Que vont devenir les ministres de Hollande ?

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Alexandre Rousset

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 Photo de famille de François Hollande avec le gouvernement Cazeneuve, le 7 décembre 2016. – Patrick KOVARIK / AFP

Après le dernier conseil des ministres du quinquennat Hollande qui s’est tenu ce mercredi matin, de nombreux membres du gouvernement se tournent vers les législatives tandis que d’autres préfèrent prendre leur retraite.

Clap de fin pour le gouvernement Cazeneuve. Mercredi matin, François Hollande réunissait le dernier conseil des ministres de son quinquennat. Un « moment très fraternel » selon le porte-parole Stéphane Le Foll.

Si certains ont décidé de se retirer de la vie politique, d’autres vont se lancer dans une bataille des législatives qui s’annonce périlleuse pour la gauche, tandis que quelques uns espèrent continuer leur carrière dans le giron du président de la République fraîchement élu, Emmanuel Macron . Petit tour d’horizon sur l’avenir du 39e gouvernement de la Ve République.

Ils se retirent de la vie politique

Premier ministre depuis décembre 2016, Bernard Cazeneuve a décidé de prendre ses distances avec la vie politique à un âge relativement jeune pour un responsable public (53 ans). Il ne se représente pas à la députation et a exclu toute participation au prochain gouvernement d’Emmanuel Macron, même s’il s’est dit « au service de (s)a famille politique » le temps des législatives. Le lundi 8 mai, il déclarait ainsi vouloir « se consacrer à l’écriture et à la vie associative à Cherbourg », ville dont il a été maire de 2001 à 2012.

Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et actuel ministre des Affaires étrangères, a lui aussi décidé de passer la main, que ce soit à l’échelon national ou dans son fief de Nantes. « L’honneur de la politique, ce n’est pas de s’accrocher tout le temps », expliquait-il fin février dans une interview à « Ouest France ».

Autre poids lourd du gouvernement à ne pas rempiler, le ministre de l’Economie Michel Sapin. A 65 ans, ce fidèle hollandais, camarade de promotion du chef de l’Etat à l’ENA, clôt une riche carrière gouvernementale, lui qui a participé à tout le quinquennat Hollande et qui a même été ministre de la Justice puis des Finances sous la présidence de François Mitterrand.

D’autres membres du gouvernement ont décidé de renoncer à toute fonction politique : le secrétaire d’Etat de l’Enseignement supérieur Thierry Mandon, qui va se recaser dans l’édition, même s’il déclarait récemment vouloir encore s’investir dans « la bataille des idées », comme il le dit ; le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies, qui se met en retrait après une riche carrière parlementaire, débutée en 1988 et Harlem Désir, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

Enfin, la ministre de la Culture Audrey Azoulay, un temps séduite par l’idée de briguer un mandat de député, a finalement décidé de se porter candidate à la présidence de L’Unesco.

Ils font les yeux doux à Emmanuel Macron

Que ce soit par espoir de récupérer une circonscription, un poste de ministre ou par simple adhésion idéologique, ils sont plusieurs dans l’équipe gouvernementale à adhérer, de manière plus ou moins explicite, à la dynamique du président élu, Emmanuel Macron.

Parmi eux, le très respecté ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui a constitué une des plus belles prises de guerre du candidat d’En Marche pendant la campagne, pourrait rempiler dans le nouveau gouvernement, même s’il a récemment fait part de sa fatigue après cinq années intenses à la Défense.

La secrétaire d’Etat à la Biodiversité Barbara Pompili, qui fut le premier membre du gouvernement à apporter son soutien à Emmanuel Macron, espère aussi conserver un maroquin. Elle sera en tout cas candidate aux législatives dans la Somme. De son côté, le secrétaire d’Etat aux Sports, Thierry Braillard, souhaite obtenir l’étiquette En Marche pour conserver sa circonscription du Rhône. Tout comme le secrétaire d’Etat au Développement Jean-Marie Le Guen, qui a annoncé mercredi qu’il allait briguer un nouveau siège de député à Paris « dans le cadre de cette majorité présidentielle ».

Quant à la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, qui a échoué en avril à prendre la présidence du Programme des Nations unies pour le développement,elle ne sera pas candidate aux législatives . Si elle estime que « le moment n’est pas encore venu » pour dire si elle compte prendre part au quinquennat d’Emmanuel Macron, l’ancienne candidate à la présidentielle s’est rapprochée du nouveau président ces dernières semaines.

Ils restent fidèles au PS pour les législatives

Les premiers sondages laissent présager une véritable débâcle pour le PS aux élections législatives , mais de nombreux membres du gouvernement vont tout de même tenter de récupérer un siège dans l’hémicycle sous les couleurs socialistes.

C’est le cas de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem (Rhône), du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll (Sarthe), du ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas (Finistère), de la ministre de la Santé Marisol Touraine (Indre-et-Loire), de la ministre du Travail Myriam El Khomri (Paris), du ministre de l’Intérieur Matthias Fekl (Lot-et-Garonne), de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse (Seine-Saint-Denis), du secrétaire d’Etat à l’Industrie et au Numérique Christophe Sirugue (Saône-et-Loire), du secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert (Meurthe-et-Moselle), de la secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes Juliette Méadel (Seine-et-Marne) et de la secrétaire d’Etat aux personnes âgées Pascale Boistard (Somme).

Enfin, deux membres du gouvernement vont retrouver leur siège au Sénat : la ministre des Familles Laurence Rossignol et le secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat Jean-Vincent Placé, dont les mandats courent jusqu’aux élections sénatoriales, qui se tiendront au mois de septembre.

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