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Chaque jour qui passe depuis l’élection d’Emmanuel Macron le démontre : le nouveau président de la République a beaucoup appris des erreurs de ses prédécesseurs. Il ne sera pas un chef de l’Etat normal, il usera des symboles de la fonction et présidentialisera jusqu’à son pas ; il ne sera pas un président commentateur de l’instant, sa parole sera plus rare ; il ne sera pas un leader politique qui oublie ses dettes, il vient de le prouver en formant son premier gouvernement.

Là où François Hollande avait tenu à l’écart un François Bayrou avide de le rejoindre, là où Jacques Chirac avait fait payer aux balladuriens leur trahison passée, Emmanuel Macron, lui, renvoie l’ascenseur à ceux qui l’ont fait monter sur le podium de l’Elysée. Et il paye rubis sur l’ongle : les fidèles des premiers jours d’En Marche ! qui l’ont fait décoller (Gérard Collomb, Richard Ferrand), les ralliés du MoDem qui l’ont placé en tête de la course (François Bayrou, Marielle de Sarnez), les transfuges de la droite qui n’ont pas attendu les élections législatives pour envoyer des offres de service (Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin), tous récupèrent leur mise.

Ayant payé ses dettes, le chef de l’Etat va-t-il, comme le veut l’adage, désormais s’enrichir ? Autrement dit, peut-il, avec cette équipe, espérer remporter les prochaines élections législatives ? On le saura très vite. Car, ayant emprunté un peu partout, chez des créanciers et de droite et de gauche, et du centre et d’ailleurs, il se retrouve avec un gouvernement multicolore dont on perçoit déjà les risques d’incohérences. Un ministre de l’Economie qui voulait réduire la CSG et devra l’augmenter, un ministre de la Transition écologique qui veut défendre Notre-Dame-des-Landes et devrait l’évacuer, les cas de conscience ne vont pas manquer. Lui a montré qu’il pouvait faire la synthèse, mais les autres…

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