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Il y a trois ans, quand j’avais quitté DLR, je m’étais demandé « jusqu’où pourrait bien mener cette ambiguité et ce relatif refus de critiquer » le FN. La réponse est venue : non seulement un soutien, mais une véritable alliance, et une conférence de presse commune ! Si je suis conforté dans ma décision d’alors, je pense à tous ceux qui ont été déçus par cette erreur fondamentale de NDA.

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 De l’ambiguité permanente à la vassalisation

Bien sûr, ceux qui soutiennent cette décision disent que le choix de Dupont-Aignan est logique : dans un duel entre le représentant presque chimiquement pur de cette globalisation eurolibérale et Marine Le Pen, les gaullistes devraient, selon eux, soutenir celle qui dénonce les politiques menées depuis trop longtemps. On peut même trouver une forme de courage à faire un tel choix, au refus de ne pas choisir, tout en provoquant une grave crise de DLF, avec le départ de deux vice-présidents, Anne Boissel et Dominique Jamet, d’Eric Anceau, chargé du projet, et bien d’autres. J’imagine que le conseil national a été mouvementé. Mais un tel choix peut également souligner le manque d’écoute de NDA à l’égard de ceux dont ils s’entourent, un point que j’avais soulevé alors.

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En outre, la justification idéologique de ce soutien pose bien des problèmes. Outre les fortes oscillations du FN, ce ralliement se fait justement autour d’un programme européen largement coupé à l’eau de Tsipras, en affirmant que « la transition de la monnaie unique à une monnaie commune européenne n’est pas un préalable à toute politique économique » et que « la négociation commencera en 2018 » alors même que sans sortie de l’euro, les marges de manœuvre seraient extrêmement réduites, comme l’avait bien noté Sapir. Bref, cette alliance repose sur un projet aussi politicien que mal conçu sur le sujet le plus important. Mais il faut dire que NDA s’était rapproché de l’aile la plus droitière du FN en évoquant le grand remplacement, sur lequel je reviendrai en détail prochainement…

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 En outre, comment un gaulliste peut-il soutenir le FN ? Bien sûr, les partisans de l’alliance soutiendront qu’en 1940, le Général n’avait pas fait le tri parmi les résistants. Mais non seulement le contexte n’est pas le même (nous ne sommes pas en guerre et l’adversaire n’est pas Hitler), et le chef que NDA se donne n’est pas le Général, mais celle qui prenait bien soin de signifier que le FN n’était pas gaulliste par écrit et dont le compagnon, et vice-président du FN, Louis Aliot, publiait sur son site des hommages à celui qui avait tenté de l’assassiner, chose aussi choquante pour le gaulliste que pour le républicain que je suis. S’allier avec le FN, c’est s’allier avec un parti qui comporte des personnes que je ne souhaite vraiment pas voir arriver au pouvoir, comme l’a montré l’épisode du président par intérim.

Enfin, je crains que ce choix ne signifie purement et simplement la fin de l’aventure DLF. Bien sûr, cette alliance permettra sans doute l’élection d’un groupe de députés et pérennisera temporairement le parti malgré la tempête actuelle. Mais sur le long terme, NDA s’est probablement définitivement satellisé et ne pourra probablement plus sortir de l’orbite du FN, dans laquelle il est entré, à distance, dès 2012, et dont le rapprochement actuel rendra tout éloignement extraordinairement difficile. Bien sûr, DLF continuera à vivre, car c’est l’intérêt du FN de montrer qu’il peut rassembler au-delà de ses rangs, mais cette alliance, c’est en réalité une vassalisation au parti de la famille Le Pen.

Toutes mes pensées vont à ceux qui ont été profondément déçus par ce choix. J’en apprécie beaucoup, et je sais combien ces moments sont difficiles. J’imagine qu’il peut y avoir une volonté sincère de permettre à notre pays de rebondir en faisant ce choix. Mais quand on écoute Marine Le Pen, pas moins politicienne et superficielle que nos dirigeants passés, je crois que c’est une terrible erreur.

http://www.gaullistelibre.com

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