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Financement de l’enseignement supérieur et de la recherche, gouvernance de l’université, priorités de recherche… Sur chacun de ces thèmes, les candidats à l’élection présidentielle ont leurs propositions. Découvrez lesquelles.

•    Nathalie Arthaud
•    François Asselineau
•    Jacques Cheminade
•    Nicolas Dupont-Aignan
•    François Fillon
•    Benoît Hamon
•    Jean Lassalle
•    Marine Le Pen
•    Emmanuel Macron
•    Jean-Luc Mélenchon
•    Philippe Poutou

Nathalie Arthaud, Lutte Ouvrière


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Recherche et sujets de société
La candidate de Lutte ouvrière veut imposer « une politique concertée et planifiée à l’échelle de la planète » sur toutes les questions qui concernent l’écologie. Celle-ci supposerait notamment « d’enlever les leviers de commande de l’industrie et des transports » aux groupes privés. Elle souhaite aussi supprimer le secret industriel : chaque salarié doit pouvoir « rendre publics les risques pour la santé publique ou l’environnement dont il a connaissance, sans risque d’être licencié ».

Francois Asselineau, Union populaire républicaine


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Financement de l’ESR
Le président de l’Union populaire républicaine (UPR) veut supprimer le crédit impôt recherche, dont il redéployera les financements. Il soutiendra aussi, grâce à des incitations fiscales, le mécénat d’entreprises et de particuliers.

Emploi et rémunération
François Asselineau compte lancer « une politique de recrutement ambitieuse », titulariser des personnels précaires et « revaloriser les doctorats et les grilles salariales des acteurs de l’ESR ».

Organisation de l’enseignement supérieur
Il s’engage à mettre fin à la « complexification croissante » de l’administration, à combattre « le monopole de l’anglais et des grilles d’évaluation à l’anglo-saxonne » et à lancer la rénovation de nombreux établissements universitaires.

Accès à l’ESR et formations
Sauvegarder « l’accès à tous à l’université » et le « faible coût des études » figurent au programme du candidat de l’UPR. Il entend aussi, pour les études de médecine, « adapter le numerus clausus aux besoins de la France ». Il prévoit également de promouvoir l’éducation au numérique et de créer un Capes d’informatique. Il promet enfin de développer un système d’échanges « de type Erasmus » avec les pays de la Francophonie.

Organisation de la recherche
Il supprimera l’Agence nationale de la recherche, arrêtera « le démantèlement en cours du CNRS » et « restaurera l’indépendance et la liberté » des chercheurs, en particulier ceux travaillant sur le climat et l’énergie. Il favorisera la diffusion au grand public de « la culture humaniste et des connaissances techniques » issues de la recherche et encouragera « la valorisation médiatique » du métier de chercheur (par exemple en imposant des quotas de documentaires scientifiques).

Recherche et sujets de société
François Asselineau développera la recherche médicale publique, la recherche en agriculture, celle dans les technologies à « haut potentiel écologique », etc. Il protégera les lanceurs d’alerte, interdira la surveillance de masse et le stockage des données personnelles des Français hors de France, bannira les OGM… En matière de santé, il propose « une grande politique publique de médecines douces et alternatives », « encadrée par des expertises médicales incontestables » ou encore le lancement, dans le cadre des Nations Unies, d’initiatives pour réduite l’utilisation des antibiotiques et des perturbateurs endocriniens dans l’agriculture.

Jacques Cheminade, Solidarité et Progrès


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Financement de l’ESR
Le fondateur de Solidarité et Progrès a l’intention d’augmenter les budgets de la recherche publique. Cela concerne en particulier l’Ifremer, dont il estime les moyens et les effectifs « dérisoires par rapport aux défis à relever », et les pôles de compétitivité. Il s’engage aussi à doubler la contribution française à l’agence spatiale européenne et à équilibrer les moyens consacrés aux étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) et des universités.

Organisation de l’enseignement supérieur
L’autonomie des universités sera renforcée. Leurs présidents doivent être des « exécutifs stables » qui pilotent « un projet d’établissement et une stratégie », formalisés par des contrats d’objectifs et de moyens ; ils seront entourés par un « parlement » regroupant la communauté professorale et étudiante.

