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Discours à Nantes

 

Mes amis, mes chers compatriotes

Quel plaisir d’être avec vous, à Nantes au milieu de ceux qui me connaissent depuis si longtemps.

Merci aux élus…

Cela me fait chaud au cœur de vous sentir à mes côtés alors que nos adversaires redoublent d’effort pour multiplier jusqu’à la caricature les manœuvres, les intox, les bassesses et les coups bas.

Sans doute, espèrent-ils ainsi nous faire taire.

Allons-nous les laisser faire ?

Allons-nous les laisser vous voler cette élection ?

Ils nous veulent à genoux nous sommes et nous serons toujours debout.

Aucune intimidation ne fera plier notre volonté alors que depuis plus de deux mois, le plus incroyable système de dénigrement mis en place sous le Ve République tourne à plein rendement.

En dépit de la situation économique, en dépit de la montée des périls extérieurs et alors même que des attentats continuent de se perpétuer sur notre territoire.

C’est bien d’ailleurs la seule chose qui les intéresse encore, qui parvient à les sortir de leur long sommeil.

Car rien, oui rien, apparemment ne leur paraît plus important, plus urgent que de me briser et du même coup, briser votre légitime espérance en une alternative franche et claire, oubliant que vous êtes le peuple souverain. Et que vous, et vous seuls, êtes maîtres de vos choix.

Faut-il, au passage, que le système soit peu convaincu des performances de son champion qui n’a pas terminé sa mue politique.

Faut-il que ce dernier soit fragile en dépit du tapis rouge qui lui est quotidiennement déroulé et avec quelle complaisance !

Faut-il qu’ils doutent de son programme, vite fait sur un coin de table après avoir regardé par-dessus l’épaule des autres candidats. Un programme qui a tout d’un manteau d’Arlequin et pas grand-chose à voir avec un projet pour redresser la France. Comme si la politique pouvait se résumer à un questionnaire à choix multiple !

Faut-il que l’inquiétude monte dans leurs rangs pour se livrer à cette débauche de propagande, à cette ivresse de calomnie !

J’avoue que j’ai participé à un certain nombre d’élections mais je n’en ai jamais vu où l’exécutif, et ce à quelques jours du scrutin, accroché à ses privilèges, mobilisait autant d’énergie pour demeurer en place.

Mes chers amis, je vous le demande non sans une certaine solennité : pouvait-on en effet imaginer un jour que des responsables politiques et ce – au plus haut niveau de l’Etat – réclamerait, à corps et à cris, le retrait pur et simple à cette élection présidentielle du candidat portant les valeurs de la droite et du centre, de votre candidat ? Et à quel titre si ce n’est celui du bon plaisir ?

Oui, ils ont osé demander l’élimination, avant même le vote, de la principale famille politique de ce pays. Qui plus est, la seule à pouvoir assurer une majorité stable pour conduire les réformes dont ce pays a si urgemment besoin !

Décidemment Monsieur Hollande et son dauphin Monsieur Macron ont une conception bien singulière de l’intérêt général.

Quel culot ! Quelle extravagance !

Pouvait-on imaginer pareille forfaiture, pareil manquement au respect de la démocratie il y a encore un an ? Un tel mépris pour ces primaires où se sont exprimés des millions de nos compatriotes !

Il est vrai que lorsqu’on voit le sort qu’ils ont réservé à leur ancien ami, Monsieur Hamon, qui a remporté de haute lutte les primaires de cette gauche plurielle devenue une gauche plus rien, on voit qu’ils sont prêts à tout pour que d’une manière ou d’une autre, le fantôme de l’Elysée puisse jouer les prolongations.

C’est que rien d’autre ne compte à leurs yeux, tout gêneur doit être écarté, comme tant d’autres, comme le PS, lui-même, qui a servi de marchepied au chef de l’Etat avant d’être repoussé d’un coup de talon.

Faut-il qu’ils se croient tous puissants ces importants impotents qui n’ont même pas eu le courage de se présenter directement à cette élection, qui n’ont même pas eu le courage de laisser les Françaises et les Français juger un quinquennat qui a abaissé la France et appauvrit nos concitoyens. Il est vrai qu’ils connaissaient d’avance quel serait le verdict.

