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On peut voir le résultat d’hier de plusieurs manières. Bien sûr, tant le casting de ce second tour que la perspective de l’accession à l’Elysée de l’ancien conseiller et ministre d’un président totalement déconsidéré ne sont guère satisfaisants. Mais en prenant un peu de recul, malgré tout, bien des aspects de ces résultats du 23 avril sont franchement réjouissants.

PS et LR éliminés, pensée unique minoritaire

D’abord, l’élimination des deux partis dont ont été issus tous nos derniers présidents de la République est profondément réjouissante. Voici une juste sanction de la faillite des politiques depuis trop longtemps, même s’il ne faut pas oublier le tour de prestigiditation de Macron, le fils politique de Hollande, l’héritier de l’aile droite du PS. Mais il est tout de même extrêmement positif de voir les Français renvoyer ces deux partis qui ont pourtant structuré notre vie politique, démontrant une volonté profonde de changement, qui, même si elle ne se réalise pas vraiment le 7 mai, n’en reste pas moins très encourageante, et probablement porteuse de nouveaux grands mouvements démocratiques dans le futur.

Deuxième satisfaction : la mise en minorité de la pensée unique, représentée par Macron, Fillon et Hamon, qui rassemblent moins de 50%, dans une forme de revanche du traité de Lisbonne. Les opposants au TCE ont été majoritaires hier, de peu certes, mais la ligne eurolibérale, même si elle finira sans doute par gagner le 7 mai, ne mobilise pas au premier tout des présidentielles. Et il n’est pas désagréable de constater la faillite des primaires, qui pourraient bien avoir connu leur chant du cygne, les deux vainqueurs de l’automne et de l’hiver se sont dégonflés pendant la véritable campagne. L’importation de la recette électorale étasunienne semble finalement ne pas prendre dans notre pays…

Enfin, ne serait-il pas finalement réjouissant d’assister à la clarification de notre vie politique et à la possible fin de ce faux duel entre deux nuances d’euro-libéralisme ? Après tout, Emmanuel Macron (comme Alain Juppé) est le digne représentant de ce courant de pensée dont la ligne est appliquée depuis plus de trente ans. Et même si le renversement politique de cette ligne n’aura probablement pas lieu en 2017, sa position ne sort pas forcément renforcée de cette élection, quelle que soit l’issue du vote du 7 mai. Car si la bulle Macron n’a pas explosé dans cette campagne du fait de circonstances exceptionnelles, nul doute qu’elle finira rapidement par exploser une fois qu’il sera au pouvoir.

Avec 21,5%, Marine Le Pen progresse peu par rapport à 2012 et recule par rapport aux régionales et aux européennes malgré le discrédit du PS et l’échec des Républicains avec leur programme fou et un candidat encombré de casseroles. Le FN peine toujours à rassembler, toujours pour les mêmes raisons. Et même si le candidat de la France Insoumise fait un score élevé, je ne regretterai pas la non-qualification au second tour de celui qui faisait de la Cinquième République sa première cible alors que l’Union Européenne et les inégalités auraient du passer bien avant. Enfin, il faut noter le beau score de Nicolas Dupont-Aignan, qui triple le score qu’il avait réalisé en 2012, proche des 5%.

Bien sûr, l’issue probable de cette élection présidentielle le 7 mai n’est pas réjouissante, comme l’indique le casting du second tour, entre l’eurolibéralisme assumé qui échoue depuis plus de 30 ans, et une candidate amatrice et rance qui parvient à rendre les idées qu’elle porte largement minoritaire. Mais certains résultats d’hier soir pourraient être fertiles pour une véritable alternance dans le futur.

http://www.gaullistelibre.com

 

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