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Par François Kersaudy

Kersaudy - Avec Macron, l'immobilisme est-il en marche ?
Les meetings de Macron de télévangéliste californien, avec bras en croix, cris hystériques et « je vous aime ! » lui auraient valu il y a quelques décennies un billet pour Charenton plutôt que pour l’Élysée

Le candidat d’En marche ! bénéficie d’une conjoncture extraordinaire. Mais s’il est élu, il n’aura vraisemblablement pas de majorité solide, note Kersaudy.

C’est entendu : Emmanuel Macron est jeune, beau, intelligent, entreprenant, poète, philosophe, et manifestement plus avenant que son homonyme romain*. Pour quatre raisons au moins, il bénéficie également d’une chance très peu ordinaire…

La première est sans doute celle qu’évoquait déjà un vieux maréchal en juin 1941 : les Français ont vraiment la mémoire courte. C’est qu’Emmanuel Macron, en tant que secrétaire général adjoint à l’Élysée, puis ministre de l’Économie jusqu’en août 2016, a inspiré et mis en œuvre le matraquage fiscal catastrophique du gouvernement socialiste ; or, les Français, pourtant impitoyables avec le président Hollande comme avec son Premier ministre, ont déjà oublié le rôle de Macron, et persistent à voir en lui un homme neuf. Bref, « une veine de pendu », pour reprendre la vieille expression du XIXe siècle.

« Une chance de cocu »

Sa seconde chance est due au contexte politique totalement déjanté de cette année électorale : par la grâce des scandales et la vertu des primaires, un véritable boulevard s’est ouvert devant lui depuis quatre mois. En éliminant Manuel Valls et en qualifiant Benoît Hamon, la primaire de la gauche a écarté un concurrent direct et promu un jeune extrémiste – handicapé de surcroît par une offre mélenchonienne très similaire dans son contenu, sinon dans sa forme. En éliminant Alain Juppé et en qualifiant François Fillon, la primaire de la droite a écarté un rival rassembleur et promu un rigoriste plus « clivant ».

Comble de félicité : à la fin de janvier, le scandale s’est invité au manoir des Fillon, et ses nombreux ricochets ont fatalement affaibli le châtelain sarthois, contraint à d’innombrables contorsions sémantiques et juridiques pour justifier (…)

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