Et on se demande jusqu’où ira leur audace. Peut-être jusqu’à mettre en pratique la fameuse boutade de Brecht. Parvenu à ce stade, ne serait-il pas plus simple pour eux de dissoudre carrément le peuple et d’en élire un autre ?

Voilà qui aiderait, peut-être, je dis bien peut être, leur candidat. Mais ce serait une illusion de plus car, ce soir, quand j’entends et je vois votre force, votre détermination, je suis plus que jamais persuadé de notre victoire.

Mes chers amis, je puise ici une formidable énergie.

Et je ne peux pas être à Nantes et oublier combien cette ville est liée pour toujours à une des plus belles pages de notre Histoire, de ce grand récit national qui existe bel et bien, n’en déplaise à ses détracteurs, à ceux qui veulent déconstruire l’histoire pour déconstruire la nation.

Je veux parler de l’édit de Nantes, symbole de la tolérance, de la paix entre catholiques et protestants mais surtout symbole de la concorde entre tous les Français.

Plusieurs enseignements sont à tirer de cet événement qui a marqué notre conscience collective.

Le premier enseignement est qu’il ne faut jamais laisser revenir le spectre des guerres de religion dans notre pays. Jamais !

Nous avons trop souffert dans notre histoire de ces conflits aussi vains que sanglants qui ont dressé des Français contre d’autres Français pour permettre aux fauteurs de troubles d’introduire la discorde parmi nous.

J’adresse un avertissement à tous ceux qui, pour des enjeux politiques dérisoires, veulent laisser sciemment s’installer ici une atmosphère de guerre civile tout en niant attiser les braises de la dissension. Ils me trouveront sur leur chemin.

Je l’ai toujours affirmé : Ceux qui croient comme ceux qui ne croient pas, ont toute leur place dans la France que nous voulons, dans la nation que nous aimons.

Dans la France que nous voulons, il ne peut pas y avoir de citoyen de seconde zone

Mais dans la France que nous chérissons, il ne peut y avoir non plus de droits autres que ceux issus des lois de la République. La laïcité que certains s’empressent de vouloir recouvrir d’un adjectif qui dénature son sens véritable n’est pas une religion, c’est un cadre qui délimite et garantit précisément cette vie en commun.

Le second enseignement est que ceux qui dirigent le destin de notre pays doivent précisément veiller à être les gardiens de cette vie en commun.

Ils doivent se hisser au-dessus des intérêts particuliers, des partis, des lobbys et des communautarismes et être les garants de cette précieuse unité nationale.

Vous le savez, cet édit de Nantes, ce traité de tolérance, fut l’œuvre d’Henri IV, une des plus hautes et des plus belles figures de notre Histoire qui durant plus de vingt ans guerroya contre les fanatismes de son temps et refusa la division du royaume.

On ne devient pas responsable d’un grand pays comme la France sans avoir été attaqué, injurié, écorché par ses adversaires. Plus près de nous, de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy… Tous furent des cibles mais les qualités requises pour exercer le pouvoir diffèrent selon que l’on se trouve dans une période de crise ou une période de prospérité.

Aujourd’hui, on n’hésite pas à mettre ma vie à l’épreuve. On la décortique dans tous les sens, on l’étale, on la dissèque, sans aucune pudeur, sans aucun respect pour ce qui jadis s’appelait la présomption d’innocence.

Des belles âmes se sont émues parce que j’ai évoqué le souvenir de Pierre Bérégovoy lors de l’émission politique sur France2. Alors je le redis calmement et fermement : Bérégovoy n’était pas du sérail et il fut bien « livré aux chiens » pour reprendre l’expression du président de la République de l’époque.

Et parmi ceux qui s’émeuvent de cette référence combien participèrent à cette curée politique et médiatique !

