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Par Jean-Christophe Chanut

Afin de se ménager la bienveillance de certains possibles députés PS et Les Républicains, La République en marche, le mouvement d'Emmanuel Macron, a renoncé à présenter des candidats aux législatives  face à certaines figures emblématiques comme  Marisol Touraine, Myriam El Khomri (PS) ou encore Thierry Solère (Les Républicains.)
Afin de se ménager la bienveillance de certains possibles députés PS et « Les Républicains, « La République en marche », le mouvement d’Emmanuel Macron, a renoncé à présenter des candidats aux législatives face à certaines figures emblématiques comme Marisol Touraine, Myriam El Khomri (PS) ou encore Thierry Solère (« Les Républicains ».) (Crédits : Reuters)
« La République en marche », le mouvement de soutien à Emmanuel Macron, a décidé de « ménager » certains candidats de droite et de gauche aux législatives en n’investissant personne face à eux. Objectif: élargir une majorité potentielle au lendemain du scrutin…

Depuis 18 heures vendredi 19 mai, il n’est plus possible de poser sa candidature pour les élections législatives, telle est la règle qui veut que les postulants dans les 577 circonscriptions se déclarent le quatrième vendredi qui précède le premier tour (le 11 juin cette année). Et, force est de constater que, contrairement aux propos de campagne du candidat Macron, il n’y aura finalement pas 577 candidats de son mouvement « En Marche ! » – devenu « La République en marche » (LREM)- et ce afin de ne pas « gêner » certains ralliés potentiels à gauche comme à droite à l’issue du scrutin… Tactique politique oblige pour le président, s’il veut obtenir une majorité absolue grâce à certains raliements. Cet objectif mérite donc quelques petits arrangements. Mais le PS et « Les Républicains » aussi ont décidé de faire quelques concessions pour ne pas insulter l’avenir et éviter des déchirements supplémentaires.

Quand les amis de Macron ménagent à droite et à gauche

Finalement donc LREM présentera une liste de 526 candidats… soit une cinquantaine de moins qu’initialement prévu. Et pour cause, plusieurs « personnalités » de gauche et de droite vont être favorisées.

A droite, il s’agit essentiellement de ceux qui ont signé l’appel à saisir la « main tendue » par Emmanuel Macron. Il en va notamment ainsi du ministre Bruno Le Maire dans l’Eure et des députés « LR » ou UDI sortants Franck Riester et Yves Jégo (Seine-et-Marne), Thierry Solère (Hauts-de-Seine). Mais le cas le plus emblématique est sans doute en Seine-Maritime (7eme circonscription) où Agnès Firmin Le Bodo (LR) qui souhaite succéder à Edouard Philippe, devenu Premier ministre, ne trouvera pas de candidat… LREM en face d’elle.

Mais, avec certains « amis » potentiels, le mouvement LREM a parfois utilisé une autre tactique : certes, il présente des candidats contre les représentants de la droite mais ce sont loin d’être des poids lourds… pour ne pas trop gêner. C’est notamment le cas face au « juppéiste » et ami d’Edouard Philippe, Gilles Boyer dans la 8eme circonscription des Hauts-de-Seine. Mais aussi de Nathalie Kosciusko Morizet dans la seconde circonscription de Paris… A noter d’ailleurs que NKM doit aussi faire face à une liste dissidente de droite menée par Jean-Pierre Lecoq (maire du 6è arrondissement) – qui va être exclu du parti LR pour ce fait – qui lui reproche sa valse-hésitation autour d’Emmanuel Macron…

Personne de chez Macron et du PS face à Valls

Mais des personnalités du parti socialiste ont aussi droit à de petits cadeaux. Plusieurs ne trouveront pas de candidats LREM sur leur chemin. Il en va notamment ainsi de Myriam El Khomri, ancienne ministre du Travail, à Paris, Marisol Touraine, ancienne ministre de la Santé, en Indre-et-Loire ou encore François Pupponi, député sortant du Val-D’oise et maire de Sarcelles et de Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’Agriculture, dans la Sarthe. Quant à la présidente du PRG, Sylvia Pinel (Tarn-et-Garonne), elle bénéficie carrément de l’investiture LREM…

Mais le comble de la bienveillance concerne certainement l’ancien Premier ministre Manuel Valls… Pour sa candidature dans l’Essonne, il s’est auto-attribué l’étiquette « majorité présidentielle » mais, surtout, il ne sera confronté ni à une candidature des amis d’Emmanuel Macron ni… du parti socialiste. Une très grande mansuétude donc…

En revanche, l’ancienne ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud Belkacem, ne bénéficie pas du même régime de faveur dans la 6ème circonscription du Rhône (Villeurbanne). Elle va en effet trouver en face d’elle un redoutable candidat investi LREM en la personne du très médiatique entrepreneur Bruno Bonnell. Un duel saignant s’annonce !

A noter que dans cette région Rhône-Alpes-Auvergne, Laurent Wauquiez – qui aspire à prendre la tête du parti « Les Républicains »-  ne se représente pas à la députation, officiellement pour conserver la présidence de la région et ne pas être victime des textes sur le non cumul des mandats.

Mais ces règlements de comptes  et petits arrangements ne sont pas l’apanage de LREM. Ainsi, Bruno Le Maire, dans l’Eure (première circonscription), qui fait figure de « traitre » aux yeux de nombreux dirigeants de la droite, se verra opposer une candidature …LR. A l’inverse, le PS ne présente pas de candidat dans les Alpes de Haute Provence dans la circonscription du nouveau porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, longtemps membre du PS..

http://www.latribune.fr

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