Le Qatar assure qu’il n’y aura pas «d’escalade» de sa part

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Le Premier ministre qatari a réagi à la décision de plusieurs pays alliés de rompre les liens diplomatiques.
L’émir du Qatar
: Tamim ben Hamad Al Thani © Reuters
L’émir du Qatar : Tamim ben Hamad Al Thani © Reuters

Accusé de soutenir le terrorisme et mis au ban diplomatique par l’Arabie saoudite et plusieurs de ses alliés, le Qatar a appelé mardi à «  un dialogue ouvert et honnête  » pour sortir de cette crise.

Dans un discours diffusé par la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, le chef de la diplomatie de l’émirat, Mohammed bin Abdul Rahman, a assuré qu’il n’y aura pas «  d’escalade  » de la part du Qatar, allié de longue date des Etats-Unis, comme l’Arabie saoudite.

«  Notre relation avec les Etats-Unis est stratégique  », a-t-il insisté : «  Il y a des choses sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord, mais les secteurs dans lesquels nous coopérons sont plus nombreux que ceux dans lesquels nous divergeons  ».

Désormais sur la touche dans la région, l’émirat a vu lundi matin l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Yémen, l’Egypte et les Maldives rompre toute relation diplomatique avec lui.

Le Qatar avait au départ réagi avec colère, accusant ses voisins de vouloir le mettre » sous tutelle « et de l’étouffer économiquement.

Les réactions internationales

L’émir du Koweït, seul membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) avec Oman à ne pas avoir rejoint ce mouvement de rupture, avait reçu lundi un émissaire du roi saoudien Salmane avant d’appeler l’émir du Qatar pour l’«  exhorter à la retenue  ».

Alliée à la fois de Ryad et de Doha, Washington avait invité les pays du Golfe à rester «  unis  » lundi.

Les chefs de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif et russe Sergueï Lavrov se sont entretenus séparément avec leur homologue qatari. Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine ont aussi appelé «  à des solutions de compromis  ».

Ces déclarations, considérées comme authentiques par Ryad et Abou Dhabi, rompaient avec le consensus régional sur des sujets sensibles, et notamment l’Iran, vu comme un allié stratégique par Doha mais considéré par les Saoudiens comme «  le fer de lance du terrorisme  ».

« C’est la panique »

Les conséquences économiques pourraient être grandes pour le Qatar. L’Egypte et six compagnies aériennes du Golfe ont suspendu leurs vols sur Doha. Et la compagnie Qatar Airways devra rallonger ses nombreuses routes vers l’Europe et les Amériques, ne pouvant plus utiliser l’espace aérien saoudien.

La fermeture du seul accès terrestre au Qatar, via l’Arabie saoudite, affectera lui les importations de biens de consommation.

Affolés par ce blocus de facto saoudien, des habitants de Doha ont pris d’assaut les supermarchés lundi, et le lait, le riz ou le poulet ont rapidement disparu des rayons. «  C’est la panique  », a témoigné Ernest, un Libanais, poussant deux chariots pleins à craquer.

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