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media La colonie d’Efrat, en Cisjordanie, le 7 février 2017. REUTERS/Ammar Awad

Plusieurs banques françaises ont des liens financiers indirects avec la colonisation israélienne des Territoires palestiniens, indique un rapport rédigé par plusieurs organisations non gouvernementales. L’Association France-Palestine, la FIDH, la CGT ou encore l’ONG Fair finance pointent du doigt le comportement de 4 banques et d’un assureur français qui participent, selon elles, indirectement à la colonisation, contraire au droit international.

Les groupes bancaires BNP Paribas, Crédit agricole, BPCE, Société Générale, ainsi que l’assureur AXA entretiennent des « liaisons dangereuses » avec différents acteurs de la colonisation israélienne des Territoires palestiniens, indique un rapport porté par les organisations suivantes : Association France-Palestine Solidarité, CCFD-Terre solidaire, CGT, FIDH, AL Haq, Ligue des droits de l’homme, Union syndicale solidaire et Fair Finance France.

Le document distingue plusieurs degrés d’implication des banques françaises : certaines possèdent par exemple des participations directes dans des banques israéliennes actives dans la construction de colonies en Territoires palestiniens. « Les banques israéliennes sont un acteur majeur de la colonisation, à travers les programmes de logement, les prêts ou la présence d’agences bancaires dans les colonies. Or, certaines banques françaises sont présentes dans le capital de ces banques », explique Didier FAGART, membre du Conseil national de l’Association France Palestine Solidarité.

Participations indirectes

Le rapport pointe aussi une implication moins directe de ces banques françaises au travers des fonds d’investissement qu’elles gèrent. Enfin, des banques françaises ont prêté de l’argent à des entreprises israéliennes liées à la colonisation israélienne : fournisseurs d’énergie ou de réseaux de communication.

Les auteurs du rapport soulignent qu’ils ont rencontré les banques et l’assureur français mis en cause. « Nous leur demandons le retrait de ces participations » directes ou indirectes, explique Didier Fagart qui rappelle que des fonds de pension se sont déjà retirés de certains investissements, car ils participaient à la colonisation israélienne. Ces dernières années, le fonds de pension du gouvernement norvégien, le néerlandais PGGM, le luxembourgeois FDC, la banque danoise Danske Bank ou encore le fonds de pension de l’Eglise méthodiste américaine se sont désengagés de certains investissements finançant la colonisation.

« Respecter les droits humains »

Les ONG à l’origine du rapport appellent également la France à prévenir toute participation ou investissement français qui contribuerait à la colonisation. « L’Etat français a pour responsabilité d’inciter les entreprises françaises à respecter les droits humains », selon Didier Fagart qui rappelle que le ministère français des Affaires étrangères a déjà formulé en juin 2014 des recommandations aux entreprises en les appelant à tenir compte des risques juridiques comme en termes de réputation que représente le travail dans les colonies israéliennes, illégales au regard du droit international.

Le 23 décembre 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait la résolution 2334 demandant « à tous les Etats […] de faire une distinction dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’Etat d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ». En 2016, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch appelait les entreprises à mettre fin à toute activité dans les colonies. En 2017, l’ONG israélienne Who profits publiait un rapport sur l’implication directe des banques israéliennes dans la colonisation des Territoires palestiniens.

http://www.rfi.fr/

 

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