Accès à l’ESR et formations
Prévoir un semestre de transition entre le lycée et l’enseignement supérieur et donner aux étudiants de licence un encadrement équivalent à celui qui existe dans les CPGE et dans les IUT est « impératif », selon Jacques Cheminade. L’ancien haut fonctionnaire veut par ailleurs assurer une « base garantie » de 900 € par mois pour chaque étudiant, financée par une allocation d’études et un système de prêt à taux zéro (garanti par l’Etat). Il portera le numerus clausus à 10 000 places par an et permettra aux étudiants se destinant à l’enseignement de multiplier les heures de tutorat en lycée et collège afin de se familiariser avec leur futur métier.

Organisation de la recherche
La création d’un ministère de l’exploration et de la recherche spatiale et celle d’un nouvel institut européen de recherche lunaire et spatiale font partie du programme de Jacques Cheminade. Celui-ci encouragera également l’ouverture de « fab labs » (pour démocratiser l’accès à impression 3D, la découpe laser, etc.) et fera construire des villes flottantes « intégrant des activités de recherche, formation, production et dépollution ».

Recherche et sujets de société
Jacques Cheminade mettra l’accent sur la recherche spatiale : sondes pour étudier les planètes du système solaire et leurs satellites, observation de la Terre (en vue de la protection de son environnement) et de l’Univers (« dans des fréquences inexplorées, entre 10 et 20 mégahertz »), mission humaines sur la Lune (avec installation de centres scientifiques permanents), etc. Il prévoit aussi d’intensifier la recherche sur la fusion nucléaire, sur les réacteurs à sels fondus et sur la propulsion thermonucléaire (pour l’astronautique). Il envisage un moratoire sur les énergies renouvelables (à l’exception de l’énergie solaire) ; les subventions seront utilisées pour financer les travaux de prolongement de la vie des réacteurs actuels et développer la nouvelle génération de réacteurs nucléaires.

Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France !


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Financement de l’ESR
Un investissement supplémentaire de 4 milliards d’euros par an, la création d’un fonds (doté de 500 millions d’euros par an) pour financer la création d’entreprises par les chercheurs du public, un « allégement » de la fiscalité sur l’aide aux entreprises innovantes (dispositif « 0 charge et 0 impôt » pendant 3 ans pour les jeunes entreprises de moins de 8 ans, déduction de l’impôt sur la fortune de 100 % en cas d’investissement dans une PME, etc.) : voilà ce que prévoit Nicolas Dupont-Aignan.

Emploi et rémunération
Le candidat de Debout la France ! s’engage à « mieux rémunérer » les enseignants du supérieur, les chercheurs et les doctorants et à créer une « allocation entrepreneur innovation » de deux ans non-renouvelables pour les chercheurs voulant développer un « projet technologique innovant ». Il projette aussi de « repenser le recrutement et la promotion des enseignants-chercheurs » : « il doit se faire au niveau national, via le conseil national des universités ».

Organisation de l’enseignement supérieur
Il veut « démocratiser » l’élection des présidents d’université « en les faisant élire conjointement par le conseil d’administration et le conseil académique », limiter la taille des regroupements d’universités, supprimer la possibilité donnée aux régions d’élaborer un « schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation », restituer à l’Etat la gestion de la masse salariale des fonctionnaires d’Etat affectés dans les universités et étendre à l’enseignement supérieur l’application de la loi restreignant le port de signes religieux.

Accès à l’ESR et formations
Nicolas Dupont-Aignan entend plafonner les frais de scolarité, remplacer les bourses sur critères sociaux par des bourses sur concours réservées aux jeunes de milieux modestes et exonérer de cotisations les emplois étudiants. Il interdira la sélection par tirage au sort, limitera le nombre de redoublements autorisés pour chaque étudiant et « conditionnera le maintien des étudiants étrangers en France à leurs résultats » (pour eux, un seul redoublement possible par niveau). Il a l’intention de supprimer la spécialisation progressive en licence, de doubler les heures de cours en 1re et 2e année de licence (avec obligation de présence effective), de porter le numerus clausus à 10 000 places par an, de créer un Capes d’histoire de l’art, etc.

Organisation de la recherche
Il propose de créer une agence européenne de l’information quantique, une agence médicale européenne et un commissariat aux filières d’avenir. Il « favorisera les liens entre les centres de recherche, les universités et les entreprises », « diversifiera » l’évaluation des chercheurs (en y intégrant par exemple le nombre de citations de leurs travaux et l’exploitation de leurs brevets) et « libérera la recherche des carcans bureaucratiques ».

