Mossoul : Les États-Unis se désolent, mais ne s’excusent pas

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Le quartier d’Al-Jadida à Mossoul. /REUTERS  © YOUSSEF BOUDLAL

Ces frappes ont été qualifiées de «terrible tragédie» par Washington. Alors que le nombre de victimes reste difficilement estimable, une enquête a été ouverte

Selon des responsables irakiens et des témoins, des raids aériens ont tué de nombreux civils dans le quartier de Mossoul Al-Jadida ces derniers jours. Le nombre de victimes, entre des dizaines et des centaines selon les sources, n’a pas pu être vérifié de source indépendante.

Dimanche, des membres de la défense civile et des volontaires se sont affairés à retirer des corps des gravats dans ce quartier, où au moins six maisons ont été totalement détruites, a constaté un photographe de l’AFP.

L’armée irakienne et la coalition internationale menée par Washington procèdent à des bombardements sur Mossoul-Ouest pour appuyer les troupes au sol qui tentent depuis février, après avoir repris la partie orientale de la ville, de chasser les djihadistes de la partie occidentale de leur dernier grand bastion urbain en Irak.

Des mesures exceptionnelles seront prises pour éviter les pertes

La coalition a reconnu samedi avoir procédé à un raid aérien le 17 mars dans un secteur de la ville où des pertes civiles ont été rapportées, sans préciser de quel secteur il s’agissait. Elle a indiqué qu’elle menait une enquête pour vérifier si des civils avaient été tués par ce raid.

Au début du mois, elle avait jugé «probable» qu’au moins 220 civils aient été tués «involontairement» dans ses frappes aériennes contre l’EI en Irak et en Syrie depuis 2014.

«Nous continuerons de prendre des mesures exceptionnelles pour éviter de frapper les civils», a déclaré dimanche dans un communiqué le général Joe Votel, chef des forces américaines au Moyen-Orient, qualifiant la mort de nombreux habitants de Mossoul de «terrible tragédie».

«Le combat à Mossoul est difficile» du fait de l’imbrication des djihadistes dans la population civile, a-t-il précisé. Selon lui, les forces irakiennes et la coalition ont «pris des mesures délibérées pour réduire au maximum les souffrances» de la population.

Les citoyens utilisés comme «boucliers humains»

Plus de 200 000 habitants ont pu fuir Mossoul-Ouest depuis un mois d’après les autorités irakiennes. Mais environ 600 000 personnes se trouvent encore dans les secteurs tenus par l’EI, dont les deux tiers dans la vieille ville, selon l’ONU.

L’EI «a commencé à utiliser des citoyens comme boucliers humains et nous essayons de les viser avec des snipers», a indiqué dimanche à l’AFP le porte-parole du Commandement des opérations conjointes, le général Yahya Rasool. Les forces irakiennes ont recours à des «armes légères et moyennes, dont des fusils utilisés par des tireurs embusqués, pour chasser» les djihadistes cachés au milieu des civils, a-t-il expliqué. Mais depuis des semaines, elles ont également tiré des obus de mortier et lancé des roquettes, des armes qui exposent les civils à des risques bien plus grands.

Le général Rasool a par ailleurs accusé les djihadistes de rassembler des civils et de faire exploser un véhicule piégé à proximité d’eux pour faire croire que «les forces irakiennes ciblent des civils innocents».

Il a toutefois expliqué que le ministère de la Défense avait ouvert une enquête sur les raids aériens à Mossoul qui ont débouché, selon des témoins et des responsables, sur la mort de civils.

L’ONU a de son côté appelé les forces impliquées à Mossoul à «tout faire» pour protéger les civils alors que les combats se concentrent près de la vieille ville, un dédale de rues densément peuplé.

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