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Par Marion Mourgue

François Fillon, après son intervention devant les notaires au Conseil supérieur du notariat, mercredi à Paris.

 En pleine crise guyanaise, le candidat de la droite dénonce la politique menée par le chef de l’État depuis cinq ans en outre-mer.

Alors qu’une crise paralyse la Guyane depuis une semaine et que d’importantes manifestations ont eu lieu mardi pour réclamer «des moyens» de l’État, le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, et la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, sont arrivés mercredi soir pour tenter «d’apporter des solutions rapides, concrètes et durables». Car à quatre semaines du premier tour, la Guyane et plus largement l’outre-mer se sont invités dans les débats de la campagne.

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François Fillon a dénoncé dès lundi «une situation extraordinairement dangereuse», «résultat d’une absence de politique en matière d’outre-mer depuis cinq ans». Mercredi soir à son QG de campagne, il a rencontré plus de trois cents ultramarins – élus et membres de la société civile, en compagnie notamment de la Valérie Pécresse. «Aujourd’hui les Guyanais expriment fortement leur ras le bol. Je les comprends», a expliqué le candidat, dès le début de son discours. En cas de victoire en mai prochain, Fillon a indiqué qu’il signerait, pour la Guyane, «un pacte d’avenir» pour apporter «des solutions opérationnelles» «aux problèmes concrets» des habitants ultramarins. Une façon, selon lui, de renouer le dialogue et de témoigner «la considération» de l’État en faveur de ce département situé en Amérique du Sud.

François Fillon a aussi rappelé «ce que la France doit à ses outre-mer qui sont une part majeure de sa grandeur et de son rayonnement dans le monde». Devant ses invités, alors que chacun attendait de savoir quelle serait la tournure des événements en Guyane, le candidat LR s’est livré à une véritable déclaration d’amour à l’attention de ces territoires français du bout du monde. «La France ne sera grande que si les outre-mer s’épanouissent pleinement dans la République», a-t-il insisté lors de son discours. «Ce n’est pas le cas aujourd’hui», comptait-il poursuivre en dénonçant «des chèques en bois destinés à masquer une vérité». «Les socialistes ont beaucoup promis, mais ils ont peu agi en outre-mer», a-t-il affirmé.

Comme il l’avait déjà souligné lors de son déplacement à La Réunion, mi-février, François Fillon entend «agir immédiatement pour les outre-mer», s’il est élu président. Priorité absolue à ses yeux, la sécurité. «Sur les cinq départements les plus violents de France, trois sont des départements d’outre-mer, tandis que La Réunion se classe en dixième position», argumente-t-il. Selon l’ancien premier ministre, il faut «des moyens supplémentaires pour les forces de sécurité et pour la justice», «des places de prison supplémentaires», «une politique pénale qui ne laisse plus place à l’impunité». Pour lutter contre l’immigration clandestine, notamment à Mayotte et en Guyane, Fillon prévoit de conditionner l’accès à la nationalité au séjour régulier des parents.

Une «politique de continuité territoriale»

Deuxième priorité du candidat, le chômage. Pour favoriser la création d’emplois, Fillon propose notamment «une stabilité des aides de l’État sur dix ans» et la création d’un statut «entreprise franche outre-mer» pouvant aller jusqu’à «une exonération totale de droits et taxes» pour les secteurs les plus exposés à la concurrence. Afin de ne pas pénaliser ces territoires, Fillon insiste aussi sur la nécessité d’une «politique de continuité territoriale» dans laquelle «l’État doit reprendre toute sa place».

Enfin, le candidat de la droite érige l’éducation en troisième priorité en prônant un «plan massif de lutte contre l’illettrisme» et des mesures supplémentaires «pour l’insertion des jeunes en difficulté».

lsource : lefigaro.fr

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