voit comme des naïfs et des opportunistes. Beau bilan! Tout est donc à rebâtir et c’est impossible sans une idée claire et assumée de ce qui nous constitue, de ce qui doit être préservé et de ce qui fait la singularité française.

Cela ne se passera pas comme ça. Nous avons le choix. Pas seulement entre Charybde et Scylla.

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