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Le 9 mai 1769, en Corse, au terme d’une bataille de plusieurs jours, les indépendantistes sont défaits par l’armée française à Ponte-Novo (ou Pontenuovo, le pont neuf).

Fin d’une « Guerre de quarante ans »

Lasse de combattre la rébellion corse, Gênes a cédé « provisoirement » ses droits sur l’île à la France par le traité de Versailles du 15 mai 1768. Le duc de Choiseul, qui dirige le gouvernement de Louis XV, met dès lors tout en oeuvre pour liquider la rébellion et annexer l’île. Pas moins de 20 000 hommes débarquent en Corse sous le commandement du lieutenant-général Chauvelin. Mais le marquis de Chauvelin essuie un grave revers à Borgu (ou Borgo) le 9 octobre 1768.

Monument commémoratif de la bataille de Pontenovo (photo : André Larané, Herodote.net, 2014)Six mois plus tard, le comte de Vaux débarque à son tour avec 24 000 hommes.

La bataille décisive se déroule près d’un ancien pont génois qui franchit le fleuve du Golo, sur la route de Corte à Bastia.

Elle met aux prises plusieurs dizaines de milliers de combattants. Assaillis des deux côtés du fleuve, les Corses laissent sur le terrain quelques centaines de morts et plus de 6 000 blessés.

C’en est fini d’une « Guerre de quarante ans » qui a mis aux prises le peuple corse avec la République de Gênes puis le roi de France.

Le chef de l’insurrection corse, Pasquale Paoli, gagne la côte et s’embarque sur un navire à destination de Livourne, en Italie, avec 300 fidèles.

Parmi les partisans qui l’accompagnent jusqu’à la côte figure son aide de camp, un avocat d’Ajaccio du nom de Carlo – Charles – Buonaparte.

Sa jeune épouse, Laetitia (18 ans) est enceinte de sept mois. Après une fuite dans la montagne corse, elle donne le jour à un petit Napoléon

Soumission

Les Français établissent en Corse un Conseil supérieur… comme dans leurs colonies des Antilles. Le gouvernement de l’île est confié au comte Louis de Marbeuf. Il invite les nobles à faire enregistrer leurs quartiers de noblesse. Seules 86 familles se résolvent à cette démarche. Parmi elles figure la famille Buonaparte, issue de colons génois installés dans le port d’Ajaccio.

Cette circonstance – et plus encore les «excellentes relations» qu’entretient la belle Laetitia (ou Letizia) Buonaparte avec le gouverneur de Marbeuf – vont permettre au jeune Napoléon d’obtenir plus tard une bourse pour entrer dans une école militaire réservée à la noblesse.

Le Ponte Novo (ou Pontenuovo) sur le Golo (Corse), photo : André Larané, Herodote.net, 2014

Sédition

Au début de la Révolution française, Pasquale Paoli revient en Corse sous les acclamations pour gouverner celle-ci au nom de l’Assemblée Législative avec le titre de lieutenant-général et présider le nouveau département.

Mais bientôt déçu par les députés jacobins de la Convention qui tentent de l’arrêter en 1793, il soulève à nouveau l’île contre les Français et livre la Corse aux Anglais.

Il appartiendra au général Napoléon Bonaparte d’organiser la reconquête de l’île à partir de 1796. Sous le Premier Empire, la pacification sera confiée au général Morand. Elle prendra un tour extrêmement brutal, ternissant à jamais l’image que gardent les Corses de Napoléon, leur plus illustre compatriote.

Il faudra attendre 1975 et le drame d’Aléria pour que soit à nouveau ensanglanté le lien qui relie l’île de Beauté à la France.

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