Réussite scolaire : des inégalités territoriales toujours aussi fortes

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Matthieu Quiret 
 

 Une étude du Commissariat général à l’égalité des territoires montre, cartes à l’appui, que les métropoles concentrent l’offre scolaire, mais aussi les inégalités de résultats et les ségrégations.

Le système scolaire ne réduit pas les inégalités territoriales. C’est le principal enseignement d’une étude de l’Observatoire des territoires (CGET) sur la géographie scolaire. Ses auteurs ont compilé les données sur l’offre scolaire et la réussite des élèves pour dessiner des cartes inédites.

Avec 63,2 % de la population de moins de 30 ans engagée dans un parcours scolaire, la France est la troisième nation européenne la plus impliquée dans la scolarisation. Mais l’étude montre que, malgré ces efforts budgétaires et le maintien d’une offre abondante partout sur le territoire, les inégalités perdurent.

C’est particulièrement le cas dans les métropoles qui concentrent l’offre en nombre de classes par école et d’élèves par classe. On y constate pourtant les écarts de résultats scolaires les plus forts. Idem pour la ségrégation sociale : l’indice de Duncan y est supérieur à 50 %, c’est-à-dire que plus de la moitié des élèves très favorisés devraient changer de collège pour rétablir une mixité avec des collèges défavorisés.

Enfin, c’est dans les grands pôles urbains que l’enseignement privé attire le plus, jusqu’à 20 % des élèves du secondaire, contre 13,5 % dans les communes isolées.

Le paradoxe est très fort aussi dans le nord de la France. Les écoles y profitent d’un nombre de classes supérieur, tout en jouissant de classes moins chargées. Mais les académies de Lille ou Rouen enregistrent un faible niveau global en lecture des élèves et de fortes disparités de résultats. A contrario, des petites villes du Sud-Ouest comme Dax ou Mont-de-Marsan révèlent de faibles indices de ségrégation.

La carte des filières professionnelles de seconde met, elle aussi, en exergue le quart Nord-Est où 29 à 52 % des élèves se dirigent vers ces filières, contre moins de 25 % dans les zones plus privilégiées économiquement de la France de l’Ouest et du Sud-Ouest. La carte des académies qui parviennent à retenir ou attirer des étudiants du supérieur fait également ressortir les mêmes territoires privilégiés : ceux de Bordeaux, Toulouse, Nantes, Paris, Lyon, Strasbourg.

La carte des inégalités de revenus colle avec celle de la réussite scolaire

En revanche, l’étude reste muette sur la situation des territoires ruraux. Ils profitent à première vue d’une offre de meilleure qualité avec des densités d’élèves par classe de 23,7 en 2016, contre 30 en zone urbaine. La moitié des bassins de vie situés dans des « espaces très peu denses » comptent même moins de 20 élèves par classe. Mais les experts restent prudents sur les effets de cette situation, sachant que les classes doubles, par exemple, biaisent les résultats scolaires.

Réussite scolaire : des inégalités territoriales toujours aussi fortes

https://www.lesechos.fr/

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