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Bernard Cazeneuve a annoncé dimanche soir sa décision de « porter plainte » contre Jean-Luc Mélenchon, après de nouveaux propos du leader de la France insoumise autour de la mort de Rémi Fraisse en fin de semaine à Marseille relevant selon lui de la « diffamation ».

Cazeneuve va porter plainte contre Mélenchon après de nouveaux propos sur la mort de Fraisse

Lors d’une réunion publique en fin de semaine à Marseille, où il est candidat aux législatives dans la 4e circonscription, M. Mélenchon a de nouveau accusé l’ancien ministre de l’Intérieur d’être responsable de la mort de Rémi Fraisse, selon des propos diffusés ce dimanche dans un reportage de l’émission « C politique » sur France 5. AFP

 Bernard Cazeneuve a annoncé dimanche soir sa décision de « porter plainte » contre Jean-Luc Mélenchon, après de nouveaux propos du leader de la France insoumise autour de la mort de Rémi Fraisse en fin de semaine à Marseille relevant selon lui de la « diffamation ». Lors d’une réunion publique en fin de semaine à Marseille, où il est candidat aux législatives dans la 4e circonscription, M. Mélenchon a de nouveau accusé l’ancien ministre de l’Intérieur d’être responsable de la mort de Rémi Fraisse, selon des propos diffusés ce dimanche dans un reportage de l’émission « C politique » sur France 5.

« Cazeneuve, le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse. Le gars qui a fait gazer, matraquer toutes les manifestations et qui prend maintenant sa tête de petit sainte-nitouche pour dire que c’est moi qui ne sais pas choisir entre le Front national et je sais pas qui », a lancé le leader de LFI. « Coutumier de l’outrance et de l’abaissement du débat public, Jean-Luc Mélenchon a franchi la frontière de la diffamation. Par ses propos à mon sujet, il démontre que l’insulte est devenu son mode de pensée et d’expression », a réagi M. Cazeneuve dans un communiqué.

« Parce que je crois que le débat d’idée implique du respect et doit prévaloir sur l’invective, la manipulation et le mensonge, j’ai décidé de porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon pour diffamation », a ajouté l’ancien Premier ministre, désormais chef de file du PS pour les législatives des 11 et 18 juin. Vendredi, l’ancien chef du gouvernement avait dénoncé vendredi le « discours de haine » et les « accusations abjectes » à son encontre de M. Mélenchon.

Lors d’un meeting mercredi à Paris, l’ancien candidat à la présidentielle s’en était vivement pris à M. Cazeneuve, ce « type » qui « ose la ramener avec son costume de bedeau. Oui le bedeau du capital et de ce gouvernement! Qui est-ce qui a tué Rémi Fraisse sauf erreur? C’est pas moi? non? ». Rémi Fraisse est un jeune militant écologiste tué en 2014 par le jet d’une grenade de gendarmes près du chantier controversé de retenue d’eau à Sivens (Tarn), alors que M. Cazeneuve était ministre de l’Intérieur.

« Faute politique et morale »

M. Cazeneuve avait également dénoncé auparavant « une faute politique et morale » de M. Mélenchon pour « ne pas avoir appelé clairement à voter » pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Le PS a condamné dimanche les « propos diffamatoires et volontairement provocateurs » à ses yeux de Jean-Luc Mélenchon à l’encontre de Bernard Cazeneuve, jugeant que le leader de la France insoumise a recouru à « des méthodes que ne réprouverait pas l’extrême droite sur internet ».

« Jean-Luc Mélenchon s’en prend à l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve avec des méthodes que ne réprouverait pas l’extrême droite sur internet. Le leader de la France insoumise, en perte de vitesse, tente de relancer grossièrement sa campagne en estimant que Bernard Cazeneuve s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse », a écrit le Parti socialiste dans un communiqué.

Pour le PS, « ces propos diffamatoires et volontairement provocateurs ne sauraient faire oublier que Jean-Luc Mélenchon n’a pas voulu prendre position contre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle ». Il « condamne fermement ce type de propos qui affaiblissent la démocratie », dans son communiqué.

« C’est tellement narcissiant »

« Jean-Luc Mélenchon a sans doute gagné le premier prix de l’outrance à l’occasion du dernier dîner organisé par l’alliance bolivarienne, et s’en est trouvé grisé. On ne peut pas lui en vouloir, c’est tellement narcissisant », a ironisé l’ancien Premier ministre.

Mercredi, M. Mélenchon s’en était vivement pris à M. Cazeneuve, ce « type » qui « ose la ramener avec son costume de bedeau. Oui, le bedeau du capital et de ce gouvernement! Qui est-ce qui a tué Rémi Fraisse, sauf erreur? C’est pas moi? non? ». Rémi Fraisse est un jeune militant écologiste tué en 2014 par le jet d’une grenade de gendarmes près du chantier controversé de retenue d’eau à Sivens (Tarn), alors que M. Cazeneuve était ministre de l’Intérieur.

Dans une tribune publiée le 1er mai dans Libération, Bernard Cazeneuve avait estimé que, de la part de M. Mélenchon et ses soutiens, ne pas appeler à voter pour Emmanuel Macron, contre Marine Le Pen, était une « impardonnable faute morale ».

Benjamin Griveaux, porte-parole de la République en Marche et candidat aux législatives dans la 5e circonscription de Paris, concernant la plainte que veut déposer Bernard Cazeneuve contre Jean-Luc Mélenchon, qui lui a attribué « l’assassinat » de Rémi Fraisse.

« Il a raison Bernard Cazeneuve, ce sont des propos indignes d’un responsable politique, qui montrent sans doute une grande fébrilité ». « Jean-Luc Mélenchon l’avait démontré avec beaucoup de confusion dans l’entre-deux-tours, à ne pas vouloir choisir entre l’extrême droite d’un côté et un parti qui est fidèle aux valeurs de la République de l’autre ».

« Et là, il démontre à nouveau que, sans doute, la blessure egotique du premier tour de la présidentielle, le fait qu’il n’était pas qualifié pour le second, aujourd’hui se transforme en des propos de tribunes qui sont des insultes, des attaques graves. J’espère qu’il sera condamné ».

Afp

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