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AFP / GERARD JULIEN Christian Jacob à l’Assemblée nationale, le 31 juillet 2018

Le président du groupe LR, Christian Jacob, a jugé que l’affaire « Macron-Benalla », qui « touche l’État et son chef au cœur » et face à laquelle le gouvernement a « abdiqué », va laisser des « traces profondes », défendant les « contre-pouvoirs », Parlement en tête.

Cette affaire, « qui touche l’État et son chef au cœur », « alimentée par des zones d’ombre, des contradictions, des mensonges d’un grand nombre de protagonistes et de M. Macron lui-même, (…) ne fait que commencer et elle laissera des traces profondes. Des traces politiques et morales pour le chef de l’État et des traces institutionnelles dans l’organisation des pouvoirs publics », a-t-il clamé.

Pour le patron des députés LR, défenseur de la première motion de censure dans l’hémicycle, « les Français ont été et restent sidérés » et « constatent aujourd’hui – et c’est une trahison pour eux – que la République des copinages malsains, elle est de l’autre côté de la Seine, elle est à l’Élysée ».

« Des hauts fonctionnaires à la réputation jusqu’alors impeccable, un ministre de l’Intérieur, un président de la République ont préféré protéger un homme et ses dérives, plutôt que de faire honneur à leur rang », a déploré M. Jacob, pour lequel « l’éclosion d’une forme de police parallèle au service de l’Élysée n’a pu se produire sans le soutien du président de la République ».

Ce « scandale, c’est celui d’un chef de l’État – il l’a reconnu – qui a protégé, qui a privilégié un homme qui lui a rendu des services », « barbouze s’il en est », une formule à l’origine de protestations de la majorité.

« Votre gouvernement, tout particulièrement votre ministre de l’Intérieur, n’ont pas eu le cran de dire stop à une terrible dérive », a accusé cet élu de Seine-et-Marne. « Votre gouvernement (…) a failli par faiblesse, par lâcheté aussi » et « mérite, au-delà du désaveu et de la colère sourde des Français, la censure des députés », a-t-il ajouté, sous des claquements de pupitre de la majorité.

Considérant « urgent de résister à la tendance d’un pouvoir technocratique », M. Jacob a prévenu: « nous ne courberons pas l’échine face à ce projet de révision constitutionnelle qui a été ajourné et que vous seriez bien inspiré d’abandonner ».

« La France a besoin de contre-pouvoirs. L’Assemblée Nationale est le premier de ces contre-pouvoirs », et « l’histoire parlementaire de la Vème République retiendra que, durant 4 jours, au cœur du mois de juillet 2018, l’opposition, ici à l’Assemblée, a été à la hauteur de ses responsabilités », a-t-il vanté.

Et il a lancé à Édouard Philippe (ex-LR) qu’il espérait sa réponse « sans arrogance, sans mépris, en faisant abstraction de votre qualité de très haut fonctionnaire, de votre parcours personnel, d’une forme de sentiment de supériorité ».