Le département d’Etat américain contredit Trump sur le Qatar

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 Le ministère s’étonne que les pays arabes qui ont mis en quarantaine l’émirat gazier ne soient pas en mesure de fournir des preuves de son soutien supposé au terrorisme.

Le mot est inhabituel en langage diplomatique. Le département d’Etat américain s’est dit mardi « abasourdi » par le fait que les pays arabes qui ont rompu leurs relations avec le Qatar n’aient fourni aucune preuve à l’appui des accusations de soutien au terrorisme lancées contre l’émirat pour justifier son isolement.

« Plus le temps passe, plus les doutes se renforcent » sur le véritable mobile de l’initiative prise par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis , avec le soutien notamment du Bahreïn et de l’Egypte, a déclaré la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert.

« A ce stade, nous en sommes réduits à nous poser une question simple : ces mesures ont été réellement prises en raison d’inquiétudes concernant le soutien présumé du Qatar au terrorisme ou bien sont-elles le résultat de contentieux de longue date avec et entre pays du CCG », a-t-elle demandé.

Un pays jugé trop proche de Téhéran

Selon les experts de la région, l’initiative de l’Arabie saoudite et de ses alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’explique surtout par l’attitude jugée trop conciliante du Qatar envers l’Iran et par la libre parole accordée par sa chaîne de télévision vedette, Al Djazira, aux détracteurs des régimes de ses voisins.

Les propos du département d’Etat tranchent avec ceux du président américain Donald Trump, qui a accusé le Qatar d’être un soutien « de haut niveau » du terrorisme. Ce qui n’avait pas empêché Washington de vendre des avions F15 au petit émirat gazier peu après la crise.

L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Qatar sont des alliés clefs des Etats-Unis. Le fait que Washington s’interroge publiquement sur les motivations de deux premiers pays illustre le souhait du gouvernement américain d’une résolution du différend. « Nous venons de dire aux parties concernées. Mettons un terme à tout cela. Allons de l’avant », a déclaré Heather Nauert.

L’ambassadeur du Qatar aux Etats-Unis, Meshal Hamad al-Thani, a salué les déclarations du département d’Etat, ajoutant dans un tweet : « Nous sommes confiants dans la capacité des Etats-Unis à résoudre cette crise ». L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis n’avaient pas commenté à ce stade les propos de Washington au sujet de la crise qatarie.

https://www.lesechos.fr

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