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Philippe Bilger

Il y a des réputations politiques qui se défont à une vitesse vertigineuse.

Et d’autres qui résistent à tout.

Le soutien de Dominique de Villepin – contre François Fillon – à la cause d’Emmanuel Macron est annoncé (Le Parisien) et cette nouvelle fait grand bruit. Il paraît que cela donnera du poids, sur le plan régalien, au programme de ce candidat qui attire tous ces intrépides qui, quasiment au dernier moment, volent au secours d’une victoire qu’ils espèrent certaine.

Dans les débandades comme dans les opportunismes, il y a quelque chose de pathétique qui éclaire non seulement la politique mais l’humanité, ses variations et ses calculs.

Pour Dominique de Villepin, m’amuse le fait que depuis son discours à l’ONU contre la guerre en Irak, de l’eau peut couler sur tous les ponts, d’étranges revirements se produire, des manoeuvres pas claires du tout se faire jour, des haines miraculeusement laisser place à des réconciliations, des soupçons, doutes et interrogations apparaître, le soufre surgir au sein du flamboyant, l’argent ne pas manquer, le Qatar, encore lui, s’immiscer dans une trajectoire française, rien n’y fait.

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Dominique de Villepin est définitivement sanctifié parce que, sous l’autorité de Jacques Chirac, il a su donner grâce au verbe – sans doute à partager avec Bruno Le Maire – une image conquérante de la France à partir pourtant d’une abstention et d’un repli. Le pouvoir des mots, la capacité d’atteindre l’universel grâce à une position singulière.

On n’en finit pas de permettre à Dominique de Villepin de jouir indéfiniment d’un crédit ancien.

Pour le reste, sur le plan de la politique internationale, il enjoint, sermonne, semonce, avertit, avec toujours l’invocation du dialogue et du multilatéralisme comme s’ils étaient faciles dans le monde d’aujourd’hui, avec une assurance qui fuit le concret et parfume ses entretiens de généralités humanistes et splendides, sans l’ombre d’un mode d’emploi.

Qu’importe.

Dominique de Villepin a prononcé un discours à l’ONU le 14 février 2003 et il va rallier Emmanuel Macron en 2017.

Quatorze années qui n’ont pas ébréché la statue.

C’est magique.

http://www.philippebilger.com/blog/

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