Recherche et sujets de société
Il développera la recherche médicale (notamment sur les cancers des enfants) et les nouvelles technologies de santé, la recherche et les technologies marines et sous-marines, la recherche sur les ordinateurs quantiques, celle sur les supercalculateurs et celle sur les voitures autonomes. Il augmentera le nombre d’aires marines protégées et de parcs nationaux et régionaux. Il interdira les OGM « tels qu’ils sont créés jusqu’ici ». En matière d’énergie, Nicolas Dupont-Aignan prévient qu’il reviendra sur la diminution à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique d’ici 2025 et poursuivra la recherche sur la fission nucléaire au thorium et sur la fusion nucléaire ; il encouragera aussi le développement des énergies marines renouvelables et des technologies de stockage d’énergie.

François Fillon, Les Républicains


© Christophe Ena / AP photo / SIPA

Financement de l’ESR
François Fillon prévoit de maintenir, voire d’augmenter, la part de l’Etat dans le financement de l’ESR, selon deux priorités : financement des équipes et des projets les plus ambitieux ; revalorisation de la rémunération des maîtres de conférence débutants. Il veut « sanctuariser » le crédit impôt-recherche et le fusionner avec le crédit d’impôt innovation, et créer un « bonus dotation » pour les laboratoires dont le taux de partenariats avec les entreprises atteint 40% de leur activité. Il projette de « renforcer fortement les mécanismes d’orientation de l’épargne vers le financement des PME innovantes », de développer un « écosystème européen de financement de l’innovation » et de créer « des fonds sectoriels et technologiques » dans des domaines de pointe comme la blockchain ou la e-santé.

Emploi et rémunération
Le candidat du parti Les Républicains promet de revaloriser la rémunération des jeunes chercheurs, de faire en sorte que la haute fonction publique accueille plus de docteurs et d’encourager financièrement ces derniers à créer des entreprises innovantes.

Organisation de l’enseignement supérieur
Il compte permettre aux universités d’expérimenter des « dispositifs de gouvernance nouveaux » : l’accroissement de la participation des milieux économiques à leur conseil d’administration, l’instauration d’une « véritable modulation des salaires » des enseignants chercheurs, etc. Il fera en sorte que les établissements d’enseignement supérieur deviennent propriétaires de leurs bâtiments. Il leur transfèrera « les personnels du ministère de l’enseignement supérieur à même de les aider à gérer les budgets, l’élaboration de projets, etc. » et modifiera leur système d’évaluation. Cette dernière portera sur « la formation et l’insertion professionnelle, la recherche et la gestion » et aura de « réelles conséquences » sur le montant des dotations publiques.

Accès à l’ESR et formations
Selon François Fillon, les universités doivent avoir « la libre création de filières d’excellence répondant aux besoins exprimés par la Nation ». Elles doivent aussi développer les IUT et les licences professionnelles. Il faut également leur laisser la liberté d’augmenter les droits d’inscription en licence (jusqu’à 500 €), de fixer les frais de scolarité en master et en doctorat – les étudiants boursiers resteront exonérés de ces frais – et de mettre en place la sélection au mérite des étudiants, « aussi bien à l’entrée qu’en cours de cycle ». Il préconise par ailleurs d’adapter le numerus clausus aux besoins d’installation de médecins dans chaque région. Il généralisera aussi l’enseignement d’un module « dédié aux techniques de cybersécurité et d’exploration de données » et instaurera un Capes en Informatique.

Organisation de la recherche
Il s’engage à augmenter les moyens de l’Agence nationale de la recherche en « faisant en sorte que les financements aillent aux meilleures équipes, les plus dynamiques, les plus innovantes ». Il entend aussi imposer le principe d’évaluation a posteriori (avec sanctions si besoin) des projets de recherche. Il fixe comme objectif « d’améliorer les performances en termes de publications » pour atteindre le top 5 des classements internationaux. Il souhaite par ailleurs créer un « hub de la connaissance marine de niveau mondial », à l’image du Cnes pour les études spatiales. Il simplifiera les procédures administratives imposées aux chercheurs, privatisera les unités de valorisation de la recherche et « développera les passerelles entre recherche et industrie », notamment en étendant le dispositif des chaires industrielles et en développant les laboratoires communs.

