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 par L’oeil de Brutus

Ils se disent tolérants et ouverts sur le monde mais jettent l’anathème sur tous ceux qui votent pour leurs opposants. Pire, ils pratiquent le terrorisme intellectuel à grande échelle non seulement à l’égard de ces opposants mais aussi à l’égard de tous ceux qui, abstentionnistes et votants blancs, ne partagent pas leur opinion.

Face à la construction européenne, la mondialisation, la libéralisation financière, les dérégulations sociales, sociétales et économiques, ils prétendent qu’il n’existe aucune alternative à leur idéologie. De fait, ils nient toute possibilité de débat. Pour eux, la démocratie c’est le camp du Bien mais exclusivement à l’intérieur du cadre fixé par leur idéologie.

Ils n’ont pas de parti mais un « mouvement », qui prétend faire corps aujourd’hui avec la société, demain avec l’Etat. De fait, ils n’ont pas de programme mais un projet : fusionner la société, l’Etat et le système économique dans l’ubérisation généralisée.

Jeune, beau, charismatique voire volontiers christique et messianique dans ses postures, n’hésitant pas à faire appel à une prétendue « transcendance » : tel est le guide envers lequel ils pratiquent un véritable culte de la personnalité.

Ils prétendent lutter contre le fascisme mais ils en réunissent toutes les caractéristiques : intolérance, idéologie, fusion de leur mouvement avec la société, culte de la personnalité[i].

Et prenez-garde : comme l’annonce Aude Lancelin, leur putsch est « en marche »

 

« Il est temps d’ouvrir les yeux : les autorités qui se trouvent à la tête de l’Europe incarnent un fascisme nouveau. Ce fascisme, ce n’est plus celui, manifeste et assumé, qui a fait du XXe siècle l’un des grands siècles de la laideur politique ; il s’agit plutôt d’un fascisme mou et retors, dissimulant ses intentions mauvaises derrière un langage qui se voudrait de raison ».

Laurent de Sutter, La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ?, Libération, 10/02/2015

« Une bonne partie de l’antifascisme d’aujourd’hui, ou du moins de ce que l’on appelle antifascisme, est soit naïf et stupide, soit prétextuel et de mauvaise foi. En effet, elle combat, ou fait semblant de combattre, un phénomène mort et enterré, archéologique, qui ne peut plus faire peur à personne. C’est en quelque sorte un antifascisme de tout confort et de tout repos. Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé la société de consommation »

Pier Paolo Pasolini, cité par Sébastien Lapaque, Eblouissements de Pasolini, Le Monde diplomatique, novembre 2015.

 

[i] Et ils ont commencé en prolongeant ad vitam aeternam un état d’urgence qui signifie, ni plus ni moins, que la mise entre parenthèse du fonctionnement démocratique des institutions.

http://loeildebrutus.over-blog.com

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