Alors aujourd’hui, je dis aux Français : ne me jugez pas d’après les actes d’accusation de ces nouveaux inquisiteurs mais jugez-moi sur mon parcours.

la France ; 36 ans à parcourir nos villages et nos villes ; 36 ans de rencontres avec les Français, face à leurs espoirs et leurs colères ; 36 ans de projets, d’idées, d’affrontements intellectuels. 36 ans de combat, avec des victoires, avec des défaites. J’ai connu les salles pleines et la solitude des préaux d’école, en compagnie d’une poignée de militants.J’ai assumé les plus hautes fonctions, croisé les grands de ce monde, mais je sais aussi plus que d’autres qui trouvent « dépassé » la fonction de député et le suffrage universel, la détresse de mes compatriotes qui me sollicitaient et que j’aidais au mieux que je le pouvais.

Je viens de loin, je suis un patriote.

J’ai pu faire des erreurs, je le reconnais volontiers, mais qui n’en a pas fait ? Ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs ne sont pas nécessairement les êtres les plus justes ni les plus solides.

L’Histoire nous apprend que les peuples se plaignent rarement dans les temps difficiles d’un excès de courage, de clarté ou de volonté.

Durant les périodes de paix et de prospérité, un homme comme Churchill était, au mieux oublié, au pire déconsidéré.

Or, comme nous le rappelle les attaques sur notre sol et l’attentat de Londres, frappant le premier Parlement, dans l’histoire européenne, nous sommes entrés dans des temps sombres.

Voilà pourquoi cette élection n’est pas une question de casting, comme on s’acharne à vouloir vous le faire croire. Jugez-moi sur mon parcours et jugez-moi sur mon programme.

 

Ce programme, il a été conçu avec vous et non avec des notes de ces experts en antichambre coresponsables de l’état de faillite dans lequel se trouve notre pays.

Pendant trois ans, j’ai sillonné la France à la rencontre de vos espoirs et de vos colères, de vos joies et de vos déceptions. De ce nouveau cahier de doléance, de ces états généraux, j’ai tiré une feuille de route avec une obligation en tête : faire, enfin !

Convaincu qu’aucune réforme ne peut être menée à bien si l’on ne donne pas clairement le but à atteindre.

J’ai bien conscience, mes chers amis, qu’à chaque échéance les responsables politiques demandent aux Françaises et aux Français de nouveaux sacrifices et qu’en dépit de tous les efforts produits, ces derniers n’ont jamais l’impression d’avancer.

La France a été victime depuis des décennies d’une double trahison. Celle provenant de tous ceux qui se sont servi de la dette publique pour masquer leur manque de courage et celle des élites financières qui ont refusé de réguler les crédits privés parce qu’ils étaient préoccupés de leurs seuls profits.

Or, je suis le seul candidat à m’engager sur un double objectif : Retrouver le chemin du plein emploi et faire de la France d’ici dix ans, la première puissance européenne.

Mes amis, le chômage structurel qui mine notre pays est un sujet trop grave pour être abandonné aux joueurs de flûte ou aux apprentis sorciers.

Moi, je n’esquive pas. Je ne louvoie pas. Je propose une vraie transformation économique et sociale rendue de plus en plus difficile par cette dette insoutenable que nous traînons comme un boulet.

Je veux nous libérer des normes, des contrôles qui paralysent l’activité, tuent les initiatives, dissuadent l’investissement.

La meilleure politique sociale, c’est celle qui donne du travail.

Et la seule politique qui donne du travail, c’est celle qui mise sur la liberté.

Car la liberté n’est pas seulement moralement juste, elle est aussi, économiquement efficace. C’est en libérant tout le potentiel de la créativité humaine que nous parviendrons à inventer, innover, nous dépasser. Nous n’avons pas de leçon à recevoir des américains. Je rappellerai juste que de ce point de vue : « Entrepreneur » est un mot d’origine française !

C’est cette liberté qui va vous permettre de profiter de la révolution numérique, une révolution qu’il ne faudra pas subir comme le propose Monsieur Macron mais maîtriser pour qu’elle œuvre au profit de tous et non d’un tout petit monde de privilégiés parisiens.

C’est cette liberté qui va déverrouiller le marché de l’emploi ; c’est cette liberté qui va donner aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux artisans, aux jeunes qui ont le cœur vaillant, le goût de se battre pour réussir leur vie.

