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Le magistrat, qui a formulé une demande de mise en disponibilité, n’a pas attendu la décision du conseil supérieur de la magistrature pour s’engager activement dans la campagne du leader d’En Marche !.
Le juge Éric Halphen et son candidat à la présidentielle, Emmanuel MacronLe juge Éric Halphen et son candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron

Grand favori des sondages pour l’élection présidentielle et promoteur d’un « renouvellement démocratique », Emmanuel Macron avait reçu un soutien remarqué, début février, celui d’Éric Halphen. « C’est en-dehors de mes heures de travail que je soutiens Macron ! », prévient le magistrat, interrogé par LCP.fr. En effet, celui qui fut en charge de l’affaire des HLM de Paris est toujours en poste : il est aujourd’hui conseiller à la Cour d’appel de Paris. « J’ai fait une demande officielle de mise en disponibilité il y a trois ou quatre semaines », précisait-il mercredi matin sur Europe 1.

Une requête effectuée plusieurs semaines après ses premières sorties médiatiques en faveur d’Emmanuel Macron, début février, sur BFMTV, France Inter ou lors du meeting de Lyon du candidat. Du retard à l’allumage ? « Je ne vois pas où est le problème ! Mon soutien à Emmanuel Macron ne change strictement rien à l’exercice de ma profession, car je m’occupe d’affaires terroristes, pas d’affaires financières », avance le magistrat.

« Des magistrats en fonction travaillent pour la campagne de Fillon »

Aujourd’hui, Éric Halphen est donc toujours payé par le ministère de la Justice tout en faisant campagne pour Emmanuel Macron. « Renouvellement démocratique », vraiment ? « J’attends que le Conseil supérieur de la magistrature me donne cette disponibilité. Dans l’ordonnance de 1958, rien n’interdit à un magistrat de se présenter à une élection politique », assure-t-il.

Problème : l’article 10 de ladite ordonnance relative au statut des magistrats considère que « toute démonstration de nature politique est incompatible avec la réserve que leur imposent leurs fonctions. »« C’est vrai, répond Éric Halphen, mais la notion d’obligation de réserve a singulièrement évolué depuis cette époque. » Il cite notamment la juge Vichnievsky qui fut tête de liste écologiste lors des régionales de 2010 avec l’assentiment du procureur général de l’époque.

« Je suis heureux que des fonctionnaires aient des convictions politiques, se félicite Benjamin Grivaux, le porte-parole d’Emmanuel Macron. En revanche, évidemment, si Éric Halphen mettait en avant ses convictions politiques dans son travail de magistrat, là, évidemment, il faudrait être intransigeant ».

Agacé par ces questions, Éric Halphen contre-attaque et lance une pierre dans le jardin de François Fillon : « Tous les jours, je côtoie dans les couloirs du Palais de justice des magistrats qui travaillent pour la campagne de Fillon. Sauf qu’eux, ils ne le disent pas ! Moi, je suis transparent ! »

http://www.lcp.fr/

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