Mots-clefs

,

Par Mathilde Siraud

Catherine Barbaroux a adhéré au mouvement d'Emmanuel Macron dès sa création, le 6 avril 2016.

À 68 ans, l’ancienne déléguée nationale d’En Marche! succède à Emmanuel Macron à la tête de son mouvement, en attendant le congrès fondateur. Inconnue du grand public, cette nouvelle figure est engagée à gauche depuis près de quarante ans.

Une femme d’expérience et d’engagement. Catherine Barbaroux, 68 ans, a été choisie par Emmanuel Macron pour lui succéder à la présidence d’En Marche! – rebaptisé La République en Marche – au lendemain de son élection à l’Élysée, lundi 8 mai. Jusqu’ici déléguée nationale du mouvement, cette femme de gauche a été nommée à l’issue d’un conseil d’administration, comme l’a annoncé le secrétaire général Richard Ferrand. Son mandat court jusqu’à la tenue du premier congrès fondateur de La République en Marche, d’ici à la mi-juillet.

Cette responsable discrète, inconnue du grand public et des médias, a présidé l’Adie, l’association d’aide au micro-crédit. Issue d’un milieu modeste, fille d’immigrés espagnols engagés à gauche, Catherine Barbaroux a intégré le cabinet de Michel Crépeau, ministre MRG dans les gouvernements Mauroy et Fabius, entre 1981 et 1986, avant d’oeuvrer comme déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle, sous la responsabilité de Martine Aubry, Élisabeth Guigou, François Fillon et Jean-Louis Borloo. Diplômée de Sciences Po Paris, elle a également travaillé dans le privé, à la direction des ressources humaines de Prisunic et du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), avant d’être licenciée par Alain Minc.

Emmanuel Macron et Catherine Barbaroux se sont rencontrés quand le chef de l’État était encore à Bercy. Elle lui avait remis des propositions fin 2015 en vue d’assouplir les qualifications nécessaires pour pouvoir exercer certains métiers. Face au chômage, elle défend la création d’entreprises. Un temps au MRG, elle était membre en 2012 de la Haute autorité de la primaire socialiste. Au sein d’En Marche! cette retraitée militante était chargée notamment des questions liées à l’insertion, l’économie sociale et solidaire, l’entrepreneuriat populaire et la formation et faisait partie de la commission d’investiture.

Fin mars, elle confiait à L’Obs que la campagne d’Emmanuel Macron lui rappelait de «bons souvenirs», elle qui a participé à la première campagne de François Mitterrand, en 1974. «J’ai d’abord pensé rejoindre “La belle alliance populaire”. Mais vous avez vu que ça n’a pas vraiment marché…», ironisait Barbaroux, en référence au nom donnée à la primaire de la gauche de janvier 2017. Juste après son départ de l’Adie, c’est Emmanuel Macron qui l’a contactée. «Je suis l’aile gauche d’En Marche!. Certains disent en effet ‘la caution de gauche’. Je ne me renie pas. J’ai toujours été en accord avec la gauche et je me sens fidèle à mon engagement», commente Barbaroux. Toujours auprès de l’hebdomadaire, elle assurait ne pas cultiver d’ambition. «Si cela se réalise [l’élection d’Emmanuel Macron, NDLR], je serai très heureuse et j’irai cultiver mon jardin.»

Catherine Barbaroux va désormais présider la transformation d’En marche!, qui revendique 285.000 adhérents, sans obligation de cotisation. Une mission de courte durée dont elle n’imaginait pas avoir la charge.

http://www.lefigaro.fr/

Publicités