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Par Mathilde Siraud

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a offert un tableau à François Hollande, intitulé «La bonne étoile».

Comme le veut la tradition, l’ancien chef de l’État est retourné à Solferino à la rencontre des militants et des élus juste après la passation de pouvoir. Dans une ambiance de fin de règne.

Contrairement à François Mitterrand en 1995, la visite de François Hollande au PS après son départ de l’Élysée n’est pas une cérémonie d’adieu. Le désormais ex-chef de l’État, qui vient de transmettre les clés de son bureau à Emmanuel Macron, n’entend pas quitter la vie politique. De la même manière que son prédecesseur socialiste, 22 ans plus tôt, il a pris soin de rendre visite aux troupes socialistes juste après la passation de pouvoir, dimanche matin. C’était la première fois que François Hollande, qui a dirigé le PS pendant onze ans (1997-2008), remettait les pieds à Solferino depuis 2012. Suivi de près par Julien Dray, le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis et les cadres socialistes comme Guillaume Bachelay ou Rachid Temal, François Hollande est apparu rue de Solferino à 11h20, s’adonnant à un timide bain de foule. Comme en 1995, des roses rouges avaient été distribuées aux militants présents pour accueillir l’ancien président. Quelques «merci François» retentissent, des «bravo», mais dans un contexte particulièrement difficile pour le PS, la ferveur n’y est pas. Même la gigantesque banderole «Merci», ciglée du visage de François Hollande et installée au-dessus du porche, sonne faux.

À l’intérieur, quelques responsables locaux, des militants, une petite poignée de parlementaires et de ministres se pressent dans la petite cour. L’assemblée clairsemée fait face à l’estrade qui attend François Hollande. L’ancien président de la République se fraie facilement un chemin, sous les applaudissements. L’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve est là, comme Stéphane Le Foll, Jean-Marc Ayrault, Myriam El Khomri, ou encore Patrick Kanner. Les parlementaires Christophe Caresche et le très hollandais Sébastien Denaja, au premier rang, sont aussi présents. Jean-Christophe Cambadélis, comme l’avait fait Henri Emmanuelli avec François Mitterrand, rend un court hommage à l’action de l’ancien chef de l’État. «Tu as su moderniser la France tout en conservant à celle-ci une concorde nationale», a vanté le responsable du PS.

 

François Hollande a lui aussi dressé un bilan positif de son quinquennat. Dans un discours d’environ vingt-cinq minutes, l’ancien chef des armées a rappelé la série d’attentats qui a frappé le pays pendant qu’il était au pouvoir, les crises économiques et monétaires qu’il a eu à affronter. «J’ai veillé à ce que notre pays puisse tenir bon dans ces circonstances. C’est ma fierté que d’y être parvenu», a-t-il souligné, en écho à ce qu’avait dit François Mitterrand en 1995: «on a tenu». «Permettez-moi de vous le dire: je laisse un pays dans un état de bien meilleur que celui que j’ai trouvé», en 2012 après le quinquennat de Nicolas Sarkozy, a insisté l’ex chef de l’État, salué par une salve d’applaudissements nourris.

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À 62 ans, François Hollande quitte l’Élysée à un moment où le PS traverse une crise sans précédent, menaçant de disparaître définitivement. «Il est toujours nécessaire de poursuivre ce mouvement», a souligné l’ancien patron du PS. «Ce mouvement, il durera et il donnera sans doute lieu à des formes nouvelles, à d’autres modes d’organisation, à des structures différentes d’aujourd’hui», a-t-il poursuivi, se montrant sûr que le socialisme «durera et perdurera». À un mois du scrutin des législatives, qui s’annoncent catastrophiques pour le PS, Hollande a tenté de mobiliser les troupes et leur a adressé un message de rassemblement. «Il faut que vous, vous soyez dans l’esprit de la construction, de la responsabilité, de l’unité, de la réussite», a-t-il dit. «Je vous accompagnerai partout où vous serez», a-t-il conclu.

En 1995, Henri Emmanuelli avait offert une Twingo verte à François Mitterrand, à l’issue de la cérémonie. Cette année, Jean-Christophe Cambadélis a remis un tableau de l’artiste Catherine Duchêne, intitulé … «La Bonne Étoile». Un clin d’oeil à celui que personne n’avait imaginé un jour devenir président de la République.

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