Étiquettes

,

A une semaine du premier tour, l'attention se focalise sur la politique à l'international voulue par Mélenchon.

A une semaine du premier tour, l’attention se focalise sur la politique à l’international voulue par Mélenchon. – ISA HARSIN/SIPA
 Dans un entretien au « Parisien » ce 16 avril, Jean-Luc Mélenchon cherche à rassurer son électorat potentiel sur son projet en matière de politique internationale. Dans le même temps, il résume ainsi sa vision de la real politik : « Je discuterais avec le diable s’il le faut pour mon pays ».

À huit jours de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon doit rassurer ou s’expliquer auprès d’une partie de son nouvel électorat potentiel parfois échaudé par ses prises de position, réelles ou supposées, en matière de politique internationale. En particulier sur le dossier russo-syrien et celui de l’Alliance bolivarienne.

Au cours d’une rencontre avec les lecteurs du Parisien dont le compte-rendu est publié ce dimanche, celui qui se dit « très content » de ne pas avoir fait alliance avec Benoît Hamon affirme aussi sans barguigner : « Non, je ne suis pas d’extrême gauche ». Une sortie destinée, là aussi, à rassurer une base électorale qui n’a jamais été aussi large pour Mélenchon. Et une sacrée prise de risque, quand on se souvient des dégâts du « mon projet n’est pas socialiste » de Lionel Jospin en 2002.

Non, je ne suis pas d’extrême gauche

Jean-Luc Mélenchon

La semaine passée, le candidat de la France insoumise proposait l’intégration de la Guyane et des Antilles dans l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), un projet régional d’intégration économique et politique lancé en décembre 2004 à l’initiative d’Hugo Chavez et de Fidel Castro en réaction à la zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) portée par les États-Unis. Durement attaqué sur ce projet, présenté un peu vite par ses adversaires politiques comme le passage d’une France qui sortirait de l’UE et de l’Otan pour aller vers l’Alba, Mélenchon s’explique. Et réplique : « Voilà l’intérêt d’entrer dans l’Alba, résume l’ancien ministre. Une simple alliance de coopération. Il faut arrêter de faire peur ! Les mêmes n’ont pas trouvé un mot à dire quand Hollande a participé au conseil de coopération du Golfe avec l’Arabie saoudite et le Qatar ».

Je n’ai pas de modèle, la France est trop grande pour ça !

Jean-Luc Mélenchon

Dans la même veine, Jean-Luc Mélenchon se défend de faire du Venezuela de Chavez un modèle : « Moi, je n’ai pas de modèle, la France est trop grande pour ça ! Mais j’ai des partenaires », prévient Mélenchon, qui résume ainsi sa pratique de la real politik : « Je discuterai avec le diable s’il le faut pour mon pays. Ça a toujours été la politique gaulliste et mitterrandienne : on ne discute pas avec des régimes, mais avec des pays. Peu nous chaut qui les dirige ».

Plus tôt en mars, Jean-Luc Mélenchon avait déjà été chahuté par Benoît Hamon au sujet de l’alignement supposé du candidat des Insoumis sur la politique de Vladimir Poutine. Une façon pour le candidat du Parti socialiste de mettre Mélenchon sur la même ligne que Fillon et Le Pen, tout en se distinguant de son ancien camarade.

Depuis ces attaques, Jean-Luc Mélenchon prend un soin tout particulier à clarifier sa position vis-à-vis de la Russie et ne rate pas une occasion de rappeler ce qui le sépare du dirigeant du Kremlin : « Je ne suis lié d’aucune manière à Monsieur Poutine. Je combats absolument sa politique et si j’étais russe, je ne voterais pas pour son parti mais pour mon camarade du Front de gauche russe, qui est en prison », déclarait ainsi Jean-Luc Mélenchon en meeting au Havre, le 30 mars.

À sept jours du premier tour de la présidentielle, le leader de la France insoumise veut continuer à convaincre ses nouveaux électeurs qu’il n’est « pas d’extrême-gauche », tout en gardant les fondamentaux qui ont fait son succès depuis 2012 dans les rangs de la gauche de la gauche. Difficile exercice d’équilibre.

https://www.marianne.net/

Publicités