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Le 30 mai 1943, dans un hôtel de la banlieue de Londres, l’écrivain-journaliste Joseph Kessel, son neveu Maurice Druon, la musicienne Anna Marly et quelques amis composent un chant qui deviendra sous le nom de Chant des Partisans l’hymne de la Résistance française au nazisme et à l’occupation allemande.

Joseph Kessel. Source : photo DMPA

Joseph Kessel, un géant chevelu, discute avec un garçon pâle, svelte, Maurice Druon. À leurs côtés se tient Anna Marly, la belle chanteuse de la Résistance.

Anna Marly. Source :  Photo CMMAT

Ils se sont déjà vus. Ils cherchent depuis quelque temps les phrases et un air pour une chanson emblématique. Ils ont trouvé, enfin.

Naissance du Chant des partisans. Anna Marly chante devant les micros de la BBC.

L’air sera entonné par les résistants dans toute la France : il deviendra l’hymne de la Libération.

 

Partition originale du chant des Partisans. Source :  Photo CMMA

 » Ami entends-tu …  » Et ce chant perdure. Non seulement dans les mémoires, mais aussi à nos oreilles : il a été récemment repris par un groupe toulousain.

Référence hier pour les combattants de la liberté, référence aujourd’hui pour des jeunes musiciens, cet hymne de la Résistance porte en lui les valeurs de la liberté, de la dignité, du courage, de l’exemplarité, autant de valeurs que le Secrétariat d’Etat aux anciens combattants souhaite transmettre aux enfants et adolescents de la nation.

Les paroles du chant des Partisans

« Il ne reste de l’original que l’idée, la coupe et les corbeaux. Mais le texte est beau, il s’emboîte dans ma musique ». Joseph Kessel à Ana Marly, le 30 mai 1943

Ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines.

Ami entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne,

Ohé partisans ouvriers et paysans, c’est l’alarme !

Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes

Montez de la mine, descendez des collines, camarades.

Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.

Ohé! les tueurs à la balle et au couteau tuez vite !

Ohé! Saboteurs attention à ton fardeau Dynamite !

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.

La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.

Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.

Ici, nous vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève

Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait, quand il passe

Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.

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