Yémen, le bal des hypocrites

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C’est dans l’indifférence pratiquement générale que, dans l’enceinte des Nations unies à Genève, les pourparlers pour mettre fin à la guerre ont échoué jusqu’ici lamentablement.
© VALENTIN FLAURAUD / Keystone

Plus d’un milliard de dollars ont été réunis à Genève en faveur de la population yéménite. Mais la guerre peut continuer

C’est dans l’indifférence pratiquement générale que, dans cette même enceinte à Genève, les pourparlers pour mettre fin à la guerre ont échoué jusqu’ici lamentablement. C’est dans une indifférence comparable que, jour après jour, l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe bombardent pratiquement au hasard le pays, étouffent une grande partie de sa population, tuent ses enfants.

Face à cette coalition arabe qui s’est donnée pour but de stopper la progression iranienne (au moins aussi fantasmée que réelle), l’autre camp n’est pas en reste, c’est vrai. Les milices houthies, et derrière elles l’ancien président Ali Abdallah Saleh, jouent un jeu particulièrement sale, se rendant eux aussi coupables d’une liste sans fin d’atrocités. Il n’empêche: à chaque bombe larguée par la coalition arabe, les rangs se resserrent contre elle. L’exercice n’a pas de fin. Et les enfants yéménites meurent.

A dire vrai, il n’est pas seulement question d’indifférence pour cette guerre maudite. L’Arabie saoudite reste un partenaire trop important aux yeux des Occidentaux pour qu’ils se mettent à sourciller. Les bombes, ou les avions qui les larguent, sont français, anglais, américains. A Genève, tandis que l’Arabie saoudite s’affichait en champion des défenseurs de la population yéménite, personne n’a bougé. Le but, c’était de réunir des fonds. Pas de faire de la politique.

Dans ce bal des hypocrites, le Yémen pourrait bien, très vite, voir se multiplier les pas de danse d’une administration américaine tentée de se rapprocher encore davantage de son allié saoudien. L’Iran est un ennemi commode pour Donald Trump. Comme tant d’autres, Washington a mis la main au porte-monnaie à Genève. Le geste est fort, les apparences sont sauves. Et les enfants yéménites peuvent continuer de mourir.

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