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Sébastien Blanc  – Agence France-Presse à Washington
Une avocate de l’Association des avocats immigrants américains, Maggie Castillo, à gauche, offrait vendredi ses services juridiques à un kiosque improvisé à l’aéroport international de Los Angeles.
Photo: Stephen Carr Associated Press Une avocate de l’Association des avocats immigrants américains, Maggie Castillo, à gauche, offrait vendredi ses services juridiques à un kiosque improvisé à l’aéroport international de Los Angeles.

Avocats et militants des droits de l’homme se relayaient vendredi dans plusieurs aéroports des États-Unis, quelques heures après l’entrée en vigueur du décret anti-immigration de Donald Trump, afin d’apporter une aide juridique aux voyageurs des pays concernés.

Des avocats bénévoles ont improvisé des points d’information, certains comportant des panneaux écrits en arabe, notamment dans les aéroports de New York, Los Angeles, San Francisco, Chicago et Washington, afin de fournir une aide juridique aux immigrés en ayant besoin.« Nous sommes simplement là pour surveiller, pour informer les gens sur ce qui se passe et pour faire remonter ce que nous observons », a expliqué Camille Mackler, de la New York Immigration Coalition, au site d’information The Daily Beast.

Elle faisait partie des volontaires présents à l’aéroport JFK de New York pour attendre les vols en provenance de Londres, Istanbul, Doha et Abou Dhabi.Des militants opposés à la politique migratoire de Donald Trump ont aussi manifesté. À Los Angeles, certains brandissaient des pancartes qualifiant le président américain de « fasciste ».

Le dispositif censé prévenir l’arrivée de « terroristes étrangers » interdit temporairement l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de six pays musulmans (Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen), ainsi qu’aux réfugiés du monde entier.Mais après cinq mois de contentieux devant les tribunaux, de nombreuses questions restaient en suspens sur la plus controversée des mesures du président républicain, réinstaurée partiellement lundi par la Cour suprême.

L’Iran a été prompt à réagir. « Les États-Unis interdisent désormais aux grands-mères de voir leurs petits-enfants, dans une démonstration vraiment honteuse d’hostilité aveugle envers tous les Iraniens », a écrit sur Twitter le chef de la diplomatie du pays, Mohammad Javad Zarif.La portée de cette nouvelle version du texte a été limitée par les hauts magistrats : le décret exempte quiconque pouvant justifier d’une « relation valable avec une personne ou une entité aux États-Unis ».

Ainsi, quelqu’un venant rendre visite à un membre de sa « famille proche » sera admis. Tout comme le sera un étudiant intégrant une université américaine ou un salarié recruté par une entreprise locale. Ou encore un professeur convié à donner une conférence aux États-Unis.Cette notion de « relation valable » a plongé les juristes dans la perplexité. Comment un réfugié syrien pourrait-il prouver l’existence d’un lien préalable entre lui et les États-Unis ? se sont-ils demandé.

Selon les consignes du département de la Sécurité intérieure, toute personne ayant bénéficié d’un visa avant l’entrée en vigueur du décret sera admise aux États-Unis, tout comme les réfugiés ayant réservé leur voyage avant le 6 juillet.Dans un câble adressé aux ambassades américaines et une conférence téléphonique ouverte à la presse jeudi, des responsables gouvernementaux ont tenté de tempérer et d’apporter des clarifications.

La notion de « famille proche » regroupe « les parents [y compris les beaux-parents], les époux, enfants, fils ou fille adultes, gendres, belles-filles et membres de la fratrie, qu’il s’agisse de frères et soeurs entiers ou de demi-frères et demi-soeurs », a précisé le télégramme diplomatique.Sont donc exclus les grands-parents, petits-enfants, oncles et tantes, neveux et nièces, cousins, fiancés, beaux-frères et belles-soeurs.

La « relation valable » doit selon le gouvernement être « formelle, documentée et avoir été établie dans des circonstances ordinaires plutôt que dans l’objectif d’échapper au décret ».Une simple réservation hôtelière ne sera pas considérée comme suffisante pour qu’un touriste originaire d’un des six pays obtienne un visa.

Aucun signe de troubles ou de panique n’a été observé dans les heures suivant l’entrée en vigueur de cette nouvelle mouture du texte, contrairement à ce qui s’était produit le 27 janvier dernier lors de la mise en oeuvre d’une première version du décret migratoire.

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