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© ALBERTO PIZZOLI / AFPGérard Collomb et Mgr Barbarin, le 30 novembre 2016 sur la place Saint-Pierre.

Le ministre de l’Intérieur est également titulaire du portefeuille des Cultes. C’est donc désormais Gérard Collomb, qui vient de quitter son mandat de maire de Lyon, qui assumera cette charge.

Autrefois ministère à part entière, le ministère des relations avec cultes a été définitivement rattaché au ministère de l’Intérieur en 1912. L’annonce du gouvernement d’Edouard Philippe, ce mercredi 17 mai, a dévoilé l’identité de celui qui occupera cette responsabilité : il s’agit de Gérard Collomb, 69 ans, désormais ex-maire de Lyon, et soutien de la première heure d’Emmanuel Macron et du mouvement En marche !.

Les prérogatives du locataire de la place Beauvau en matière cultuelle sont importantes : elles ont notamment pour vocation de veiller à la bonne application de la loi de 1905 sur la laïcité. Ces questions sont traitées par la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ), directement rattachée au secrétariat général du ministère de l’Intérieur. Au sein de cette direction, le Bureau central des cultes (BCC) joue un rôle directement opérationnel.

Considérant que l’État ne reconnaît aucun culte, mais n’en ignore aucun, le BCC assure les relations avec les principaux responsables des cultes, à commencer par les principaux : le catholicisme, le protestantisme, l’orthodoxie, le judaïsme, l’islam et le bouddhisme. Le BCC contribue aussi à la préparation de la législation sur les questions cultuelles et pilote la répression des infractions à la législation sur la laïcité. Une structure particulière traite du cas spécifique de l’Alsace-Moselle, toujours sous régime concordataire.

Franc-maçon et « catho-friendly »

Gérard Collomb, désormais « premier flic de France », est donc le nouveau ministre des Cultes. Il présente un profil singulier. Franc-maçon assumé, que l’on dit initié au Grand Orient de France, la plus laïciste des obédiences maçonniques, il a noué des relations cordiales avec les catholiques lyonnais. La municipalité n’avait ainsi pas hésité à subventionner des projets portés par des organisations catholiques. À telle enseigne qu’une plainte avait été déposée en février 2013 par une loge de Villeurbanne pour exiger son exclusion de la franc-maçonnerie.

Autre signe de la « laïcité apaisée » dont Gérard Collomb semble un partisan : ses rapports avec le cardinal Barbarin sont bons. Si bons que l’ancien maire de Lyon lui avait publiquement apporté son soutien en mai 2016, alors que le scandale sur les affaires de pédophilie dans le diocèse atteignait son paroxysme. Dans une interview sur RMC/BFMTV, il avait ainsi dénoncé le « faux-procès » dont le primat des Gaules aurait été victime. Un profil atypique donc, pour ce fils d’une mère catholique et d’un père athée, ancien militant de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) alors qu’il s’était détaché de la pratique religieuse, et qui voit dans la célèbre fête des Lumières de Lyon un mariage malicieux de la tradition catholique et de la symbolique maçonnique, comme le rappelle le spécialiste François Koch sur son blog.

Du côté de Mgr Philippe Barbarin, l’arrivée de Gérard Collomb place Beauvau a été accueillie positivement. Si le cardinal regrette, dans une interview au Progrès, son départ de la mairie de Lyon, il considère que ses nouvelles fonctions pourraient avoir des conséquences favorables à l’échelle nationale :

« A Lyon, il a favorisé un vrai climat de concorde et de solidarité et j’espère de tout cœur qu’il saura élargir cet esprit à tout notre pays. Il a compris mieux que d’autres que la laïcité ne se construisait pas en opposition avec les cultes, ni même en leur absence, mais dans un dialogue franc et confiant avec les croyants, celui–là même qui permet aussi de dire nos désaccords ».

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