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Les Français sont devant un dilemme auquel l’oligarchie régnante les a conduits par ses manoeuvres.
 Christian Vanneste

Homme politique.Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre

Bien sûr que de Gaulle était souverainiste ! C’était l’axe d’une politique qui lui avait fait pratiquer la politique de la chaise vide à Bruxelles, refuser l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun et quitter l’OTAN. Le RPR qui incarnait l’héritage avait, dans ses débuts, maintenu cette ligne en prônant la préférence nationale, et en étant plutôt eurosceptique avec Pasqua et Séguin. Or, par un incroyable renversement de la vérité, qui correspond bien à la post-démocratie à laquelle nous sommes désormais soumis, des gens qui n’ont jamais été gaullistes, ou qui ne le sont plus, osent aujourd’hui injurier, traiter d’imposteur Nicolas Dupont-Aignan parce qu’il a passé un accord avec Marine Le Pen, qu’il soutient désormais pour la présidentielle.

Cette élection aura été d’un bout à l’autre obscurcie par un brouillard de calomnies et de mensonges. De Gaulle aurait-il pu dire « La France aux Français » ? Telle est la question d’une stupidité abyssale posée sur France 2 à Nicolas Dupont-Aignan. Les journalistes d’aujourd’hui ont remplacé les connaissances et la réflexion par des préjugés et des réflexes. Parce que l’extrême droite a combattu le Général sur le devenir de l’Algérie, le gaullisme serait son adversaire éternel. Non, le général de Gaulle faisait appel à tous les patriotes de bonne volonté. Il y avait des hommes très à droite autour de lui à Londres. D’autres l’ont entouré pour créer le RPF en 1947. D’autres, encore, ont contribué à son retour au pouvoir en 1958. Les Comités de défense de la République qui l’ont aidé à vaincre la chienlit en 1968, et que j’ai fréquentés à l’époque, n’étaient pas précisément des centristes. Quant à ce slogan, il était tellement au cœur de sa politique qu’il n’avait pas besoin de l’énoncer : il le pratiquait. La France aux Français, cela voulait dire deux choses : d’abord que c’était aux Français de choisir leur destin, pas à quelques Français, au peuple français ! Ensuite, cela signifiait que les nations devaient se diriger elles-mêmes, sans être inféodées à des blocs ou à des entités supranationales.

Dans la confusion mentale qui les habite, certains ont construit un « de Gaulle » illusoire quasiment de gauche, mobilisé pour les droits de l’homme contre l’extrême droite.

De Gaulle était un patriote humaniste qui pensait qu’il ne fallait pas mélanger des peuples trop différents pour que chaque nation puisse garder son identité et son indépendance. Macron, mondialiste, eurolâtre, immigrationniste, communautariste, qui soumet la politique à l’économie, est aux antipodes du gaullisme. En revanche, les idées défendues par le Front national sur ces questions sont, évidemment, compatibles avec le gaullisme.Les Français sont devant un dilemme auquel l’oligarchie régnante les a conduits par ses manœuvres. Élire Macron serait couronner le bilan d’un quinquennat désastreux qu’une manipulation politicienne aurait ainsi sauvé. Ce serait poursuivre l’effacement de la France et la destruction de ses bases les plus solides, comme la famille. Ce serait faire entrer à l’Élysée le candidat de Bergé…

La machine de diabolisation du Front national est à nouveau en route. Elle ne vise pas l’intelligence, mais procède par suggestions, elle suscite le réflexe plus que la réflexion. Le comportement des élus de ce parti ne pose cependant plus de problème. En revanche, les positions économiques, sociales, sociétales de Mme Le Pen ne sont pas satisfaisantes. Elles ne mettent pas fin à la dérive suicidaire d’un État-providence à bout de souffle et annoncent, avec l’Europe, une rupture brutale qui ne pourra pas être réalisée sans conséquences néfastes pour le pays. La France n’est pas le Royaume-Uni. Qu’il faille revenir aux monnaies nationales et reconstruire l’Europe sur d’autres bases est un objectif souhaitable, mais qu’on doit envisager de manière réaliste. Il semblerait que l’accord passé entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen aille, sur ce point, dans la bonne direction. Les élections législatives doivent, de toute manière, permettre de recomposer la droite en l’appuyant sur ses valeurs authentiques, en la délestant des opportunistes prêts à toutes les compromissions. Elles seront décisives !

http://www.bvoltaire.fr/

 

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