Recherche et sujets de société
L’ancien premier ministre compte revoir la manière dont la France établit ses priorités de recherche, en faisant en sorte que cela s’articule au niveau européen. Il énumère néanmoins quelques domaines prioritaires, comme l’intelligence artificielle, la blockchain, l’érosion du littoral, l’acidification des océans. En matière d’énergie, il « renforcera les études sur les réacteurs nucléaires de 4e génération ». Il encouragera aussi les recherches sur le stockage de l’énergie, sur les technologies de piégeage et de stockage des émissions de CO2, etc. Il souhaite aller vers une suppression de la production d’électricité à base d’énergies fossiles, ce qui passe selon lui par le maintien de la production d’électricité d’origine nucléaire (dans un premier temps) et par le développement de programmes de recherche ambitieux sur les énergies renouvelables. Enfin, il supprimera le principe de précaution de la Constitution (il le juge « dévoyé et arbitraire »).

Benoît Hamon, Parti socialiste


© AFP photo/ Charly Triballeau

Financement de l’ESR
Le candidat socialiste préconise une hausse du budget de l’ESR (23,85 milliards d’euros en 2017) d’un milliard d’euros par an, avec l’objectif de le porter à 3% du PIB et de « développer les universités de manière plus équilibrée sur le territoire ». Il égalisera les dépenses consacrées par l’Etat aux étudiants de l’université et à ceux des grandes écoles.

Emploi et rémunération
Benoît Hamon prévoit un « grand plan de recrutement » de professeurs agrégés dans l’enseignement supérieur. Il s’engage aussi à pérenniser « la création de milliers d’emplois » dans l’ESR et à revaloriser la rémunération des enseignants-chercheurs, notamment en début de carrière, de 10%. Il veut « garantir l’asile scientifique et universitaire » aux chercheurs et étudiants étrangers en danger.

Organisation de l’enseignement supérieur
L’ancien ministre entend supprimer les cours magistraux en première année de licence et engager « pleinement » la transition numérique de l’université. Cette dernière serait financée par un « fonds dédié » abondé par les régions et rattaché au programme « Investissements d’avenir » de l’Etat. Il aimerait aussi favoriser « la complémentarité et les échanges » entre petites et grandes universités, faire des établissements du supérieur « les principaux acteurs » de la formation continue et favoriser la création d’universités populaires et d’universités d’été.

Accès à l’ESR et formations
Il envisage des conseils d’orientation post-bac pour les étudiants non-admis dans la filière de leur choix, une spécialisation plus progressive en licence et la possibilité de valider des unités d’enseignements (UE) universitaires grâce à l’expérience acquise au cours du service civique ou d’un engagement long dans le bénévolat. Les étudiants qui travaillent au moins un jour par semaine auront vocation, à terme, à percevoir le revenu universel d’existence (749 € par mois). Par ailleurs, il compte augmenter le nombre d’étudiants étrangers accueillis à l’université de 25%, créer un droit à un semestre de mobilité internationale pour tous et un « visa francophone » pour les étudiants et chercheurs issus des pays de la francophonie. Il entend aussi favoriser « la pluralité dans la recherche et l’enseignement de l’économie » par la création d’une section « Economie et société » au sein du Conseil national des universités.

Organisation de la recherche
Il doublera le nombre de doctorats préparés en entreprise et espère ainsi mettre fin au problème des thèses non financées.

Recherche et sujets de société
Il augmentera le financement de la recherche sur l’autonomie des batteries des voitures électriques et poussera au développement des recherches sur la production et le stockage des énergies renouvelables, notamment marines (l’objectif est d’atteindre 50 % d’énergies renouvelables d’ici 2025 et 100 % d’ici 2050). Il fera aussi interdire les perturbateurs endocriniens, molécules qui interagissent avec le système hormonal, et les pesticides dangereux, maintiendra l’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste, inscrira la protection des biens communs (eau, air, sols) dans la Constitution et dans le droit international, et renforcera la protection de la biodiversité, des lanceurs d’alerte ou encore des données personnelles. Il propose la légalisation du cannabis pour les majeurs et la création d’une aide médicale pour mourir dans la dignité.

Jean Lassalle


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Emploi et rémunération
Le député de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques (depuis 2002) veut développer la formation au numérique.

Organisation de l’enseignement supérieur
Jean Lassalle dissoudra « les regroupements forcés d’universités », augmentera la dotation en matériel informatique, étendra les horaires des bibliothèques et établira une université francophone en Afrique non francophone « sur le modèle de la Sorbonne Abou Dhabi ».

