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Dans une interview au JDD, François Fillon dit quel président il veut être.

François Fillon en meeting à Chassieu mercredi.
François Fillon en meeting à Chassieu mercredi. (Reuters)

La stature et le rôle du président de la République, le statut de la première dame, l’indépendance de la justice, son rapport à la presse… Dans une interview au Journal du dimanche, François Fillon trace les contours de ce que sera sa présidence s’il est élu le 7 mai prochain. Le candidat de la droite n’en démord pas : « Je sais que je serai au second tour […] Je n’arrive pas à imaginer un autre scénario.  »

« Un président qui tiendra ses engagements »

François Fillon déclare qu’il sera « le président du redressement national ». « Je serai un président qui tiendra ses engagements. […] Je serai un président qui n’interférera pas à tort et à travers dans la vie du gouvernement et qui respectera les fonctions du Premier ministre », ajoute-t-il. Ancien locataire de Matignon, il critique l’hyperprésidence de Nicolas Sarkozy, qu’il compare à celle de François Hollande, et veut rompre avec cette pratique du pouvoir. « Je veux un Premier ministre qui gouverne. Il faut revenir à une lecture plus classique de la Constitution […] Mon Premier ministre ne sera ni un président bis ni un collaborateur. »

« Je rassemblerai tout le monde »

Malgré les défections dans son camp et les dissensions créées par les affaires, François Fillon veut « rassembler tout le monde ». « On ne peut pas gouverner avec de la rancœur. Il faut faire table rase du passé », déclare-t-il.

« J’ai résisté à tout »François Fillon déclare au JDD avoir « acquis une autorité » car il a « résisté à tout ». « Cette épreuve m’a renforcé à titre personnel et elle m’a renforcé dans le regard que les Français et mes amis politiques portent sur ma détermination », estime-t-il. « Mon état d’esprit est de jeter toutes mes forces dans la bataille, sans précaution, sans artifice, pour obtenir des résultats », continue-t-il.

« Des relations très franches avec la presse »

Interrogé sur ses rapports avec les médias, François Fillon tacle François Hollande. « Je ne serai pas un président qui répondra sur les trottoirs aux micros qui se tendent, qui dialoguera avec Mlle Leonarda, qui interviendra au milieu de la nuit parce qu’il y a eu un attentat », déclare-t-il, estimant que c’est le rôle des ministres. « On a besoin d’un président qui prenne du recul. » « J’ai dit qu’il n’y avait pas de place pour la rancœur. J’aurai des relations très franches avec la presse. », précise-t-il encore.

Une feuille de route de 3 ans à ses ministres

Le candidat de la droite prévoit de fixer une « feuille de route » de trois ans à ses ministres s’il entre à l’Elysée. « Je fixerai à chaque membre du gouvernement une feuille de route pour trois ans. Il faut pouvoir, au bout de trois ans, vérifier que les objectifs ont été atteints et, le cas échéant, changer d’équipe gouvernementale », explique-t-il.

Pas de statut pour la première dame

Interrogé sur le rôle qu’il envisage de donner à la première dame, François Fillon se raccroche là encore à la Constitution. « Cela n’existe pas pour moi. Il y a une Constitution. Il n’y a ni ‘first lady’ ni ‘first gentleman’ dans les institutions. »

Pas peur des frondeurs

François Fillon ne craint pas avoir affaire à des frondeurs dans son propre camp s’il est élu. « François Hollande a fait campagne avec des engagements précis qu’il n’a pas tenus. Il a créé lui-même les problèmes dans sa majorité. Je n’aurai pas ce problème de cohérence », assure-t-il.

Mélenchon, Macron et « l’extrémisme » ciblés

François Fillon ne croit pas à la percée de Jean-Luc Mélenchon. « Au moment du vote, on se rendra compte qu’il y a une grande différence entre les sondages et la réalité », estime-t-il. Il pointe aussi le manque d’expérience d’Emmanuel Macron : « Une grande école, une banque d’affaires et un ministère, cela ne suffit pas pour faire un président. » Sans jamais citer Marine Le Pen, il estime néanmoins que son « ennemi » est « l’extrémisme », « car c’est l’ennemi de la France ».

Un candidat « serein » et sans regrets

« J’ai une forme de sérénité, qui m’étonne moi-même. Je sais que je serai au second tour. J’ai cette conviction profonde », assure François Fillon. L’ancien Premier ministre explique n’avoir aucun regret : « A quoi ça sert? »

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