Je veux une France productive, une France réconciliée avec le travail et l’audace. Je ferai tout pour gagner la bataille ce combat du plein emploi.

Pour cela, il faut que nos entreprises puissent se déployer, investir, embaucher.

Il faut que nos startups puissent trouver des financements et se développer sans être freinées par un monceau de contraintes inutiles. Je veux libérer l’activité de tous les secteurs qui ont été bloqués par le matraquage réglementaire et fiscal : l’agriculture, l’industrie, les services, la construction.

Je réduirai de 40 milliards les charges sociales des entreprises qui pèsent sur le coût du travail et sur la feuille de paye des Français.

Je supprimerai définitivement les 35 heures avant d’éviter que s’installent un peu partout des usines à gaz sources d’injustice comme nous le propose le candidat du Sur Place !

J’alignerai la fiscalité du capital sur celle de nos voisins allemands car je préfère que les investisseurs français investissent en France plutôt qu’ailleurs. Parce que la France est un pays souverain et je n’aime pas que notre nation se prosterne devant les fonds de pensions étrangers.

Je veux réformer le RSI.

Non pas l’aligner sur le régime général, comme le propose M. Macron, ce qui aurait pour conséquence d’augmenter de plus de 30% les charges des commerçants, des artisans et des indépendants : mais constituer une véritable caisse de protection des indépendants.

Je veux généraliser l’apprentissage, pour que les jeunes puissent apprendre au sein du monde du travail. De même je veux créer le statut de travailleur indépendant, développer le statut d’autoentrepreneur et refonder la formation professionnelle.

Libérer nos potentiels, simplifier, alléger, moderniser : voilà comment nous allons relancer l’économie et ranimer l’espoir.

Cette vision que j’ai pour la France, elle s’applique aussi à la mer, à l’économie maritime. Je veux en dire quelques mots, ici, à Nantes, cette ville qui est tournée vers l’océan depuis des siècles.

Quel extraordinaire atout que notre domaine maritime !

Quel courage et quelle force il a fallu à ces générations de marins, de pêcheurs, d’ingénieurs, d’explorateurs pour édifier cette grande nation maritime qu’est la France ! !

Nous pouvons être fiers de notre économie maritime, de nos métiers, de nos technologies, de notre culture de la mer.

Ils sont le fruit de plusieurs siècles de passion et de dialogue intense avec l’océan. Ils nous ont été légués par des hommes qui n’avaient pas froid aux yeux et qui ont toujours repoussé les limites du possible.

Cet héritage n’est pas un vestige du passé. C’est une réalité plus vivante que jamais. La France s’est aussi construite par la mer, et son avenir passe aussi par la mer !

L’économie de l’océan est en pleine croissance. Elle crée de multiples emplois, avec des activités dynamiques comme l’aquaculture marine, la transformation du poisson, la construction et la réparation navales.

Elle connaît une mutation technologique qui fait émerger de nouvelles filières industrielles prometteuses, notamment en matière de ressources minérales marines, d’algoculture, de biotechnologies marines, d’éoliennes offshore.

Je veux faire de la France un leader de l’exploitation des ressources marines biologiques.

Dès l’été prochain, nous lancerons des états généraux pour refonder les politiques de la pêche et de l’aquaculture, en réduisant les contraintes administratives, pour que les professionnels puissent réellement vivre de leur activité.

Nous devrons aussi relever le défi majeur du Brexit qui remet en cause l’équilibre fragile des droits de pêche entre les différents partenaires européens.

40% des prises des pêcheurs français sont effectuées dans les eaux britanniques, il est donc absolument vital que la France pèse de tout son poids dans les négociations, pour préserver nos activités de pêche.

Nous avons la chance d’avoir, dans le domaine de la construction navale, des fleurons nationaux comme les Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, dont l’avenir suscite des inquiétudes.

Je demande au gouvernement de trouver rapidement un accord qui permette de sécuriser un poids suffisant de l’Etat au capital, et qui garantisse sa capacité à participer à toutes les décisions importantes en termes d’investissement et de localisation de l’activité.

