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François Fillon montre qu’il a peut-être encore les moyens et le ressort pour empêcher un duel Macron-Le Pen qui séduit une large partie de l’opinion, incarnés par son programme et sa majorité.

Un politique ne meurt jamais ! François Fillon a encore les moyens d’empêcher une finale Macron-Le Pen… Et voici pourquoi

Jean-Marc Sylvestre

La présidentielle pourrait se terminer par un couplé « Macron-Le Pen » . Et en finale, les sondages donnent Emmanuel Macron gagnant. La rumeur de la ville ne retient plus que cette hypothèse et les milieux d’affaires se sont résignés à ce scénario, même si beaucoup avaient misé sur un autre cheval. Sauf que François Fillon a encore de la ressource.

Une finale entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen a tout pour séduire l’opinion, les analystes, une grande partie de la presse et les chancelleries étrangères. Pour trois raisons :

1/ Emmanuel Macron et Marine Le Pen incarnent le renouvellement de la classe politique.

 Ils sont jeunes et nouveaux dans la course aux responsabilités. Même si Marine Le Pen a touché un héritage avec lequel elle occupe l’estrade, elle ne fait plus peur ;

2/ Emmanuel Macron et Marine Le Pen incarnent deux courants de pensée et de conception de l’action politique qui sont, non seulement diamétralement opposés, mais en dehors du clivage traditionnel de la droite et de la gauche.  

Emmanuel Macron a refusé de s’inscrire dans les logiques de droite ou de gauche. Quant à Marine Le Pen, elle a toujours fustigé une sorte de pacte entre les deux grands grands partis de gouvernement, l’UMP-PS ;

3/ Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’inscrivent dans un clivage très différent du clivage droite /gauche, et qui correspond à une réalité devenue tangible.

Emmanuel Macron considère que la clef du redressement passe par des politiques de compétitivité et des ouvertures sur le monde. Il prône donc une attitude complètement pro-business, pro-emploi. Une politique très européenne. Un modèle économique qui s’appuie complètement sur les forces de la globalisation, des effets positifs de la concurrence et les innovations technologiques. On a là toutes les composantes d’une politique de l’offre.

Marine Le Pen, elle, considère que le mal absolu, c’est la mondialisation, l’ouverture des frontières et l’Europe. Elle veut donc organiser une protection des Français et de la France. Restaurer les frontières, les droits de douane, et sortir de l’euro. Donc pour Marine le Pen, la clef du redressement, c’est la protection du consommateur par le souverainisme.  On a là tous les ingrédients d’une politique de la demande.

Si on reprend, les postures, les mots et les promesses, une finale entre Le Pen et Macron a de quoi servir de tête d’affiche au spectacle que la presse veut mettre en scène et que finalement, l’opinion attend pour placer Emmanuel Macron à l’Elysée. C’est un peu une forme actuelle de la sempiternelle question des anciens et des modernes. Des progressistes et des conservateurs. De ceux qui entrent de plein pied dans une économie mondiale effervescente et ceux qui préfèrent se protéger de cette modernité qui change tout et trop vite.

Le scénario est parfait. Parfait, sauf qu‘il lui manque deux modules indispensables pour être crédible et cohérent.

Le premier est politique. Ni Marine Le Pen, ni Emmanuel Macron n’ont de majorité au Parlement pour gouverner. Ils seront donc obligés de constituer une coalition ou alors d’accepter une cohabitation avec les chefs de courant.

Le deuxième déficit concerne l’absence de programmes précis, chiffré et cohérent, d’une part avec la situation française, et d’autre part avec les contraintes de l’environnement international.

Le seul candidat à la présidentielle qui a présenté un programme de redressement du pays est évidemment François Fillon. Alors, c’est évidemment un programme qui dérange beaucoup d’intérêt corporatistes, mais c’est le seul dont une majorité de Français et la plupart des experts considèrent que face à la dette, face aux enjeux mondiaux et technologiques, il tenait la route.

Tout a été fait aujourd’hui pour décrédibiliser le candidat Fillon, y compris ses propres erreurs et ses propres maladresses. La campagne de déstabilisation a été, c’est vrai, terrible. Elle aurait pu le mettre hors jeu, ou même l‘abattre.

Or François Fillon est encore debout. Pourquoi ? Pour deux seules raisons :

1/ la qualité de son programme ;

2/ la perspective d’avoir une majorité qui a accepté ce programme lors de la primaire.

Le programme et la majorité :  les deux éléments sur lesquels il pourrait reconstruire sa crédibilité. 

http://www.atlantico.fr/decryptage

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