Accès à l’ESR et formations
Il prévoit d’accroître l’enseignement en informatique et le nombre de places dans les « formations très demandées à la fois par les étudiants, les familles et dans la vie professionnelle ». Il organisera un échange entre pays francophones « sur le modèle Erasmus ». Il supprimera le numerus clausus à l’entrée des études de médecine, qu’il remplacera par un « numerus clausus localisé » en fin d’études. Il versera une « allocation d’autonomie aux 17-25 ans en formation » et/ou leur accordera « un prêt de 20 000 euros à taux zéro ».

Organisation de la recherche
Jean Lassalle déplore le financement par crédit d’impôt de la recherche pharmaceutique et sur les maladies orphelines ; il lancera donc des appels d’offres sur ces thématiques. Il garantira l’accès en ligne, gratuit, au savoir produit par la recherche publique.

Recherche et sujets de société
Il fédérera des scientifiques de tous les pays pour la recherche d’autres mondes habités. Il développera la recherche sur la biodiversité marine et le milieu océanique. Il propose de faire reposer la gestion des biens communs et de la biodiversité sur les communes et les communautés locales. Il milite par ailleurs pour la production d’énergie grâce « aux forces conjuguées du soleil et des marées », susceptibles selon lui de se substituer au pétrole et au nucléaire. Il réaffectera ainsi à la transition énergétique « les moyens consacrés à la dérégulation et la privatisation de l’énergie ». Il souhaite par ailleurs créer une « fête de la philo et des savoirs ».

 

Marine Le Pen, Front National


© Christophe Morin / IP3

Financement de l’ESR
Marine Le Pen prévoit d’augmenter de 30 % le budget public de la recherche, de recentrer le crédit impôt-recherche vers les startups et les PME, de diriger une part de l’assurance-vie vers le financement de ces entreprises, d’inciter les grands groupes à créer leur fonds d’investissement dans les entreprises innovantes, etc.

Organisation de l’enseignement supérieur
Elle défend le modèle universités/grandes écoles et souhaite relever le numerus clausus d’accès aux études de santé « pour éviter le recours massif aux médecins étrangers et compenser les départs à la retraite ». Elle fera interdire « les signes religieux visibles » à l’université.

Accès à l’ESR et formations
Elle est favorable à la sélection au mérite tant en licence qu’en master. Elle veut abroger les dispositions de la loi Fioraso qui permettent de restreindre l’enseignement en français dans les universités. Elle propose une revalorisation des bourses au mérite et le transfert aux établissements d’enseignement supérieur de la charge de trouver une offre de stage à chaque étudiant. Elle entend lancer « un grand plan national » de filières des métiers d’art.

Organisation de la recherche
Toute société innovante ayant reçu une subvention publique ne pourra être cédée à une entreprise étrangère, et ce pendant dix ans.

Recherche et sujets de société
Elle compte soutenir la R&D pour développer une filière française de l’hydrogène et des énergies renouvelables (sauf l’éolien). Elle remplacera « le plus possible » les expérimentations animales, maintiendra l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste, interdira les OGM et rendra obligatoire le stockage des données personnelles des Français sur des serveurs localisés en France.

Emmanuel Macron, En Marche !


Photo : © Feuray / Andia

Financement de l’ESR
Emmanuel Macron souhaite « sanctuariser » le budget de l’ESR et attribuer des moyens supplémentaires aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche « sur des bases contractuelles », en fonction de critères tels que la qualité de l’insertion professionnelle, la performance en recherche ou la politique patrimoniale. Il a l’intention de donner « davantage d’autonomie financière aux universités » et d’aider les startups qui développent « des solutions vertes et innovantes » à trouver des investisseurs. Pour les start-ups du numérique, il agira en faveur de la création d’un fonds européen de financement « doté d’au moins 5 milliards d’euros ».

Organisation de l’enseignement supérieur
Il veut créer un « système différencié » avec « des universités de proximité tournées vers les bassins d’emplois locaux, formant des étudiants à bac +2 » et « des universités de rang international à bac +5 ». Ces universités disposeront de plus d’autonomie sur le plan pédagogique, sous certaines conditions. De nouveaux modèles de gouvernance pour les universités seront développés ; les dirigeants seront choisis par des « comités de sélection composés en majorité de personnalités extérieures » à l’établissement. Les procédures d’évaluation seront « simplifiées » : elles seront consacrées « exclusivement à l’appréciation du bilan et des résultats des établissements, des unités de recherche et de formation » ; ces évaluations seront prises en compte pour l’attribution des ressources aux établissements.