S’il n’était pas possible de parvenir à un tel accord dans les délais contraints auxquels nous sommes soumis, j’estime que l’Etat ne devrait pas s’interdire d’exercer son droit de préemption, le temps de définir avec plus de sérénité une stratégie industrielle adaptée.

Ce gouvernement a aussi laissé s’accumuler un retard inacceptable en matière d’infrastructures portuaires. Il est temps de moderniser nos ports !

Je veux leur donner une dimension plus commerciale, diversifier les trafics, mettre en place un véritable guichet unique portuaire, généraliser l’auto-liquidation de la TVA, dématérialiser les procédures douanières. Bref, tout l’inverse de l’immobilisme des années Hollande !

Ces exemples nous rappellent qu’en matière de politique maritime, comme dans beaucoup d’autres domaines, l’Etat a souvent du mal à fixer des priorités et à les mettre en œuvre.

Notre gouvernance maritime n’est pas à la hauteur des enjeux. Elle est illisible, déséquilibrée, bloquée.

Nous allons mettre de l’ordre dans ce fouillis.

Je propose de créer une « Alliance pour la Croissance Bleue » sur le modèle de « l’Alliance Industrie du Futur », qui a fait la preuve de son efficacité.

Elle construira, avec l’Etat, une stratégie pour l’économie maritime de notre pays. Et elle en assurera le déploiement, pour que les choses progressent enfin.

Mais nous devons aussi mieux protéger cet immense domaine maritime et les personnes qui en ont la charge.

Je souhaite développer la recherche scientifique pour améliorer notre connaissance des milieux marins et de leur infinie fragilité. Nous devons lutter de manière déterminée contre toutes les pollutions, et mieux concilier économie maritime et environnement marin. Rappelons-nous toujours que nous dépendons de la santé des mers et des océans.

Je souhaite que l’Etat se dote de moyens de surveillance plus modernes pour protéger nos espaces maritimes et nos ressources, particulièrement en Outre-mer.

Et je veux assurer un financement pérenne de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) dont l’engagement sans faille des 7 000 bénévoles sauve chaque année des milliers de personnes.

Je souhaite enfin que nous soyons davantage à la hauteur du rôle mondial que nous confère notre exceptionnel domaine maritime.

Pourquoi la Chine, la Russie, le Canada, la Norvège, l’Inde et les Etats-Unis ont-ils une vraie stratégie de diplomatie maritime et pas nous ? Je renforcerai notre capacité d’influence dans les organisations internationales, au service de nos intérêts maritimes.

Au plan européen, nous prendrons le leadership pour reconstruire une politique maritime européenne ambitieuse tout en protégeant mieux nos intérêts nationaux.

La mer est un secteur économique et un patrimoine environnemental. Mais elle est aussi une magnifique culture, un ensemble de traditions et de valeurs. Elle est un héritage symbolique, le socle d’une communauté humaine.

Mes amis,

C’est d’abord en réformant en profondeur notre pays que nous lui donneront les moyens de son ambition.

Et j’affirme que celle-ci est grande.

Je ne dis pas seulement cela en raison de ma volonté de redonner aux Français la fierté de ce qu’ils sont, même si la confiance en soi est une nécessité absolue, mais aussi parce que l’Europe a besoin de notre puissance et de notre capacité d’initiative pour sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve.

Et parce que le monde a besoin aussi de nous. Je n’ai pas peur de l’affirmer.

La France, aujourd’hui plus que jamais en ces temps troublés, manque cruellement au monde et le monde a besoin de la France.

Il a besoin de notre capacité à brandir au plus haut le flambeau de la liberté et à dissiper les ténèbres du fanatisme et de la barbarie, à montrer qu’il existe une autre voie possible qui nous permette d’échapper à cette malédiction du chiffre 2, à cet affrontement binaire entre le populisme démocratique des uns et le repli identitaire des autres.

Ces derniers temps, il a été beaucoup question de l’identité de notre pays. Je le comprends. Je ne sais pas si notre identité est heureuse ou malheureuse, ce que je sais, en revanche, c’est qu’elle est menacée.

