L’Iran exclut toute rencontre avec les Etats-Unis

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Le Premier Ministre iranien, Javad Zarif, a refusé samedi toute rencontre avec les Etats-Unis. © DAVID MDZINARISHVILI

Quatre jours après le rétablissement des sanctions américaines, l’Iran a exclu samedi la possibilité d’une rencontre avec les Etats-Unis, rejetant de la manière la plus explicite l’offre de dialogue du président Donald Trump

Mardi, Washington a rétabli ses sanctions économiques contre l’Iran, après son retrait unilatéral de l’accord historique sur le nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, dont la précédente administration américaine de Barack Obama.

Samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a été catégorique. «Non, il n’y aura pas de rencontre», a-t-il déclaré à l’agence iranienne Tasnim, proche des conservateurs, qui l’interrogeait sur une possible rencontre avec le secrétaire d’Etat Mike Pompeo ou avec d’autres responsables américains en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre, à laquelle participeront M. Trump et le président iranien Hassan Rohani.

Négociations «insensées»

«Sur la récente proposition de Trump, notre position officielle a été annoncée par le président et par nous. Les Américains ne sont pas honnêtes et leur addiction aux sanctions ne permet aucune forme de négociation», a ajouté M. Zarif. Ce dernier avait souvent rencontré l’ancien secrétaire d’Etat américain John Kerry lors des négociations qui avaient abouti à la conclusion de l’accord nucléaire.

C’est la première fois que l’Iran rejette de manière aussi explicite l’offre de dialogue américaine alors que des spéculations vont bon train sur le fait que la pression économique pourrait pousser Téhéran vers des négociations.

M. Rohani, qui a tout misé sur l’accord nucléaire et une politique d’ouverture envers l’Occident, avait accusé Washington de «vouloir provoquer des dissensions» parmi les Iraniens en rétablissant les sanctions. Il avait aussi jugé «insensée» des négociations à l’ombre de sanctions imposées selon lui «aux enfants iraniens, aux malades et à la nation.»

Russes et européens, également signataires de l’accord nucléaire, ont condamné les mesures américaines et se sont dit déterminés à sauver ce texte qui visait à garantir un caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien.

Intervenant en outre dans la querelle entre la Turquie et les Etats-Unis, M. Zarif a accusé là aussi Washington d’avoir «une addiction aux sanctions et à l’intimidation». «La jubilation éprouvée (par Donald Trump) en imposant des difficultés économiques à la Turquie, son allié de l’OTAN, est honteuse», a-t-il écrit sur Twitter.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, quant à lui, s’est juré samedi de répondre aux «menaces» des Etats-Unis concernant le pasteur américain détenu, alors que la tension monte entre les deux pays alliés de l’Otan et que la livre turque se déprécie fortement face au dollar.

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