Hamon dénonce une campagne électorale «polluée par l’argent»

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 Benoît Hamon. – Lionel CHAMOISEAU – AFP

Le candidat du PS a présenté ce jeudi matin son programme présidentiel, « le seul à même de rendre le quinquennat utile » selon lui. Ce projet a été enrichi des apports de ses adversaires de la primaire et davantage centré sur le travail et l’emploi.

A la traîne dans les sondages et lâché par Manuel Valls , Benoît Hamon espère reprendre la main avec la présentation ce jeudi matin de son programme présidentiel, un programme enrichi des apports de ses adversaires de la primaire et davantage centré sur le travail et l’emploi.

En préambule, le candidat du PS a dénoncé une campagne électorale «polluée par l’argent». « L’argent qui concerne une certain nombre de candidats, comme la présence dans les projets de certains candidats de l’influence des forces de l’argent », a-t-il souligné. « Nous vivons une crise où ce qui inspire les responsables politiques repose moins sur l’intérêt général que sur une somme d’intérêts particuliers que l’on veut satisfaire, et qui trouvent toujours une jolie place au chaud dans les programmes électoraux », a-t-il encore fustigé.

« Rendre le quinquennat utile »

Pour y faire face, le citoyen doit prendre « une décision entre trois types de projet », a détaillé l’ancien ministre de l’Education. « Le premier projet renvoie à un monde déjà mort : les guerres, les nationalismes en Europe…C’est celui de Marine Le Pen », a-t-il égréné. « L’autre projet revient à rester accroché à un monde qui s’éteint. Celui des libéraux, conservateurs ou moins conservateurs, qui privilégient la remise en cause de l’Etat-providence, la dérégulation…Ce sont les projets de M. Fillon et M. Macron », a-t-il poursuivi.

« Et puis il y a un troisième projet qui est à mes yeux le seul à même de rendre le quinquennat utile, utile pour le quotidien des Français, utile pour lutter durablement et efficacement contre le Front national », a-t-insisté. « C’est celui que je porte, d’un futur désirable, qui se propose de se projeter délibérément vers l’avant, qui voit le monde tel qu’il est et non tel qu’il fut. » « La transition écologique, la transition numérique et la démocratie sont au coeur de mon projet. C’est un véritable basculement « , a-t-il aussi défendu.

Le projet présidentiel reprend les piliers du projet qui a fait le succès de Benoît Hamon à la primaire de la « Belle Alliance populaire » : réforme démocratique (avec le 49-3 citoyen), ambition écologique, revenu universel d’existence. Mais le candidat socialiste à la présidentielle poursuit son effort pour crédibiliser ses propositions, et prouver que le « futur désirable » qu’il appelle de ses voeux est aussi « possible », et finançable en respectant la contrainte européenne des 3% de déficit maximum, au moins à la fin du quinquennat.

Dans le souci de rassembler son camp, Benoît Hamon a pioché dans les programmes d’Arnaud Montebourg, de Vincent Peillon, de Manuel Valls et de Sylvia Pinel, la présidente du PRG, avec qui le PS est parvenu à un accord cette semaine.

Comme annoncé la semaine dernière, le revenu universel d’existence , conçu comme une réponse à la raréfaction du travail, apparaît désormais comme une mesure pour soutenir le pouvoir d’achat des 19 millions de Français qui le toucheront : bénéficiaires actuels du RSA, étudiants, indépendants, salariés percevant jusqu’à 1,9 SMIC. Evaluée à 35 milliards d’euros pour sa première étape, la mesure sera financée grâce à une réorientation de 10 milliards d’euros des crédits alloués au CICE (Crédit impôt compétitivité et emploi) et au Pacte de responsabilité, et par du déficit (et non plus, comme Benoît Hamon l’affirmait dans la primaire, par une réforme de la fiscalité du patrimoine).

« Candidat de l’emploi »

Benoît Hamon entend aussi déminer les inquiétudes liées à sa fameuse « taxe sur les robots ». Loin d’empêcher l’innovation, celle-ci viendra abonder un « fonds de transition travail », dédié à financer la formation et le retour à l’emploi des chômeurs. « Cette contribution ne concernera que les entreprises dont la robotisation s’accompagne d’une réduction des effectifs », précise Benoît Hamon dans un courrier adressé à Sylvia Pinel et dont l’AFP a obtenu copie.

Autre mesure – reprise à Arnaud Montebourg -, la priorité accordée au Made in France et aux petites et moyennes entreprises, auxquelles 50% des marchés publics seront réservés. « Une mesure qui fait véritablement de la commande publique un levier à partir duquel nous pourrons stimuler le tissu économique local », explique le candidat dans « Le Parisien » de ce jeudi.

Ce n’est pas le seul emprunt de Benoît Hamon à l’ancien ministre de l’Economie, puisque le député des Yvelines promet aussi de taxer les superprofits des banques, et de renforcer le pouvoir des salariés dans les entreprises : ceux-ci représenteront la moitié des membres votants des conseils d’administration des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire.

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