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Par Aline Robert

https://i2.wp.com/assets.euractiv.com/lazy-load/img/crop/16x9/666.6666870117188/http://www.euractiv.fr/wp-content/uploads/sites/3/2017/04/IMG_4180-800x450.jpgUn tag dans le centre de Paris, 24 avril 2017. Euractiv

Au second tour, les candidats en lice devront gérer la tentation de l’abstention chez les électeurs d’extrême gauche. Pour les séduire, le FN fait valoir les similitudes entre les programmes de Mélenchon et de Le Pen.

La gauche radicale européenne (GUE) comme la gauche française, a eu du mal à concéder la victoire d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle, même 24 heures plus tard.

En réaction au premier tour, la présidente du groupe GUE au Parlement européen, Gabi Zimmer, a envoyé lundi soir un communiqué félicitant Jean-Luc Mélenchon et son équipe pour « le grand succès du vote du premier tour ».

« Jean-Luc a mené une campagne attractive et moderne, éclairant l’électorat et soutenant la démocratie, les droits des travailleurs, et un développement durable. Il a ainsi suscité l’espoir des plus jeunes négligés par des années d’austérité », a souligné l’eurodéputée allemande.

En revanche, le communiqué ne mentionne pas Emmanuel Macron, et rejette la responsabilité du vote d’extrême-droite sur les élites au pouvoir. Il n’évoque pas non plus la suite des évènements ou une éventuelle orientation politique pour le second tour.

Un #SansMoiLe 7mai ambigü

Une position qui reflète la situation surprenante, et nouvelle, du parti qui n’appelle pas à faire front contre le Front national, contrairement à toutes les autres formations politiques de gauche, et contrairement ce que l’extrême gauche avait fait en 2002, lorsque le FN s’était retrouvé au second tour pour la première fois.

« Chacun votera en conscience », a simplement indiqué Jean-Luc Mélenchon au soir du premier tour.

Cette absence de consigne de vote a immédiatement été saluée par l’ancien président du FN, Jean-Marie Le Pen, qui a jugé «très digne» l’attitude du candidat de la France Insoumise. Jean-Luc Mélenchon «est très correct. Ça me paraît très digne de la part d’un candidat qui a fait une percée remarquable et qui était, il faut le dire, sur le plan oratoire, le meilleur», a déclaré Jean-Marie Le Pen sur France Inter.

Alors que Jean-Luc Mélenchon a attiré une partie de l’électorat jeune, comme le Front national, cette absence de consigne est jugée dangereuse par certains, comme le parti socialiste qui l’a vivement reproché à Mélenchon.

Il laisse en effet la porte ouverte à une forte abstention, qui pourrait atteindre des niveaux élevés le 7 mai. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #SansMoiLe7mai a rapidement progressé. Le mouvement de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ne participe pas officiellement à cette campagne, contrairement à une partie de ses troupes.

Face à ces hésitations, le Front national tente clairement de récupérer le vote extrême. «

« Parmi ses électeurs, beaucoup refuseraient de toute façon de voter pour (Emmanuel) Macron et beaucoup peuvent voter pour nous», a assuré Florian Philippot, le numéro 2 du FN, sur France Info.

Des similitudes sur l’Europe

Une danse du ventre dont témoigne ce tract du Front national, qui met en avant les similitudes entre le FN et la France insoumise.

https://i1.wp.com/www.euractiv.fr/wp-content/uploads/sites/3/2017/04/TractLePen-424x600.jpg

TractLePen

Avec une certaine mauvaise foi, le FN grossit le trait pour trouver des points communs : la sortie des traités européens n’est qu’une hypothèse de plan B dans le projet de Mélenchon, si le reste ne fonctionne pas. L’interdiction des travailleurs détachés est aussi proposée sous certaines conditions. Et surtout, le FN a de nombreuses autres propositions qui ne sont pas présentes dans celui de l’extrême gauche, notamment concernant l’interruption de l’immigration ou la préférence nationale.

La comparaison reste néanmoins troublante. Plus troublante encore, cette tolérance face à l’abstention, alors que le programme du candidat Mélenchon prévoyait de rendre le vote obligatoire en France, comme il l’est déjà dans d’autres pays européens, où les citoyens risquent une amende s’ils ne votent pas.

Selon un sondage Ifop/fiducial, le report des votes des électeurs de Mélenchon au second tour pour le FN serait limité à 19 %, 51 % d’entre eux choisissant de voter Macron comme une majorité de Français pour l’instant. La part des électeurs de Fillon se tournant vers le Front national serait en revanche plus importante, soit 33 %. Selon l’institut, le candidat d’En Marche remporterait l’élection avec une majorité de 60 % contre 40 % pour Marine Le Pen.

http://www.euractiv.fr

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