Mots-clefs

, ,

Associated Press 

Un soldat des forces armées syriennes observent l'horizon, le 1 avril.
Photo: Agence France-Presse 

Beyrouth — Des avions de combat auraient bombardé samedi la ville syrienne où une attaque chimique contre des civils a fait 87 morts mardi.

C’est ce que soutiennent les activistes de l’opposition syrienne, précisant qu’une femme aurait été tuée et une autre personne blessée.

Selon les comités de coordination locaux, les frappes ont été effectuées par des avions russes.

Un groupe de militants syriens contre Daech [le groupe armé État islamique] a par ailleurs soutenu qu’une frappe aérienne de la coalition menée par les États-Unis a touché, près de Raqqa, un bateau qui transportait des civils.

Ceux-ci — ils auraient été environ 40 — fuyaient des combats entre extrémistes et combattant appuyés par les forces américaines, a indiqué le groupe Raqqa is Being Slaughtered Silently, faisant état d’au moins sept personnes tuées.

L’embarcation aurait été frappée alors qu’elle traversait le fleuve Euphrate dans la région de Shuaib al-Zaker. Les corps d’une femme et de ses six enfants ont été retrouvés, a-t-on indiqué.

Plus tôt samedi, des militants syriens ainsi que la télévision officielle rapportaient qu’une frappe aérienne de la coalition soutenue par les États-Unis a touché un village sous l’emprise de Daech, tuant au moins 13 civils, dont des enfants. Le bombardement est survenu dans le village d’Hneida, dans la province de Raqqa.

L’Observatoire syrien des droits de la personne faisait de son côté état de 15 morts parmi lesquels on comptait quatre enfants.

Également samedi, des dizaines d’étudiants syriens s’étaient rassemblés devant les bureaux des Nations Unies à Damas pour protester contre les missiles largués par les États-Unis, jeudi. Des manifestants scandaient des slogans antiaméricains tels que « Mort à l’Amérique », alors qu’on soutenait, dans un message inscrit sur une pancarte brandie, que « le scénario irakien ne se reproduira pas en Syrie ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, qui devait se rendre en Russie lundi, a pour sa part annoncé qu’il annulait son séjour en raison des récents événements en Syrie.

M. Johnson a précisé samedi que la situation en Syrie avait changé « fondamentalement » après l’attaque chimique contre des civils et les frappes des Américains sur une base aérienne de l’armée syrienne.

Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson prévoit rencontrer les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 en Europe la semaine prochaine avant de se rendre à Moscou.

Les États-Unis tentent d’ailleurs de déterminer si la Russie n’aurait pas participé à l’attaque chimique de mardi. Des membres de l’état-major américain ont indiqué vendredi que peu de temps après l’attaque, un drone, syrien ou russe, a survolé le site.

L’attaque chimique a provoqué une réplique des États-Unis, qui ont lancé 59 missiles sur une base aérienne syrienne, tuant neuf personnes.

Un porte-parole du président russe Vladimir Poutine a soutenu que les représailles américaines infligent un dur coup aux relations entre la Russie et les États-Unis, et dressent un « obstacle sérieux » vers la création d’une coalition internationale contre le terrorisme.

Le président iranien Hassan Rohani a proposé de son côté la formation d’un comité international pour enquêter sur l’attaque chimique. La télévision d’État a cité M. Rohani, qui a insisté pour dire que le comité ne devrait pas être dirigé par des Américains par souci d’impartialité.

« Les pays neutres devraient y aller et analyser pour clarifier d’où venaient les armes chimiques », a-t-il déclaré.

L’Iran est un proche allié du régime syrien de Bachar Al-Assad, qui a martelé que ses troupes n’avaient pas utilisé d’armes chimiques.

Publicités