Budget : l’Etat et les fonctionnaires mis à la diète

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Renaud Honoré
 
 Pour 2017, l’exécutif va diminuer le volume d’emplois aidés.Au-delà, la fonction publique va être mise à contribution en 2018, avec le rétablissement du jour de carence et des suppressions de postes.

Après le diagnostic, la feuille de route. Une semaine après l’alerte sur les déficits lancée par la Cour des comptes, le gouvernement a donné les grandes lignes de sa stratégie pour remettre d’équerre les finances publiques, cette année et au-delà. « Il n’y aura pas d’alternance dans l’action politique, pas d’alternance dans les pratiques sans alternance budgétaire c’est-à-dire sans changement », a estimé Gérald Darmanin, le ministre du Budget, à l’occasion des états généraux des comptes de la Nation, qui se tenaient à Bercy ce jeudi.

Devant un parterre de parlementaires, d’élus locaux et de syndicalistes, le nouveau gardien des comptes publics a donné quelques indications sur les économies de 4 à 5 milliards d’euros que le gouvernement compte réaliser en 2017 pour ramener le déficit de 3,2 % du PIB à 3 %. « Aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche ne seront sanctuarisés », a juré le ministre, en assurant que son propre ministère verrait 120 millions d’euros de crédits annulés. Autre victime déjà officialisée : le ministère de l’Emploi, qui va voir le volume de contrats aidés diminuer au second semestre par rapport au premier. Les autres coupes seront annoncées dans les jours à venir.

Au-delà de 2017, Bercy réfléchit aux nouvelles économies qu’il faudra trouver pour maintenir le déficit sous les 3 % en 2018. Edouard Philippe s’est engagé à stabiliser en volume (hors inflation) le niveau de la dépense publique, ce qui nécessite de trouver 15 à 20 milliards d’économies selon nos informations par rapport à la croissance naturelle des dépenses. La masse salariale publique avait déjà été identifiée comme un levier par le Premier ministre. Des discours aux actes, Gérald Darmanin a annoncé que le jour de carence dans la fonction publique allait être rétabli. « Il permet de lutter contre le micro-absentéisme (…) qui coûte environ 170 millions d’euros par an », a expliqué le ministre. Celui-ci a par ailleurs confirmé pour le quinquennat qu’il « faudra faire un effort de l’ordre de 120.000 postes dans la fonction publique, comme l’a annoncé le président de la République ». Dès 2018, il y aura « des postes d’agents publics non remplacés » au sein de la sphère de l’Etat, a précisé le ministre en marge de la réunion. Les collectivités locales devraient également être mises à contribution, et une baisse des dotations ne semble pas exclue.

Des réformes vont également être lancées dans certains domaines jugés peu efficaces au regard des sommes investies. Sont déjà identifiés le logement « pour libérer l’offre et dépenser moins en solvabilisation de la demande », mais aussi l’emploi et la formation professionnelle, qui souffre de « multiples tuyauteries budgétaires dont nous avons le secret ».

Enfin, l’exécutif veut revoir l’élaboration des pratiques budgétaires. Cela doit passer par une réforme de la procédure parlementaire, pour que les élus passent plus de temps sur le contrôle et l’effectivité des dépenses de l’Etat. Par ailleurs une consultation publique va être lancée auprès des Français pour identifier ce que ces derniers attendent en termes de missions de l’Etat.

Avec cette stratégie, le gouvernement se donne pour objectif sur le quinquennat de réduire la dette de 5 points (96 % fin 2016) et le déficit de 2 points. Cela ramènerait cet indicateur à 1,4 % du PIB en 2022.

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