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 Dire que les déboires de Richard Ferrand « tombent mal » est un doux euphémisme. Laissons les sermonneurs de tout poil s’écharper sur la légalité et la moralité de l’opération immobilière présentée a minima comme une erreur. Abandonnons aux politologues amusés le soin de confronter, jusque dans ses maladresses, la défense du ministre de la Cohésion des territoires avec celle du candidat Fillon. Et admettons que l’opposition croit pouvoir profiter de sa revanche, l’arroseur se trouvant arrosé. La question n’est pas là : cette polémique autour d’un proche du Président abîme de facto l’acte emblématique de l’entame du quinquennat, la loi de moralisation de la vie publique.

Afin de restaurer la confiance dans les institutions et dans les valeurs républicaines, il faut certes chasser les abus, accroître la transparence, organiser la réhabilitation des élus. Sans minorer bien sûr l’exigence d’exemplarité des citoyens. Mais la nouvelle polémique Ferrand démontre qu’un gouvernement ne sera jamais assez propre, un texte législatif jamais assez global et une Haute Autorité jamais assez intrusive pour étouffer la suspicion généralisée, terreau privilégié du populisme. Comment dès lors ne pas voir que cette course sans fin vers la vertu mènera à la terreur ?

Voilà pourquoi à l’impératif d’une loi charpentée devrait s’ajouter la nécessité de nouvelles pratiques démocratiques. Où le respect des contre-pouvoirs serait préféré à l’excès de pouvoir, où le contrôle de l’application des lois l’emporterait sur la multiplication des lois de circonstance, où des règles de la vie politique assureraient, contre les rentiers, l’ouverture à de nouveaux talents. Car plus que l’ultra-transparence, c’est l’ultra-compétence, mère de l’efficacité, qui parviendra à bannir le soupçon.

http://www.lopinion.fr

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