Je le comprends d’autant plus nous sommes entourés de pêcheurs en eau trouble, qui s’emploient à entretenir le flou et l’ambigüité, à naviguer au gré des courants et des vents, reprenant d’un côté ce qu’ils donnent de l’autre.

Et pendant ce temps, s’étend une insécurité pesant sur les personnes physiques ou découlant de la situation économique, mais aussi une véritable insécurité culturelle dans notre pays.

Cette insécurité culturelle qui touche tous ceux, et ils sont de plus en plus nombreux, qui se sentent abandonnés, qui se sentent délaissés, mis sur le bas-côté de la route par la mondialisation, par l’Europe ou par le système.

Parce qu’ils ont le sentiment légitime que ce dernier ne crée plus assez de richesses, plus assez d’emplois, mais que par contre il produit toujours plus de misère, toujours plus d’impôts, toujours plus de dettes, toujours plus de bureaucratie.

A tous ces Françaises et ces Français je leur dis : nous allons redonner à la France un rang qui lui permettra de réorienter l’Europe mais aussi de peser sur une scène internationale de plus en plus instable.

Mais pour que notre pays fasse à nouveau entendre sa voix : il faut qu’il retrouve sa puissance économique. C’est l’urgence absolue. Tout le reste est mensonge.

Avez-vous remarqué combien, en dépit de sa présence de plus en plus grande sur des théâtres d’opération militaire, notre pays est le parent pauvre des grandes conférences internationales ? Parfois invité en bout de table et le plus souvent oublié ?

Je ne sais pas si Monsieur Hollande a été un président normal mais il a fait de notre pays une nation « normale », c’est à dire excessivement moyenne.

Cette question essentielle du redressement économique, on la retrouve également dans la lutte que nous avons à mener contre le totalitarisme islamique, la plus grande menace à laquelle nous sommes confrontés depuis plusieurs décennies.

Pour retrouver les moyens de la combattre, on ne peut plus se contenter de dire « l’intendance suivra ».

Une économie saine et solide est le nerf de cette guerre.

Qu’il s’agisse de redresser notre économie, de retrouver le plein emploi, de redonner aux Français des raisons d’être fiers de leur pays, de refonder l’Europe, de réguler la mondialisation ou d’éradiquer l’islamisme, tout se tient, c’est une vision globale que je défends.

Une vision qui reprend au plus près la devise de la République : liberté, égalité, fraternité.

Cette devise nous l’enrichissons de trois valeurs : l’autorité, la transmission et la souveraineté.

L’autorité parce qu’elle nait naturellement de la rencontre de la volonté, du courage, de la clarté, de la cohérence de notre engagement.

L’autorité parce que nos compatriotes sont épuisés de tant de laxisme, de démissions et d’accommodements déraisonnables avec ce qui entreprend depuis des décennies un travail de sape à l’encontre de nos institutions et plus largement de notre République.

Au risque de paraître politiquement incorrect, j’affirme que lorsqu’un Etat exerce son autorité, il a toute légitimité pour le faire puisqu’il intervient pour protéger ce qui constitue les fondements même de nos sociétés. Aussi pour tous les citoyens, cet exercice devrait « aller de soi ».

C’est une question de simple bon sens.

Le contraire de l’autorité n’est pas le laxisme, c’est la violence qui s’oppose à la force publique.

Lorsqu’un territoire de la République à deux pas d’ici est occupé depuis des années par des hors la loi en dépit des décisions de justice, des élections démocratiques et même du résultat d’un référendum, c’est l’autorité de l’Etat, partout en France, qui est bafouée.

Lorsqu’en Guyane, des individus cagoulés prétendent suppléer à l’Etat défaillant pour assurer la sécurité des citoyens, c’est la république qui est mise en cause.

Lorsque les professeurs tremblent devant leurs élèves, les forces de l’ordre devant les délinquants, les politiques devant les démagogues, à ce moment-là, la vie en commun devient impossible.

Il y a une phrase du grand poète Saint John Perse que j’aime beaucoup : « la démocratie, plus qu’aucun autre régime, exige l’exercice d’autorité ».

Comment restaurer cette déperdition d’autorité impulsée il y a une cinquantaine d’années ? En refondant notre République à partir de l’école, de la famille et de tous ceux qui, plus largement, assurent la sécurité publique.

