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Et si le scénario qui semblait écrit depuis deux mois ne se réalisait pas ? Un sondage donne aujourd’hui Macron et Le Pen en baisse, seulement quatre points devant Fillon et Mélenchon, un écart qui indique sans doute que tout est encore ouvert pour le second tour, les deux favoris étant tout sauf certains d’y parvenir. Un scénario inédit qui contraste avec les présidentielles précédentes.

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Favoris peu convaincants, outsiders en embuscade

Dans cette campagne extravagante, le duo qui semblait s’être imposé comme le casting définitif du second tour, bat de l’aile. Si l’illusion Macron parvient toujours à rassembler les classes supérieures, de plus en plus de critiques se font jour, entre la superficialité convenue de son discours et le rôle de sortant qu’il endosse malgré lui avec la chute de Hamon. Et Marine Le Pen ne s’en tire pas vraiment mieux. Après tout, avec une majorité sortante largement discréditée et une opposition en capilotade du fait des affaires et des limites de son candidat, elle devrait plutôt être à 30% et proche de la victoire. Mais sa communication grossière et son manque de travail maintiennent le plafond de verre.

Malgré les affaires et ses postures assez grossières, Fillon semble encore avoir sa chance. Après tout, la base des primaires est numériquement importante, une partie de la population le voit comme le rempart pour éviter le retour des socialistes au pouvoir (même si c’est sous la bannière de Macron) et le flot continu de révélations accrédite l’idée d’une forme de complot contre leur chef. C’est sans doute ce qui explique sa résistance dans les sondages : après tout, quatre points seulement d’écart à deux semaines du vote, cela reste jouable, comme le précédent de 1995 le montre, où Lionel Jospin avait basculé en tête du premier tour alors qu’on se demandait s’il parviendrait au second.

Mais le cas le plus marquant est sans doute celui de Mélenchon, qui s’envole dans les sondages et bénéficie de la meilleure dynamique de fin de campagne, faisant de lui un vrai candidat pour le second tour. Finalement, le choix d’un frondeur comme candidat du PS ne le freine pas, au contraire même, accélérant l’explosion du PS, les eurolibéraux préférant Macron, et ceux qui espèrent une vraie politique de gauche pouvant difficilement faire confiance à cet appareil qui les a tant déçu depuis des décennies. Et puis, malgré des limites, le candidat de la France Insoumise démontre une densité de pensée, une culture et une répartie qui le font briller face aux apparatchiks superficiels qu’il affronte.

Résultat, nous nous retrouvons dans une situation inédite où les jeux ne sont sans doute pas fait pour la qualification au second tour, ce qui devrait compliquer la campagne des autres candidats, les électeurs risquant de préférer voter pour un des quatre candidats qui ont une chance d’accéder au second tour plutôt que de disperser leurs voix. Un second tour Le Pen / Macron n’est plus qu’une possibilité parmi d’autres, toutes les configurations semblant désormais ouvertes, d’un Mélenchon / Le Pen qui verrait l’élimination de tous ceux qui nous gouvernent depuis trop longtemps dès le premier tour, à un duel des droites Fillon / Le Pen, ou même un duel des gauches Macron / Mélenchon.

Bien sûr Fillon et Mélenchon ont encore du chemin à faire pour se qualifier au second tour, mais aujourd’hui, cela n’est plus exclu et il y a fort à parier que les sondeurs vont bientôt commencer à diversifier les scénarios testés pour le second tour, tant le champ des possibles semble soudain agrandi. La Cinquième République y montre ici sa vertu démocratique de ne pas nous enfermer dans un duel trop convenu.

http://www.gaullistelibre.com

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