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Par Delphine Legouté

Elle multipliait les sous-entendus élogieux et lui prodiguait en coulisses quelques conseils pour la présidentielle, mais Ségolène Royal a finalement décidé de ne pas soutenir publiquement Emmanuel Macron : « Je ne participerai pas au feuilleton des ralliements ». Lui, a déjà fait savoir qu’elle n’aurait pas participé à un éventuel gouvernement…

Il est loin le temps où Ségolène Royal sous-entendait avec un large sourire qu’elle pourrait voter pour un candidat non issu de la primaire, et où elle semait, lentement mais sûrement, des petits cailloux en faveur d’Emmanuel Macron. Celle qui assurait il y a encore un mois qu’elle attendrait le début de la campagne officielle, « en tout cas pas avant le 23 mars« , pour « intervenir dans la campagne« , celle qui disait savoir mi-janvier que sa parole avait « un poids » et qu’elle « utiliserait cette capacité pour aider celui qui sera en meilleure posture pour rassembler« , tient désormais un tout autre discours.

Drapée dans son statut de « femme internationale », la ministre de l’Environnement a froidement expliqué sur LCI ce 26 mars qu’elle ne « participerait pas au feuilleton des ralliements« . « Mon rôle aujourd’hui, dans la déliquescence du débat politique, moi qui ai déjà été candidate, qui a un long parcours politique, qui me suis fortement impliquée dans les problèmes planétaires, c’est peut-être de contribuer à élever le débat« , a-t-elle ajouté. Il ne faudrait pas qu’au feuilleton des affaires succède le feuilleton des ralliements. Ça existe, c’est logique, dans toute campagne. S’il n’y a plus que ça, mais où est le débat d’idées ? Il faut monter l’exigence. »

Je ne participerai pas au feuilleton des ralliements

Ségolène Royal

Que s’est-il passé entre la fin 2016, lorsque Ségolène Royal prodiguait en coulisses des conseils à Emmanuel Macron, et ce début d’année 2017, où elle refuse d’appuyer le moindre candidat ? D’abord, la ministre a besoin de prendre de la hauteur par rapport au débat national. Elle a en effet récemment déposé sa candidature à la direction du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), la plus grande agence de l’ONU, basée à New York. Celle qui a organisé la COP21 garnit un peu plus son CV climato-compatible en publiant un livre, Manifeste pour une justice climatique. Les chamailleries d’appareil franco-françaises ne rentrent donc plus vraiment dans sa stratégie.

Et puis Emmanuel Macron lui-même a semblé acter son non-ralliement. « Nous, on ne veut pas des autres socialistes. On veut Le Drian, puis on attend les gens de droite« , résumait son entourage ce week-end dans le JDD. Le candidat d’En Marche sélectionne minutieusement la couleur de ses nouveaux soutiens. Son escarcelle désormais bien remplie à gauche, il préfère afficher l’arrivée de personnalités du centre ou de la droite. Ainsi ne tarit-il pas d’éloge lorsqu’il s’agit d’aborder le possible ralliement de Dominique de Villepin, un homme pour qui il a « beaucoup d’estime« . En revanche, interrogé récemment sur le profil de Marisol Touraine et de Ségolène Royal, il répondait : « Il y a une promesse de renouvellement et d’alternance, j’ai beaucoup de respect pour ces deux femmes politiques mais elles n’ont pas vocation à avoir de responsabilités dans un gouvernement qui serait le mien car il faut faire monter de nouveaux talents, de nouvelles figures politiques. » Et d’ajouter : « Ségolène Royal l’a dit, elle veut aller vers d’autres cieux que la politique nationale. » A l’amiable ou non, le divorce semble bel et bien consommé.

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