A côté de l’autorité, je place la transmission.

La transmission est l’acte essentiel qui inscrit tout acte politique dans la durée, qui en conçoit les conséquences à court, moyen et long terme.

La transmission nous apprend que nous avons une dette par rapport à ceux qui nous ont précédé et un devoir à l’égard de ceux qui vont nous succéder. C’est l’image du relais que l’on se passe de main en main et qui permet à notre pays de rester dans la course.

La transmission découle tout naturellement de l’autorité. Car pour la recevoir, il faut que les élèves, les enfants, les citoyens se mettent en situation de recueillir ce qui va leur être transmis. Mais encore faut-il que, au début de la chaîne, on veuille transmettre un enseignement. Comment transmettre, par exemple, à l’école quand on estime que l’élève peut seul juger du bienfondé de ce que l’on va lui transmettre et qu’il faut s’adapter à la tyrannie de son intérêt ? Comment transmettre quand l’émetteur, lui-même, estime que la connaissance des fondamentaux est facultative ?

Quand une société se dit « à quoi bon transmettre », c’est le signe qu’elle est menacée de déclin. Qu’elle s’enferme dans l’égoïsme que l’on peut, par exemple, relever en politique durant ces dernières décennies où l’on a gonflé la dette publique au risque de sacrifier le devenir des générations futures.

La transmission est la négation de la phrase « après moi le déluge ». Nous avons des enfants, nous avons des héritiers, faisons-en sorte de ne pas dilapider l’héritage. Qu’est-ce qu’une nation sinon, avant toute chose,  cette ardente obligation d’une transmission ?

Enfin, si l’autorité fonde la vie en commun sans laquelle il n’y a pas de nation. Et si la transmission inscrit la nation dans la durée. La souveraineté la sauvegarde face aux périls.

Nul n’a le droit de décréter que poser la question de la souveraineté de notre pays ferait le jeu du nationalisme pour la simple raison que tout patriote sincère se la pose.

Certains m’ont fait parfois grief dans le passé de parler beaucoup d’économie. Mais comme je vous l’ai dit, sans une France économiquement redressée, on ne peut pas exercer une souveraineté, on ne peut pas combattre la nouvelle barbarie sinon par des discours creux, des incantations et au final des replis puis des lâches abandons.

Défendre notre souveraineté, c’est défendre l’idée que l’indépendance du peuple français est aussi indispensable à nos concitoyens qu’elle l’est au monde.

Parce qu’il existe un pacte plusieurs fois séculaire entre la France qui s’est construite contre les empires et la liberté des peuples. Loin de nous restreindre et de nous replier, la souveraineté nous enrichit et nous grandit, elle redonne à notre nation cette capacité d’initiative, d’abord, en Europe puis plus généralement au sein du monde libre.

 

Mes amis, maintenant, c’est aussi à vous de jouer.

Si vous partagez cette espérance d’une France conquérante, d’une France que nous voulons hisser vers le meilleur d’elle même, alors engagez-vous dans cette bataille avec en tête l’esprit de conquête et au cœur l’espoir du renouveau ! Dites-le !

Si vous voulez que les choses changent, bougent.

Faites le savoir !

Si vous voulez définitivement tourner la page du déclin français. Si vous voulez ranger ce pouvoir et ces jeux de masques aux rayons des accessoires historiques, criez-le !

Personne n’est en mesure de vous faire taire. Nul n’est susceptible de vous impressionner parce que vous êtes le grand peuple de France dans son infinie variété et dans son absolue singularité.

Alors, soyez partout les acteurs de ce changement ! Si au fond de votre cœur bat la fierté d’être français, alors soyez fiers, soyez forts, soyez plus volontaires que tous les obstacles qui se dressent sur notre chemin, que toutes les volontés adverses.

Tous à l’action, mes amis !

Engagez-vous, osez, foncez, brandissez avec moi l’étendard de la France, ce drapeau des hommes et des femmes debout, ce drapeau libre deviendra demain celui de notre victoire !

Vive la France et vive la République.

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