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L’armée syrienne «n’a jamais utilisé d’arme chimique et ne le fera pas dans l’avenir» Attaque «chimique» en Syrie : Damas dément sa responsabilité, la communauté internationale accuse© Mohamed Al-Bakour Source: AFP

Des enfants qui auraient été victimes d’une attaque au gaz en Syrie

Le gouvernement syrien est accusé d’avoir utilisé des gaz de combat contre des cibles de l’opposition en Syrie dans la matinée du 4 avril, causant des dizaines de morts. Si Damas a démentit, l’ONU a déclaré avoir ouvert une enquête à ce sujet.

  • L’un des dirigeants d’Ahrar al-Cham, un groupe armé salafiste occupant une partie de la province d’Idlib, a déclaré offrir la protection de son organisation djihadiste aux journalistes souhaitant se rendre sur place afin d’étudier le lieu de l’attaque chimique présumée. 

  • Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira en séance extraordinaire le 5 avril pour aborder l’attaque chimique présumée perpétrée en Syrie, qui a fait au moins 58 morts dont 11 enfants, a annoncé l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU. 

    Le Royaume-Uni et la France ont demandé cette réunion après l’annonce que des bombardements aériens avaient frappé la ville rebelle de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib.

  • L’armée arabe syrienne a démenti toute implication dans l’attaque chimique présumée qui a tué des dizaines de personnes dans une localité rebelle du nord-ouest du pays.

    «Le commandement de l’armée dément catégoriquement avoir utilisé toute substance chimique ou toxique à Khan Cheikhoun aujourd’hui […] Il souligne qu’il n’en a jamais utilisé, à aucun moment, à aucun endroit et ne le fera pas dans l’avenir», a indiqué l’armée dans un communiqué publié par l’agence officielle Sana.

  • La Maison Blanche a dénoncé mardi avec force «l’attaque chimique […] intolérable» menée selon elle par le gouvernement de Bachar el-Assad sur une localité rebelle du nord-ouest de la Syrie qui a tué des dizaines de personnes.

    «L’attaque chimique perpétrée aujourd’hui en Syrie contre des innocents, y compris des femmes et des enfants, est répréhensible», a déclaré Sean Spicer, porte-parole de Donald Trump.

    « Cet acte odieux du régime de Bachar al-Assad est la conséquence de la faiblesse et du manque de détermination de l’administration précédente», a-t-il ajouté.

    «Les Etats-Unis sont aux côtés de leurs alliés à travers le monde pour dénoncer cette attaque intolérable», a-t-il ajouté.

    Jugeant qu’il serait «dans l’intérêt» des Syriens que Bachar el-Assad ne soit pas au pouvoir, le porte-parole de la Maison Blanche a cependant estimé qu’il n’existait à ce stade aucune véritable option pour un changement de régime.

  • D’après Yusha Yuseef, journaliste pour le site d’information émirati Al Masdar News, un membre de l’armée syrienne lui aurait confirmé des frappes aériennes ayant visé Khan Sheikoun.

    Néanmoins, cette source aurait précisé que les cibles auraient été des entrepôts, qui se seraient révélés contenir des gaz chimiques.

  • L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) s’est dit «gravement préoccupée» par cette «attaque présumée aux armes chimiques», précisant qu’elle était en train de «rassembler et analyser des informations de toutes les sources disponibles».

  • Accuser le gouvernement syrien d’avoir perpétré cette attaque est «une calomnie», a officieusement réagi Damas par la voix d’un haut responsable de ses services de sécurité. Les «terroristes tentent de remporter une [victoire] médiatique après avoir échoué à remporter [une victoire] sur le terrain», a-t-il déclaré sous le couvert de l’anonymat.

  • La Commission d’enquête de l’ONU sur les droits de l’Homme en Syrie a annoncé qu’elle «enquête actuellement» sur l’attaque «chimique» dans le nord-ouest de la Syrie.

    «Les rapports suggérant qu’il s’agit d’une attaque avec des armes chimiques sont extrêmement préoccupants. La Commission enquête actuellement sur les circonstances entourant cette attaque y compris les allégations d’utilisations d’armes chimiques», ont indiqué dans une déclaration écrite les enquêteurs.

  • L’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura a assuré que l’ONU chercherait à «clairement identifier les responsabilités» et à faire «rendre des comptes» aux auteurs de l’attaque «chimique» dans le nord-ouest de la Syrie.

    «De ce que nous comprenons, c’était une attaque chimique et elle était aérienne», a précisé Staffan de Mistura lors d’un point de presse à Bruxelles en marge d’une conférence internationale sur l’avenir de la Syrie.

  • François Hollande a évoqué «la responsabilité» du président syrien Bachar al-Assad dans le «massacre» qui a fait au moins 58 morts dans une attaque chimique présumée sur une ville rebelle au nord-ouest du pays, dans un communiqué publié par l’Elysée.

