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Emmanuel Macron, fabriqué pour servir

Le succès d’un candidat inconnu du public il y a trois ans ne s’explique pas seulement par la décomposition du système politique français. Inventeur d’une nouvelle manière de promouvoir les vieilles idées sociales-libérales qui ont valu au président François Hollande des records d’impopularité, M. Emmanuel Macron a trouvé dans les médias un solide point d’appui. Son histoire ressemble à un rêve d’éditorialiste.

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Deux semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle, en avril, M. Emmanuel Macron, 39 ans, sort avec son épouse d’une librairie du boulevard Saint-Germain ouverte tard le soir. Ils croisent des étudiants occupés à coller des affiches du leader du mouvement En marche !. La conversation s’engage sur l’absence regrettée du candidat au quartier général des « marcheurs » parisiens, et glisse sur l’affiche officielle de la campagne. Mme Brigitte Macron ne l’aime pas. Elle ne ressemble pas à son jeune époux, estime-t-elle. M. Macron en explique la raison : il a été vieilli sur la photo pour mieux suggérer une posture présidentielle.

Comme ce cliché, la candidature de M. Macron n’a-t-elle pas elle-même été façonnée par des mains expertes ? Au-delà de l’ambition, du talent, de la trajectoire de ce pur produit de l’élitisme à la française. les fées penchées sur le berceau du prodige n’en révèlent-elles pas davantage sur l’homme que ce qu’il dit lui-même — en particulier celles qui agitent leurs baguettes dans le monde des médias et de la communication ? M. Macron plaît à la presse et à ses dirigeants. Et pour cause : son discours libéral, europhile, atlantiste et moderniste évoque une synthèse des éditoriaux du Monde, de Libération, de L’Obs et de L’Express qu’un acteur de théâtre expérimental aurait entrepris de hurler sur scène…

C’est par l’entremise d’Henry Hermand, l’argentier des think tanks La République des idées et Terra Nova, actionnaire de référence de l’hebdomadaire Le 1 d’Éric Fottorino, que le jeune énarque a rencontré Jacques Attali. « Emmanuel Macron ? C’est moi qui l’ai repéré. C’est même moi qui l’ai inventé », affirme l’ancien conseiller de François Mitterrand et président du conseil de surveillance du site d’information Slate, qui l’a nommé en 2007 rapporteur adjoint de sa « commission pour la libération de la croissance ». Là, il siège au milieu de dix-sept patrons et anciens patrons, et remplit son carnet d’adresses. M. Pascal Houzelot, (…)

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