Accès à l’ESR et formations
Il réformera le premier cycle universitaire, mettra en place un « contrat de réussite entre chaque étudiant et son établissement » et permettra aux universités et aux municipalités d’ouvrir leurs bibliothèques en soirée et en fin de semaine. Il donnera plus de poids aux branches professionnelles dans l’élaboration des formations en apprentissage et adapter les formations de santé « pour répondre aux nouveaux défis et aux attentes des professionnels ». Il entend changer le numerus clausus actuel, « injuste et inefficace » selon lui. Il propose aussi la création d’un service sanitaire de 3 mois pour les étudiants en santé, durant lequel 40 000 d’entre eux feront du dépistage, de la prévention, etc. en entreprise et dans les établissements scolaires. Il réinstaurera les bourses au mérite et établir un système d’aides « plus progressif et plus juste ».

Organisation de la recherche
Comme pour les établissements d’enseignement supérieur, les dirigeants des instituts de recherche publics seront choisis par des « comités de sélection composés en majorité de personnalités extérieures ». Par ailleurs, il  entend soutenir les entreprises innovantes en santé en accélérant les autorisations de mise sur le marché de leurs produits. Il développera également les partenariats entre les entreprises et la recherche publique. Une agence française pour la biodiversité, localisée en Outre-mer, sera créée ; il proposera la mise en place d’une autre agence, européenne celle-là, sur la protection des données personnelles (il souhaite d’ailleurs renégocier avec les Etats-Unis les accords en matière de protection des données).

Recherche et sujets de société
Il maintient l’objectif de réduction à 50 % de la part du nucléaire d’ici 2025. Pour cela, il encouragera les efforts de R&D sur le stockage de l’énergie et les réseaux électriques intelligents. En parallèle, il veut construire une filière industrielle française des énergies marines renouvelables, doubler la production en éolien et en énergie solaire (d’ici 2022) en encourageant l’investissement privé à hauteur de 30 milliards d’euros et transformer la France en « leader mondial » de la recherche sur la transition et la santé environnementales. Il s’engage par ailleurs à développer la recherche marine (« parent pauvre de la recherche française »), à « placer la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides », à maintenir l’interdiction de toute expérimentation d’exploration des gaz de schiste, à mettre un terme à l’artificialisation des terres, à accueillir une conférence mondiale sur la biodiversité, etc. Au niveau international, il entend faire de la mise en œuvre des accords de Paris sur le climat « une priorité ».

Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise


© Sébastien Ortola / REA

Financement de l’ESR
Jean-Luc Mélenchon souhaite « refonder et augmenter » le financement de l’ESR pour « favoriser les financements pérennes ». Il veut remettre en cause la dualité entre grandes écoles et universités, notamment en égalisant les moyens octroyés. Il mettra fin au crédit impôt recherche, dont une partie sera réaffectée au financement de l’ESR public. Des aides à la recherche privée seront proposées sur les grands thèmes d’intérêt pour la planification écologique ; elles seront ciblées sur les PME et conditionnées au recrutement de chercheurs. Un plan d’investissements sera lancé en début de mandat pour rénover les universités, construire des laboratoires, des logements étudiants, etc.

Emploi et rémunération
Il lancera un « plan d’urgence » pour « résorber la crise de l’emploi scientifique ». Ce plan prévoit notamment l’embauche « massive » de chercheurs, enseignants chercheurs, personnels techniques et administratifs sur 3 ans. Il comprend aussi la titularisation des personnels effectuant des missions pérennes et la limitation du recours à des personnels non-titulaires à 5% des effectifs permanents (hors doctorants et stagiaires). Jean-Luc Mélenchon souhaite également que, dans la haute fonction publique et les entreprises publiques, le doctorat soit requis pour les postes impliquant la supervision d’activités de recherche. Sur le plan de la rémunération, il entend « indexer le salaire des non-titulaires sur ceux des fonctionnaires » et supprimer les primes au mérite et à l’excellence.