    «Une fois encore le régime syrien va nier l’évidence de sa responsabilité dans ce massacre. Comme en 2013, Bachar el Assad compte sur la complicité de ses alliés pour bénéficier d’une impunité intolérable», a assuré le président de la République.

    «Ceux qui soutiennent ce régime peuvent une nouvelle fois mesurer l’ampleur de leur responsabilité politique, stratégique et morale», a-t-il conclut, sans citer de pays.

  • Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a jugé «horribles» les rapports faisant état d’«une attaque aux armes chimiques» en Syrie, y voyant «toutes les caractéristiques d’une attaque du régime» syrien de Bachar al-Assad.

    «Horribles rapports d’une attaque aux armes chimiques à Idlib en Syrie. Une enquête doit avoir lieu sur l’incident et les auteurs doivent rendre des comptes», a écrit sur son compte Twitter Boris Johnson.

    «Si nous ne pouvons pas encore être certains de ce qui s’est passé, cela a toutes les caractéristiques d’une attaque du régime qui a utilisé de façon répétée des armes chimiques», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Une source militaire syrienne a démenti auprès de l’agence Reuters la «propagande rebelle» selon laquelle Damas aurait mené une attaque au gaz de combat dans la province d’Idlib le 4 avril au matin, tuant au moins 58 civils, d’après l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme.

L’armée «n’a pas et n’en a pas utilisé [d’armes chimiques], ni dans le passé et ni dans l’avenir, parce qu’en premier lieu, nous n’en possédons pas», a déclaré cette source.

Bien que n’étant pas concernée par ces accusations, la Russie a fait savoir par son ministre de la Défense Sergueï Choïgou, qu’«aucune frappe aérienne n’a été menée par l’aviation russe dans les environs de Khan Cheikhoun», dans la province d’Idlib.

© Ammar Abdullah Source: Reuters Des hommes soignés après l’attaque chimique présumée

Cette région est un fief rebelle et djihadiste du nord-ouest.

Une vidéo diffusée par des militants montre un petit garçon respirant avec difficulté, pouvant à peine ouvrir les yeux, de la mousse sortant de sa bouche. Au moins 11 enfants figureraient parmi les personnes tuées dans l’attaque qui a frappé Khan Cheikhoun.

Un correspondant de l’AFP présent dans un hôpital de Khan Cheikhoun a vu de la mousse sortir de la bouche de patients. Beaucoup ont été aspergés d’eau par les médecins qui tentaient de les réanimer.

Pour l’opposition, cette attaque «remet en cause» le processus de paix

«Ce crime remet en cause l’ensemble du processus de paix […] Si l’ONU est incapable d’empêcher le régime de commettre de tels crimes, comment faire avancer un processus politique en vue d’une transition [en Syrie] ?», a demandé Mohammad Sabra, qui a représenté l’opposition au dernier round de négociations à Genève fin mars.

«Les Nations unies sont incapables de faire respecter leurs résolutions, notamment la résolution 2118 relative à l’utilisation d’armes chimiques», a-t-il regretté.

Un cinquième round de négociations entre opposition et gouvernement s’est achevé le 31 mars à Genève et une sixième session est prévue à une date qui n’a pas été fixée.

Condamnations internationales

La France a demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après une «nouvelle attaque chimique particulièrement grave» en Syrie, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Dans un communiqué, le ministre condamne un «acte ignoble». «Les première informations font état d’un grand nombre de morts, y compris des enfants», a-t-il précisé, en expliquant avoir «demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité».

«L’utilisation d’armes chimiques constitue une violation inacceptable de la Convention sur l’Interdiction des Armes chimiques (CIAC) et un nouveau témoignage de la barbarie dont le peuple syrien est victime depuis tant d’années», a ajouté le chef de la diplomatie française.

Erdogan appelle Poutine

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lui déclaré à son homologue russe Vladimir Poutine, lors d’un entretien téléphonique, que l’attaque «chimique» dans la matinée en Syrie était «inhumaine» et menaçait le processus de paix.

«Considérant que ce type d’attaques inhumaines était inacceptable, le président Erdogan a souligné que celles-ci pouvaient risquer de gâcher tous les efforts fournis dans le cadre du processus d’Astana», ont déclaré sous couvert d’anonymat des responsables au sein de la présidence turque.

Mogherini conclut à la «responsabilité évidente» d’Assad

Le gouvernement de Bachar el-Assad porte la «principale responsabilité» de l’attaque, a affirmé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

«Aujourd’hui, les nouvelles sont horribles», a-t-elle déclaré à des médias en marge d’une conférence internationale à Bruxelles sur la reconstruction de la Syrie. «Evidemment, la principale responsabilité repose sur le régime, parce qu’il a la responsabilité de protéger son peuple et non de l’attaquer», a-t-elle ajouté.

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