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Par Marion Mourgue

François Fillon, Laurent Wauquiez et son épouse Charlotte Wauquiez.

Après une semaine marathon de campagne, François Fillon a choisi de venir en Haute-Loire, sur un des chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, pour y célébrer la culture de la France et défendre «le patriotisme».

Au Puy-en-Velay, en ce week-end de Pâques, François Fillon et Laurent Wauquiez grimpent en direction de la Vierge Marie, couronnée d’étoiles et qui tient l’Enfant Jésus sur son bras droit. De ses seize mètres en fonte peinte, la statue domine le Puy-en-Velay. Entouré de son épouse Charlotte, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes se transforme en guide touristique pour raconter au candidat l’histoire de cette œuvre «fondue avec les canons de Sébastopol», offerts par l’empereur Napoléon III. «Pour toi, ce lieu est un beau symbole, assis sur ses racines, projeté sur l’avant», glisse Laurent Wauquiez à François Fillon, alors que le ciel sombre laisse poindre une éclaircie.

«Certains dans cette campagne sont allés jusqu’à dire qu’il n’y avait pas de culture française», explique ensuite l’élu du Puy au cours d’une réunion publique en faisant référence à Emmanuel Macron, qu’il ne cite pas. «Toi tu viens pour dire tout l’inverse. La France ne doit pas renoncer à elle-même, elle n’a pas à changer de nature, elle doit retrouver la fierté de son histoire et de ses racines», poursuit le président de région pour qui «c’est seulement en retrouvant ses fondations que la France retrouvera son dynamisme, souligne-t-il. Ici, sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, nous savons que pour avancer il faut savoir d’où l’on vient, ne pas oublier ses fondations».

Au-Puy-en-Velay, François Fillon a choisi de parler «d’une question essentielle», «une question qui n’est ni de droite, ni de gauche», qui est «l’identité de la France». Ce n’est pas par hasard, dit-il, s’il a choisi ce lieu pour parler «de notre patrie». «C’est parce que je ressens ici, presque physiquement, charnellement, combien nous nous trouvons aux confluences de notre histoire, de nos racines et de notre géographie», explique le candidat inquiet que l’on perde «le fil de notre histoire» nécessaire pour construire, innover, précise-t-il. «Le progrès a toujours pour origine un patrimoine, une somme de connaissances, un savoir-faire, sur lesquels les siècles à venir viennent prendre racine», précise-t-il. Dès lors, pour le candidat pour qui le présent ne peut se construire sans tenir compte de ses racines, il «est urgent de parler de transmission, d’histoire, de patrimoine et de culture». Devant 300 sympathisants réunis à l’Hôtel Dieu, à côté de la Cathédrale du Puy-en-Velay, il poursuit: «Qu’est-ce qu’une Nation sinon, avant toute chose, l’incarnation d’une transmission? La transmission est un fil d’or qui court de générations en générations». On sent le candidat soucieux de ne pas traiter la France comme un simple «fait clinique» mais de valoriser son patrimoine, sa culture, ses monuments et sa langue. «Plutôt que la négation des racines, proposons la mémoire partagée!», soutient-il en répondant lui aussi à Emmanuel Macron qui avait déclaré qu’il n’y avait «pas de culture française».

«Comment réveiller l’âme française, comment la faire partager, la faire aimer? C’est l’une des questions centrales de notre temps», plaide François Fillon en mettant en avant le rôle de l’école, de la famille, du modèle culturel français. «Il existe une voie française de la culture qui, si elle venait à se taire, ne serait remplacée par aucune autre. Sa survie nous concerne tous».

«Patriotisme»

Par conséquent, «le patriotisme n’est pas un gros mot», souligne le candidat en souhaitant «valoriser ce qui nous ressemble en tant que citoyens plutôt que ce qui nous distingue en tant qu’individus». Lorsque «nous reculons devant des revendications communautaires au nom d’un prétendu droit à la différence, nous sommes infidèles à nous-mêmes. Car par-delà nos origines, nos religions, nos régions, nous sommes d’abord et avant tout, Français», précise le candidat en expliquant qu’il n’y a rien «de choquant» dans le fait que «les étrangers qui s’installent régulièrement chez nous» s’approprient «l’héritage du pays des droits de l’homme». «Il est naturel que nous voulions que nos valeurs soient aussi les leurs», indique encore le candidat faisant valoir que la France est «une nation d’intégration».

Après le discours de 30 minutes environ, le candidat s’est adonné à un petit bain de foule «Vous allez voir, on va y arriver», sourit-il à ceux qui lui intiment de ne rien lâcher. «J’ai serré la main à Chirac à La Réunion, ça lui a porté chance», lui indique un homme… en lui serrant la main.

François Fillon et Laurent Wauquiez, samedi, au Puy-en-Velay.

http://www.lefigaro.fr/

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