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La République en marche a pris la décision de ne pas présenter de candidats où des proches d’Édouard Philippe et de Bruno Le Maire étaient amenés à se présenter. Un cadeau qui concernerait entre 20 et 25 circonscriptions.

Investitures LREM : voilà qui a été payé combien pour son ralliement

Jean-Pierre Schmidt
 Au regard de la carte des candidats investis par La République En Marche, que peut-on dire des concessions qui ont pu être obtenues par Edouard Philippe dans la perspective de la formation d’un groupe parlementaire ? Selon ces résultats, dans quelle mesure Edouard Philippe et les siens ont-ils négocié habilement vis-à-vis de La République En Marche ?

Jean-Pierre Schmidt : La décision prise par LREM a été de ne pas présenter de candidats où des proches du Premier ministre et de Bruno Le Maire étaient amenés à se présenter. Dans la majorité de ces circonscriptions, on va dire que la majorité des candidats de la droite et du centre n’était pas menacée par les candidats LREM.

Le cadeau fait n’a donc pas couté cher.On peut dire qu’entre 20 et 25 circonscriptions étaient concernées, dont 16 à 18 acquises à la droite et au centre.

Parmi les candidats investis et qui ont un candidat En Marche!, peut-être que certains seront sensibles aux sirènes du Premier ministre. On pourrait ainsi finir avec 25/30 députés.

Quelles sont les autres concessions qui ont pu être faites par LREM sur les candidats investis, et notamment sur les « circonscriptions gagnables » ?

Il faut attendre la fin du dépôt des candidatures qui aura lieu ce soir car d’ici -là, il pourrait y avoir quelques retraits ou des candidats En Marche ! qui ne déposent finalement pas leur bulletin de vote. De façon globale, là où les candidats En Marche ! n’étaient pas présents, on ne peut pas dire qu’il s’agissait de circonscriptions où les chances de gagner étaient élevées, que ce soient dans les circonscriptions de droite ou de gauche. Dans la majorité des circonscriptions de gauche, les candidats En Marche ! ne sont pas en mesure de remporter les sièges.

 Selon le dernier baromètre Opinion Way pour Les Echos paru ce jeudi, La République En Marche serait créditée de la majorité absolue, avec un nombre de députés compris entre 280 et 300, sans compter l’Outre-Mer, la Corse et les Français de l’étranger. Dans ces conditions, quels sont les principaux risques encourus par LREM au lendemain des législatives ? Quelles sont les menaces « de l’intérieur » qui pourraient peser sur le mouvement ?

Selon la projection que j’ai réalisée avant que ne sorte ce dernier sondage, j’obtenais 170 circonscriptions pour la droite, 10 pour le Front national, 220 pour En Marche !, la gauche et la France insoumise confondus, et 170 incertaines parmi lesquelles 70 étaient plus qu’incertaines, sans que je puisse voir qui pourrait être qualifié pour le 2d tour. Dans la centaine incertaine, vous avez souvent un candidat socialiste ou En Marche ! face à la droite, où le rapport de forces peut évoluer. Il conviendrait de connaître l’offre politique en intégralité pour savoir si certaines de ces circonscriptions incertaines vont voir s’affronter un candidat de droite face à un candidat Front national, un candidat En Marche ! face à un candidat Front national, où une triangulaire avec la France insoumise, En Marche !, et la droite. Il peut y avoir différentes configurations dans ces circonscriptions, qui font que cela peut faire basculer 10,15 ou 20 circonscriptions dans un camp ou dans un autre. Encore une fois, sans connaître l’offre politique dans son intégralité, les choses sont incertaines.

Pour revenir à votre question, tout dépendra du résultat. Dans le cas où En Marche! finirait, par exemple, avec 337 députés, il n’y aurait pas de gros risques.En revanche, si le mouvement finit avec 297 députés, automatiquement, cela aura une incidence non négligeable. Sur ces 297 députés, vous avez 31 députés Modem, cela veut dire que ces derniers peuvent peser « lourd » au sein de cette majorité, même s’ils ne représentent que 10%.

Je pense que beaucoup de députés ayant été élus le doivent essentiellement au président de la République. Ainsi, je ne suis pas trop inquiet sur la solidité globale. Cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir quelques difficultés face à un texte, dans la mesure où, majoritairement, les candidats En Marche ! penchent tout de même à gauche. Sur les 300 députés potentiels, 150 pourraient venir du PS, 30 à 35 du Modem, 25 ayant une sensibilité de droite, les autres étant de la société civile. Il est intéressant de se demander ce que sera le comportement de ces derniers en fonction du vote des textes.

http://www.atlantico.fr/

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