Organisation de l’enseignement supérieur
Il abrogera les lois LRU (autonomie des universités) et Fioraso (création des communautés d’universités et établissements) afin de « reconstruire une offre cohérente » de formations d’enseignement supérieur sur tout le territoire. Ces formations seront pilotées au niveau national par « une structure de délibération et d’organisation démocratique de l’enseignement supérieur public, strictement gratuite, indépendante, non-confessionnelle » : « l’Université nationale ». Par ailleurs, il créera un service public national de l’enseignement supérieur artistique et, dans chaque université, une université populaire pour mieux diffuser les savoirs. Le candidat de La France insoumise projette aussi d’instaurer le mandat unique pour les présidents d’universités et l’élection (plutôt que la nomination) pour les autres postes à responsabilité.

Accès à l’ESR et formations
Il a l’ambition de rendre l’université gratuite « dès la rentrée 2017 », de créer « un Erasmus francophone », une « alliance universitaire de la Méditerranée », une section « Economie et société » au sein du Conseil national des universités (pour « assurer le pluralisme dans l’enseignement et la recherche économique et sociale ») et deux universités internationales : une sur les métiers de l’espace et l’autre sur les métiers de la mer. Il développera les cursus courts dans l’enseignement supérieur (et développer les passerelles avec les licences professionnelles). Il compte rendre la durée de la licence flexible (entre 2,5 et 4,5 ans, au lieu de 3 ans) et modifier son mode de validation. Il créera aussi un statut d’élève-fonctionnaire pour les étudiants en masters d’enseignement (ces formations seront accessibles sur concours). Par ailleurs il mettra en place une allocation d’autonomie d’études (800 euros par mois) à destination des étudiants les plus modestes engagés dans un cursus de trois ans ou moins.

Organisation de la recherche
Il interdira aux entreprises privées de participer aux conseils d’administration des grands instituts publics de recherche, « supprimera les structures de mise en concurrence et d’évaluation » (Agence nationale de la recherche, Haut conseil à l’évaluation, etc.), renforcera les établissements publics dédiés à la recherche finalisée (CEA, Inra, etc.), proposera la création d’un pôle public du médicament « chargé des activités de recherche et de production de médicaments jugés essentiels », soutiendra la création de « lieux collectifs de création et de fabrication liés au numérique ou à l’impression 3D », etc.

Recherche et sujets de société
Jean-Luc Mélenchon entend faire de la France « le leader mondial de la recherche et de l’éducation dans le secteur maritime ». Il développera aussi la recherche et l’exploration spatiales et renforcera la place du pays dans ces domaines. Il soutiendra une recherche publique « éthique » sur la réalité et l’humanité augmentées et développera celle sur le retraitement des déchets nucléaires, le retraitement du CO2, la géothermie profonde… Il s’oppose aux OGM et à la brevetabilité du vivant. Il s’engage à lutter contre la biopiraterie, à bannir les pesticides nuisibles (avec interdiction immédiate des plus dangereux : glyphosate, néonicotinoïdes), à combattre l’artificialisation des sols ou encore à mettre en place les conditions pour atteindre 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050.

Philippe Poutou, Nouveau Parti anticapitaliste


Photo : © Photothèque Roug / JMB

Financement de l’ESR
Le représentant du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) promet « d’adapter les budgets aux besoins réels ».

Emploi et rémunération
Il s’engage à des créations « massives » de postes et à la titularisation de tous les précaires.

Organisation de l’enseignement supérieur
Philippe Poutou veut abroger les lois LRU (autonomie des universités) et Fioraso (création des communautés d’universités et établissements), interdire la présence des chefs d’entreprise dans les conseils d’administration des universités et mettre en place « de véritables services publics de santé dans les universités » donnant un accès gratuit, par exemple, à la contraception et à l’IVG.

Accès à l’ESR et formations
Il prône une université gratuite et sans sélection. Il s’oppose aux stages obligatoires non rémunérés et souhaite mettre en place un « pré-salaire d’autonomie », qu’il ferait financer par les cotisations patronales.

Recherche et sujets de société
Le candidat du NPA prévoit de sortir du nucléaire « en moins de 10 ans » et d’aboutir à 100 % d’énergies renouvelables « d’ici 2050 ». Un objectif qui passe notamment, selon lui, par « une planification de la production énergétique » et un « service public unifié de l’énergie ». Il fera aussi interdire les intrants chimiques (engrais, pesticides, herbicides, fongicides, etc.).

http://www.larecherche.fr/

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