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La France a qualifié mardi d'"avancée importante" le vote des Etats membres de l'Union européenne sur une définition des perturbateurs endocriniens, une étape qui pourra permettre de retirer du marché des pesticides contenant ces agents chimiques potentiellement dangereux. "Il s'agit d'une avancée importante pour la santé et l’environnement", se sont félicités à Paris Nicolas Hulot (photo), Agnès Buzyn et Stéphane Travert. /Photo prise le 18 mai 2017/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) – La France a qualifié mardi d' »avancée importante » le vote des Etats membres de l’Union européenne sur une définition des perturbateurs endocriniens, une étape qui pourra permettre de retirer du marché des pesticides contenant ces agents chimiques potentiellement dangereux.

Les ministres français de la Transition écologique, de la Santé et de l’Agriculture ont parallèlement annoncé des mesures « complémentaires ».

La Commission européenne a pour sa part présenté l’adoption de critères d’identification des perturbateurs endocriniens, présents dans des pesticides mais aussi des produits de la vie courante, comme « une étape décisive sur la voie d’une meilleure protection des citoyens contre les substances nocives ».

« Une fois mis en oeuvre, ce texte garantira que toute substance active utilisée dans des pesticides et reconnue comme un perturbateur endocrinien pour les humains et les animaux pourra être évaluée et retirée du marché », écrit le commissaire à la Santé, Vytenis Andriukaitis, dans un communiqué.

Au-delà des pesticides, l’objectif de la Commission est d’englober à l’avenir les jouets, les produits cosmétiques et les emballages alimentaires.

Le vote de mardi met fin à de longs débats à Bruxelles sur le sujet.

« DÉFINITION IMPARFAITE »

« Il s’agit d’une avancée importante pour la santé et l’environnement », se sont félicités à Paris Nicolas Hulot, Agnès Buzyn et Stéphane Travert, tout en annonçant des mesures nationales dans ce domaine.

« S’agissant des substances concernées par l’exemption prévue, dès lors que des préoccupations s’expriment, le gouvernement s’engage à utiliser la procédure prévue par le droit européen permettant, sur la base d’analyses scientifiques et techniques menées au niveau national, d’interdire la mise sur le marché français de produits contenant ces substances », expliquent les trois ministres dans un communiqué commun.

Ils annoncent aussi la saisine de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) afin de mener une « évaluation des risques des produits les plus utilisés contenant ces substances ».

« Le gouvernement (…) prend également des mesures pour améliorer la transparence sur les produits phytopharmaceutiques et biocides mis sur le marché français, et qui contiennent des perturbateurs endocriniens », lit-on encore dans le communiqué.

Plusieurs associations européennes ont déploré un manque d’ambition du texte de la Commission et appelé le Parlement européen à le rejeter.

Générations futures regrette dans un communiqué « l’insuffisance des critères adoptés (…), qui ne garantiront pas un bon niveau de protection de la santé humaine et de l’environnement que les scientifiques et les citoyens attendent ».

« L’UE vient de voter une définition imparfaite qui laisse un goût amer…. Mais qui permettra d’avancer? », a réagi mardi la Fondation Nicolas Hulot sur Twitter.

La France, alors en pointe dans ce dossier avec la Suède et le Danemark, avait menacé l’année dernière de poursuivre la Commission si les critères de réglementation les perturbateurs endocriniens devaient être trop accommodants avec les industriels.

(Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

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